Cliché olympique : Un feu d'artifice spectaculaire pour récompenser 10 heures d'attente

Cliché Olympique : Vereecken des heures d'attente récompensées par LE cliché de la cérémonie d'ouverture

© Nico Vereecken - Photonews

24 juil. 2020 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Martin Weynants

Les Jeux Olympiques de Tokyo auraient dû se tenir du 24 juillet au 9 août. Nous avons décidé de profiter de cette période pour revisiter la mémoire des photographes de presse, ces témoins de l’instant, ces capteurs d’émotions. Nico Vereecken (Photonews) ouvre le livre de ses souvenirs olympiques à la page Pékin 2008. Le 8 août précisément. Jour de la fastueuse cérémonie d’ouverture.


>> Lire aussi : Dans les yeux de Tia, l'art du placement
>> Lire aussi : Un film oublié pour la finale du 100 m et une leçon pour la vie
>> Lire aussi : Un sprint dans les coursives pour des filles en or



Nico Vereecken participe à ses premiers JO en tant que photographe. Photonews, son agence, ne possède qu’un ticket pour assister dans le stade au coup d’envoi de la quinzaine olympique. "La veille de l’ouverture, on avait fait le tour du Nid d’Oiseau à la recherche d’un endroit pour faire une photo "alternative". Et on est tombé sur un petit pont au-dessus d’un canal artificiel. On s’est dit que ça allait peut-être donner une super image. Mais le pont faisait… 2m50."

10 heures d'attente sur un pont de 2m50

Nico et ses collègues n’étaient pas les seuls à avoir repéré le lieu. "Le jour de la cérémonie, en allant au stade en bus, on a vu qu’il y avait déjà du monde sur le pont. Donc, je suis vite retourné aux logements réservés à la presse pour prendre mon matériel. A 10 heures pile, j’étais à ma place. Et j’ai attendu jusqu’à huit heures du soir que le feu d’artifice commence pour faire cette image. C’était spectaculaire"

La solidarité entre photographes


De 10 heures à 20 heures, le calcul est vite fait. Nico Vereecken a attendu 10 heures sur un pont de 2m50. Sa patience, qualité indispensable de tout bon photographe, a été bien utile. Comment s’est-il occupé ? "J’ai parlé avec les collègues présents autour de moi, j’en ai appelé d’autres en sachant que je ne pouvais pas partir de là. Je me rappelle qu’un collègue français est venu me voir et m’a dit 'waouw Nico super place'. Je l’ai laissé placer un boîtier contrôlé à distance devant moi. Il a été me chercher un peu de nourriture et de boisson. Il a même gardé ma place, le temps que j’aille à la toilette."

Quand on lui demande, s’il se rappelle si sa photo a été publiée, il répond par la négative. "Quand tu sais que la photo est bien, tu sais qu’elle va être publiée. Mais quand tu es aux Jeux, tu es dans ta bulle. Tu ne regardes pas à la publication."

Nico, 14 Tours de France au compteur, n’a pas choisi cette photo par hasard, elle met en avant le côté artistique de la photographie de presse sportive. "C’est comme pour la photographie normale. Il faut avoir une belle image, une belle composition, une belle exposition".

Nico a découvert les JO à Pékin. Cette photo est donc l’une de ses premières aux Jeux Olympiques. 12 ans après le cliché et l’histoire qui l’entoure restent gravés dans la mémoire du photographe de 49 ans. Tombé sous le charme, un confrère de VTM a fait agrandir la photo qui trône encore dans son salon.

 

Articles recommandés pour vous