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Code vestimentaire : une élève hutoise proteste

Une pétition pour avoir le choix de ses vêtements à l'école (photo d'illustration)
21 sept. 2020 à 17:11Temps de lecture3 min
Par Sarah Poucet

"On ne peut pas montrer nos bretelles de soutiens-gorges, on ne peut pas montrer nos épaules, ni le ventre. Avec les fortes chaleurs, ça devient compliqué de s’habiller". Ce constat c’est celui d’Amandine, élève de 4ème année à l’Institut Sainte-Marie de HuyÀ l’aide d’une pétition, elle veut assouplir le code vestimentaire de son école.

"J’étais vêtue d’une blouse à épaules nues et pendant le temps de midi, je me suis fait reprendre par trois éducateurs. Ils m’ont dit que c’était limite et que la prochaine fois, il ne fallait plus que je mette ce genre de vêtements." Amandine ne comprend pas ces remarques surtout après des mois de confinement où elle s’habillait comme elle voulait. Elle décide alors d’écrire une lettre à la direction. Dans celle-ci, elle dénonce des restrictions d’un autre temps et propose de les mettre à jour. Elle poste cette lettre sur Instagram quelques jours avant le mouvement #lundi14septembre qui encourage les filles à porter la tenue qu’elles souhaitent à l’école. Le but est de faire la promotion de la pétition qu’elle a créée pour l’occasion. Le succès est au rendez-vous : plus de 1000 likes, et 170 messages de soutien. Des filles de différentes écoles et même un étudiant français veulent signer. Elle ne s’attendait pas à un tel engouement.

Sa pétition est finalement arrivée dans les mains de la direction avec 295 signatures, uniquement des élèves de l’Institut. "On a été un peu surpris parce qu’elle n’avait pas d’abord adressé sa question tout simplement à la direction. Donc dans la démarche, on a été surpris. Un règlement n’est jamais figé, un règlement peut être revu. Maintenant, il y a des démarches à suivre, il faut se réunir autour de la table avec les différents intervenants et alors on peut effectivement faire bouger les choses." clarifie Isabelle Broers, directrice de l’établissement.

15 ans et déjà engagée

Quand on regarde le compte Instagram d’Amandine, on se rend compte qu’il ne s’agit pas que d’un code vestimentaire. Dans ses posts, elle dénonce les regards déplacés des hommes en rue ou la sexualisation du corps des femmes et des filles. Des textes militants qui rappellent ce qu’est le consentement ou le droit qu’a la femme sur son corps. À seulement 15 ans, son engagement lui est venu assez naturellement : "Je pense que c’est simplement le fait d’être une fille. Mon âge ne change rien dans le sens où quand on se promène dans la rue, qu’on ait 13 ans ou 18 ans, au niveau du comportement déplacé des garçons, on tombera toujours dessus. Et donc à force de vivre ce genre de choses, on se bat pour être tranquille et pour nos droits parce que c’est ce qu’on vit." Dans les restrictions vestimentaires imposées par son école, elle dénonce le fait qu’il s’agit surtout de limiter les filles. D’ailleurs, peu de garçons l’ont soutenue dans son mouvement, seulement une vingtaine. "Je sais qu’ils se sentent beaucoup moins concerné par ce genre de choses même si je trouve ça dommage parce qu’ils pourraient nous aider à nous battre quand même."

Du côté de la direction, on assure que le règlement ne vise en aucun cas à discriminer les filles. Il est fait pour que tout le monde se sente à l’aise en venant à l’école. Isabelle Broers souligne également la satisfaction de voir des jeunes engagés : "C’est que le rôle de notre école est vraiment rencontré. L’école est aussi un lieu où on apprend la citoyenneté, où on expérimente toutes sortes de démarches pour vraiment prendre sa part dans la société. C’est quelque chose que je prends comme un signal positif du travail que l’on fait avec nos élèves."

Les délégués des élèves se réuniront dans les semaines à venir avec la direction pour débattre du sujet et peut-être amener des modifications au code vestimentaire de l’école.

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