Comics Street : Noir Burlesque

Noir Burlesque

© Marini

01 déc. 2021 à 12:45Temps de lecture2 min
Par Thierry BELLEFROID

Un choix est en rouge et noir, ça s’appelle ''Noir Burlesque'' et le titre ne trompe pas sur la marchandise. Dès la couverture de cet album grand format d’une petite centaine de pages, les éléments sont donnés. Un privé au chapeau feutre y brandit un flingue sur fond de gratte-ciel américains et une vamp en jarretelles et body noir attire l’œil du lecteur au centre de l’image avec sa chevelure d’un rouge éclatant.

Le dessinateur Marini a toujours été à l’aise dans les récits de genre. Du péplum à l’érotico-fantastique, du récit de cape et d’épée à Batman, il affiche clairement ses préférences. Cette fois, il a voulu rendre hommage à un climat, à un cinéma, celui des années cinquante, avec ses truands violents, les petites frappes à leur service, les privés interlopes, les flics souvent corrompus, les femmes fatales. Un stock d’images inépuisables qui confine à la caricature, et dont le but est d’explorer la noirceur de l’âme humaine.

Des récits de genre qui couvre aussi l’idée d’un récit genré. A contre-courant de l’époque, Enrico Marini propose ici des personnages terriblement sexués. Même si la femme fatale qui est au centre de ce Noir Burlesque est bien plus déterminée et indépendante que le laisse supposer son apparence, on est dans une forme de récit qui sublime la virilité d’un côté, le glamour de l’autre. Les hommes sont tout muscles dehors, les femmes évoluent en décolletés plongeants, robes fendues et talons aiguilles. Mais tout cela ne sert qu’à planter le décor qui est le véritable héros de l’histoire. Dans sa tragédie grecque sur macadam, l’auteur n’aime rien moins que l’esthétique de cette époque. C’est elle qu’il recherche, et non un type d’histoire magnifiant la puissance ou le machisme.

On lit TOUJOURS Marini pour ses qualités graphiques. Surdoué du mouvement, il donne vie à ses personnages, croquant leurs formes dans un élégant dessin sépia rehaussé de rouge, les rendant archétypaux. Quant à ses décors, il les sublime grâce à une pagination augmentée qui lui permet des cases de taille spectaculaire, voire de pleines pages dans lesquelles son dessin est éclatant de puissance. Le résultat : c’est comme aller au ciné-club dans une salle d’un palace des années 50, seul face à l’écran en cinémascope. En revoyant un film de l’époque, on se prend au jeu, on vibre en se disant : " Ils savaient faire, les bougres ! "

''Noir Burlesque'', de Marini, chez Dargaud

Des conseils de lecture pour passer du bon temps, un album à la main : Comics Street le mercredi à 13h45, l’actualité BD présentée par Thierry Bellefroid dans Lunch Around The Clock.

"Viens petite fille dans mon Comic strip" chantait Gainsbourg avec autant de fausse innocence que quand il faisait chanter "Annie aime les sucettes" à France Gall. En guise de clin d’œil, Comics Street vous invite, vous les fans de rock, à partager chaque semaine les coups de cœur choisis par Thierry Bellefroid parmi les dizaines de titres qui déboulent en librairie. Perles et pépites à lire en écoutant… Classic 21, bien sûr !

 

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