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Clara! : la sorcière du rythme qui fait suer les dancefloors à grosses gouttes

Clara ! sera en concert aux Nuits 2022 à la rotonde

Ce samedi 14 mai, l’artiste bruxelloise originaire de Galice, vous fera remuer les hanches comme jamais à l’occasion de son concert au Botanique. Avec son mélange de musique électronique et de reggaeton, l’artiste réinvente ce dernier, peu ou mal connu dans nos contrées, en y intégrant des messages forts et sensuels. Telle une sorcière, personnage à la symbolique forte que la musicienne affectionne particulièrement, elle vous envoûtera tout le long de sa performance à l’aide de rythmes frénétiques et de paroles mystiques scandées directement dans le creux de vos oreilles. L’ambiance sera bouillante à la Rotonde ce week-end. Rencontre !

Salut Clara, tu joues au botanique ce samedi 14 mai, comment tu te sens à quelques jours de ce concert ?

Je me sens bien. Je suis super excitée car il s’agit d’un tout nouveau show. Il y a aura des danseurs et c’est une première pour moi. On s’est vu pour les répétitions et ça va juste être trop bien. Je suis hyper contente. Cette fois-ci, je chante et c’est Rrita Jashari qui va mixer mes morceaux. Romain et Yasmina sont à la danse. C’est la première fois que je bosse avec Romain que j’ai repéré sur internet et tu peux voir Yasmina dans le clip de Monstrua.

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Dans ton univers, tu associes reggaeton et musique électronique. Comment tu es arrivé à mélanger ces deux styles ?

Lorsque j’ai commencé à mixer, je jouais plein de genres musicaux différents. Dans mes sets, il y avait beaucoup de musique électronique avec des inspirations plus pop. J’ai toujours aimé ce genre mais aussi le R’nB et le rap. Et à un moment donné, le reggaeton est devenu à la mode dans le milieu alternatif grâce à des artistes comme Kamixlo. J’ai adoré ce renouveau. Ça m’a rappelé mon adolescence en Espagne où le reggaeton était une musique populaire. Je me suis mise à m’y intéresser de façon plus poussée. Je me suis également dit qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes dans ce milieu. J’ai commencé à faire des mixtapes intitulés : "Reggaetoneras". Maintenant, tu peux voir que ça a vachement changé, il y a plein de chanteuses trop cools qui en font. C’est une musique super efficace qui fait bouger le public à tous les coups. Même les gens qui normalement ne dansent pas se mettent automatiquement en mouvement.

Lorsqu’on jette un œil à tes paroles, on se rend compte que tu y incorpores beaucoup d’éléments ésotériques liés à des paroles très sensuelles. C’est quoi ton rapport à tout ça ? Est-ce que c’est quelque chose qu’on retrouve beaucoup dans la culture reggaeton ou c’est ta touche personnelle ?

Je ne sais pas si ça vient de moi mais en tout cas, la sensualité est clairement très présente dans cette musique. Puis, j’ai toujours été très attiré par tout ce qui est mystique/spirituel. J’ajoute aussi des éléments féministes notamment quand je parle de sorcières. Cela permet de rappeler aux gens qui elles étaient et que le patriarcat les a supprimés. Ce sont des femmes très fortes qui permettent de se reconnecter avec le monde spirituel et naturel. Leur image permet de nous rappeler la force interne qu’il y a en chacun de nous sans qu’elle soit salie par la société capitaliste.

 

Dans tes chansons tu fais passer des messages très forts notamment à propos du féminisme ou de l’identité de genre via une musique qui a une image très sensuelle/sexuelle. Est-ce que tu trouves qu’il n’y a pas un côté paradoxal ? Tu n’as pas peur que les gens interprètent mal ton univers musical ?

Quand j’ai commencé à mixer, il y a plein de personnes dans mon entourage qui me jugeaient parce que je jouais cette musique. Je ne comprenais vraiment pas ce raisonnement qui impliquait que si une femme parlait de sexe, cela voulait dire qu’elle n’était pas féministe. En fait, réfléchir de cette façon, c’est simplement anti féministe. Je trouve ça libérateur de pouvoir danser comme tu le veux. Il n’y a pas de meilleure façon de faire circuler l’énergie qu’en bougeant les hanches. Selon moi, c’est sain de danser de façon sexuelle. Quand tu connais cette culture, ce n’est pas parce que tu te frottes à quelqu’un que cela veut que ça ira plus loin. Il faut comprendre que la danse, c’est la danse. Je pense qu’en Europe, on a du mal avec ce concept et qu’il y a beaucoup de codes à déconstruire. Souvent, j’invite l’homme à danser et à twerker. Ce n’est pas parce qu’il bouge son cul que sa testostérone va prendre la fuite.

Qui sont les artistes qui t’inspirent et t’influencent dans le reggaeton ?

Il y en a beaucoup. Je pense notamment à Tomasa del Real, Dj Gigola, Bad Gyal, Sassyggirl, La Zowi, Bea Pelea, Sara Hebe… Il y a eu aussi l’arrivée d’un mouvement très cool qui s’appelle le neo perreo. C’est un nouveau type de musique mais c’est aussi un label. Il est présent un peu partout en Amérique latine. Un vent de fraîcheur souffle sur le reggaeton et il intègre une véritable philosophie alternative à ce dernier. Je suis heureuse de pouvoir jouer à la Rotonde avec des artistes comme DJ Python, Badsista et Tarta Relena. Lorsqu’on discutait avec le Botanique à propos des modalités du concert, nous avons directement proposé DJ Python car on savait qu’il était en Europe et en fait, ils l’avaient déjà contacté. C’est vraiment l’exemple parfait d’un musicien qui s’approprie un genre à la perfection. Il a un côté beaucoup plus électronique mais sa musique est hyper douce. Ce dernier propose une déconstruction du genre. Son univers est lié à la sensibilité et au fait de montrer qu’il n’est pas honteux de ressentir ses émotions quand on est un homme. Badsista, elle est badass et juste trop cool puis elle est en lien avec l’univers queer. Ça va être très rigolo. Tarta Relena, je l’adore tout simplement.

 

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Tu chantes en espagnol, tu as déjà pensé à le faire en français ?

J’ai essayé mais pour l’instant, je n’y arrive pas. Il y a quelque chose dans ma diction qui ne fonctionne pas. J’aimerais bien y arriver. Premièrement, cela fait 10 ans que je suis à Bruxelles. Et puis ma mère est française, j’ai donc un lien fort avec cette langue. Je vais continuer à m’entraîner.

Pour la chanson :"Mi Cuerpo", tu as collaboré avec Pearson Sound, l’un des membres du légendaire trio Hessle Audio. Comment s’est passée votre collaboration ?

Il a écouté les morceaux que j’avais faits avec Low Jack sur Meiga De Acero. David a tout simplement demandé à ce dernier de nous mettre en contact. On devait se voir mais le confinement est arrivé. Nous avons donc bossé à distance. J’étais vraiment contente et c’est une personne cool et gentille. Nous sommes de nouveau en train de plancher sur des projets ensemble. On a des façons de travailler très similaires et ça matche bien. Les projets sortiront sur l’album ainsi que celui avec Sky H1, une artiste électronique belge que j’adore.

Tu devais présenter cet album aux Nuits 2022 mais finalement, il sortira un peu plus tard. C’est parce que tu es trop perfectionniste ?

En fait, tu commences par te dire : "ok je fais ce morceau et puis c’est fini" et au final, tu en rajoutes un autre ou tu retravailles une idée cool que tu avais eue. De plus, Low Jack vit en France et Pearson Sound en Angleterre, donc tout le monde n’est pas en même temps au même endroit. Ce n’est pas toujours évident. Je suis un peu impatiente, j’avais envie qu’il sorte vite mais en conclusion ce n’est pas plus mal de prendre son temps. Ça te permet de penser à tout et de faire les choses correctement.

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