RTBFPasser au contenu
Rechercher

Politique

Climat : en ouvrant les "Etats généraux de la transition juste", Zakia Khattabi (Ecolo) espère bientôt une "feuille de route" climatique

Zakia Khattabi était dans nos studios ce matin, il y a parlé entre autres de transition écologique.
24 mai 2022 à 07:47 - mise à jour 24 mai 2022 à 07:56Temps de lecture4 min
Par Kevin Dero, sur base d'une interview de Danielle Welter et Pascal Claude

La ministre fédérale du Climat, de l’Environnement, du Développement durable et du green deal était l’invitée de Danielle Welter et de Pascal Claude dans notre matinale radio. Ce mardi, l’écologiste lance les Etats généraux de " la transition juste " ou comment concilier environnement et emploi. L’occasion de faire le point sur la crise énergétique avec la flambée des prix. La prolongation du nucléaire et les négociations difficiles avec Engie. Le dernier rapport du Giec et les crispations au gouvernement.

L'invitée de Matin Première : Zakia Khattabi

"La transition juste" : concilier environnement et emploi

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

"Concilier justice sociale et justice environnementale"

Les "Etats généraux sur la transition juste" se mettent donc en place à partir d’aujourd’hui, sous l’égide de la ministre fédérale du Climat. Mais tout d’abord qu’est-ce que la " transition juste " ? Pour Zakia Khattabi, il s’agit de " concilier justice sociale et justice environnementale " (cette thématique est d’ailleurs soulevée par les syndicats).

 

Organiser la transition

Et Zakia Khattabi d’expliquer la démarche. Notre pays, l’Europe mais aussi d’autres pays (USA, Chine…) s’investissent dans un objectif de neutralité carbone. Il faudra donc changer nos modes de fonctionnement. L’impact sur nos économies sera prégnant. Et " si on veut que cette transition soit juste, il faut l’organiser, la préparer ". Il faut la penser, mettre sur table la reconversion, " préparer l’avenir ". Elle insiste pour " préparer les citoyens à cette transition " et qu’on ne se prenne pas ses changements " de plein fouet ". Pour l’écologiste, un tel chantier "ça se prépare, c’est ça l’objectif ".

Si on veut que cette transition soit juste, il faut l’organiser, la préparer 

Forums et agoras

" Là, je place les jalons d’une discussion nationale qui aura lieu sur la transition juste ". La première étape est ici de réunir un " Haut conseil à la transition juste ". Un groupe de 25 scientifiques doit donc définir ce qu’est la transition juste en Belgique.

Des discussions collectives et démocratiques auront donc lieu à travers des " agoras " et autres forums. Une " discussion nationale " dont l’objectif est " d’atterrir", de "changer de paradigme ", de se mettre d’accord sur un certain nombre de questions : économie, emploi, finances, enseignement… et faire des propositions " très concrètes " aux gouvernements.

Là, je place les jalons d’une discussion nationale qui aura lieu sur la transition juste

Encore " un machin " en plus ? Demande Danielle Welter. Zakia Khattabi rétorque que les gouvernements régionaux s’occupent du court terme (par exemple pour diminuer la facture énergétique).

Prospective et anticipation

Quant à l’échelon fédéral, on est sur du moyen et long terme. " Au cœur de mon action politique, gouverner c’est prévoir " cite la ministre. " Pendant que mes collègues traitent de cette urgence et répondent aux citoyens par rapport à leurs factures – et la hausse des prix, donc —, moi je fais en sorte que demain, ils n’aient plus à s’inquiéter de ces factures ". Il faut donc une feuille de route, un monitoring, pour que cette " transition aboutisse et qu’elle soit juste. Aujourd’hui je me donne tous les moyens pour que cette transition soit juste", assure-t-elle

Au cœur de mon action politique, gouverner c’est prévoir

Chapeauter

Des " Etats généraux " pour ne pas faire de la " gestion au quotidien " et chapeauter par la suite les différentes politiques à mener par les différents gouvernements. Un objectif de " résilience " collective qu’elle prône tout en ajoutant quedans un premier temps, dans ce contexte de hausse des prix ", cibler les publics qui ont le plus besoin d’aide qui est primordial.

Analyse du risque

La ministre lance aussi un " OCAM " du Climat. Le but : analyser le risque du réchauffement climatique pour mieux s’y adapter. Le GIEC, lui, de son côté, dit que l’on a 3 ans pour agir si on ne veut pas entrer dans une situation où l'on ne peut pas faire marche arrière.

Est-ce que 3 ans, comme objectif, c’est tenable ? Pour la ministre du Climat, tout-à-fait. " Oui, si on se donne une feuille de route et que l’on s’y tienne ". " C’est par un pilotage et une gouvernance climatique efficace qu’on y arrivera " explique-t-elle. Chacun de mes collègues a reçu une " feuille de route à court, moyen et long terme ". Evaluation sera faite tous les six mois, la première aura lieu en juin. Des travaux à la Chambre suivront à la rentrée et on pourra à ce moment voir si en effet, nous sommes sur la bonne trajectoire. 

 C’est par un pilotage et une gouvernance climatique efficace qu’on y arrivera

Sortie du nucléaire reportée

Venons-en maintenant à l'épineux dossier de la sortie du nucléaire. En mars dernier, le gouvernement décidait, avec fracas on s’en souvient, de prolonger les réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3. Une rupture d’engagement pour Ecolo et le gouvernement ? Pour la ministre fédérale, non car, dans l’accord de majorité sur la sortie du nucléaire, il était prévu qu’" on sort du nucléaire si cela n’a pas d’impact sur les prix, et qu’il n’y ait pas de potentiel problème d’approvisionnement ". Et puis la guerre en Ukraine et la crise dans le secteur énergétique sont arrivées.


A lire aussi Nucléaire : les Verts ratent la sortie (chronique de Philippe Walkowiak)


Dans l’accord de majorité, le parti Ecolo montrait, selon la Bruxelloise que " Nous ne nous inscrivions pas dans un dogmatisme aveugle. Et que nous assumions, le cas échéant, sous certaines conditions, de maintenir les centrales ouvertes. Nous avons un héritage du passé plus une actualité qui font qu’aujourd’hui nous devons garantir une sécurité d’approvisionnement et un prix décent ". " Ce n’est pas un échec, c’est la mise en œuvre de l’accord de majorité " se défend Zakia Khattabi.

41 milliards d’euros pour le démantèlement des centrales. Pour la ministre, ce n’est pas au contribuable de payer. Des négociations avec Engie sont donc en cours, et la ministre d’assurer que les Belges ne payeront pas la facture.

Des sommes colossales devront être déboursées pour le démantèlement des centrales. Pour la ministre, ce n’est pas au contribuable de payer. Des négociations avec Engie sont donc en cours, et la ministre d’assurer que les Belges ne payeront pas la facture.

Sur le même sujet

Sortie du nucléaire : les négociations avec Engie se passent mal, selon Jean-Marc Nollet

Politique

Engie pose ses conditions à une prolongation potentielle du nucléaire jusqu’en 2035

Belgique

Articles recommandés pour vous