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Climat : "C’est une bonne nouvelle que l’on sache que nous allons dans le mur" explique Jean-Pascal Van Ypersele

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30 août 2022 à 20:07 - mise à jour 31 août 2022 à 10:52Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Avec une moyenne de 27 degrés, le mois d’août a été le plus chaud jamais enregistré à Uccle depuis le début des observations en 1892. Un été particulièrement sec qui fait suite à un été 2021 où précipitations ont été exceptionnelles. Alors, que nous disent ces situations extrêmes ? Que faire face à cette crise climatique et énergétique ? Sur le plateau de QR l’actu, le climatologue Jean-Pascal Van Ypersele commente ces phénomènes extrêmes.

"Nous avons 'dopé' notre système climatique par des émissions de gaz à effets de serre et principalement le CO2, affirme-t-il. Doper, cela signifie qu’il y a plus d’énergie dans les basses couches de l’atmosphère en particulier. Et cette surénergie se manifeste par les phénomènes actuels que nous connaissons, avec des canicules ou des sécheresses et d’autres fois, avec trop de vapeurs dans l’air et donc des pluies plus violentes. Ces événements extrêmes vont se répéter plus souvent".

"Tout le monde doit participer à l’effort"

Peu importe où sont produites les émissions de CO2, elles auront au final le même effet sur le climat. Une tonne de CO2 à New York, Pékin ou ici aura au final le même effet. Tout le monde doit participer aux efforts, explique le climatologue. Il est vrai que des pays comme les Etats-Unis ou la Chine sont de gros pollueurs mais, pour Jean-Pascal Van Ypersele, il ne faut pas utiliser cet argument pour refuser d’agir.

"Le mouvement est assez général. Grâce à l’accord de Paris, il y a vraiment une amélioration de la direction dans laquelle nous allons pour pas mal de pays y compris les Etats-Unis qui viennent de décider de dépenser 400 milliards de dollars pour décarboner leur économie et la Chine s’est fixé la neutralité carbone avant 2060. Enfin, il ne faut pas oublier qu’en Europe, nous émettons 7 tonnes de CO2 par an par habitant pour 2 tonnes en Inde par exemple".

Il faut s’adapter et accroître notre résilience

S’adapter au réchauffement plutôt que l’éviter

Combattre ou s’adapter au réchauffement climatique : les démarches peuvent sembler en complète opposition. Pourtant, à entendre notre climatologue, elles sont nécessaires :

"Il faut s’adapter et accroître notre résilience, notre flexibilité par rapport aux événements extrêmes qui vont encore surgir. Et ceci afin de tempérer les dégâts et le nombre de victimes mais il faut en parallèle travailler à la réduction des gaz à effets de serre parce que si on ne le fait pas, l’adaptation s’avérera tôt ou tard insuffisante."

"C’est une bonne nouvelle de savoir qu’on va dans le mur"

"C’est une bonne nouvelle que l’on sache que nous allons dans le mur. Ça signifie qu’on le voit. On sait qu’il est là. Et nous savons donc comment il faut tourner le volant pour l’éviter" commente Jean-Pascal Van Ypersele.

"On a toutes les cartes en main pour éviter d’aller dans le mur. Je suis optimiste. S’il y a la volonté politique de le faire, on peut prendre les bonnes mesures".

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