Comics Street : Ségrégation, tome 2 de la série ''Virus''

BD

© virus

05 août 2020 à 11:45Temps de lecture2 min
Par Thierry Bellefroid

Se faire peur, très peur… Et s’il y avait pire que le coronavirus ? Oui, s’il y avait pire. Un virus qui tuerait en quelques heures, et contre lequel on ne pourrait rien. Fort d’une formation d’ingénieur en biologie moléculaire, le scénariste Sylvain Ricard a eu l’idée de la série ''Virus'' bien avant l’actuelle pandémie. Le tome 1 était paru en 2019. Et ses auteurs n’imaginaient pas un instant que la sortie du deuxième volume se ferait dans un monde totalement transformé.

L’originalité de cette histoire, son point fort, c’est de se passer dans une forme de huis clos improbable. Guillaume Roblès, le patient zéro qui va diffuser le virus, embarque en effet à bord du Babylon of the Seas, un de ces gigantesques paquebots qui sont comme une ville flottante, avec de multiples pistes de danse, piscines, solariums, restaurants, et j’en passe. Bref, un endroit où la contagion se fait à la vitesse grand V et dont on ne peut s’échapper. En pleine mer, livrés à eux-mêmes, les passagers révèlent très vite leur vraie nature.

Totalement crédible :

De la naissance du virus dans un laboratoire privé où l’on mène des recherches épidémiologiques très officieuses jusqu’à la mutinerie organisée au sein d’une partie de l’équipage, le scénario est imparable. Ce second tome est une véritable étude sociologique des différents acteurs présents à bord. En cela, il se rapproche un peu des films de zombie ou des films catastrophe dont le seul but est de révéler les failles des uns, l’héroïsme des autres.

C’est vrai qu’on verrait facilement cette histoire transposée sur grand écran :

Ou en série, à condition de l’amplifier. Les auteurs ont choisi de la raconter en trois tomes de 120 pages. Mais on est bien dans la BD. Rica, le dessinateur, a commencé sa carrière comme illustrateur dans le milieu du rock. Il a choisi un noir et blanc un peu clinique, qui accentue le côté anxiogène de l’histoire et fait parfois appel à certains codes du manga. Ses pages sont pleines d’informations visuelles, ça bouge beaucoup malgré le huis clos et le rythme de lecture est soutenu. Certains seront peut-être un peu freinés par le traitement des personnages, dont les traits sont volontairement proches d’une forme de caricature ; parfois avec des visages aux proportions démesurées, un peu comme si le dessinateur voulait que chaque acteur joue avec le masque qui dit qui il est à l’intérieur.

Est-ce bien le moment de lire une BD anxiogène ?

Ce n’est jamais le moment. Mais il n’est pas inintéressant de confronter nos propres peurs et fantasmes à cette fiction basée sur une série de réalités. Et de se dire : " Et moi ? J’aurais fait quoi, dans tout ça ? ".

''Ségrégation'', tome 2 de la série ''Virus'', par Ricard et Rica chez Delcourt

Des conseils de lecture pour passer du bon temps, un album à la main : Comics Street le mercredi à 13h45, l’actualité BD présentée par Thierry Bellefroid dans Lunch Around The Clock.

"Viens petite fille dans mon Comic strip" chantait Gainsbourg avec autant de fausse innocence que quand il faisait chanter "Annie aime les sucettes" à France Gall. En guise de clin d’œil, Comics Street vous invite, vous les fans de rock, à partager chaque semaine les coups de cœur choisis par Thierry Bellefroid parmi les dizaines de titres qui déboulent en librairie. Perles et pépites à lire en écoutant… Classic 21, bien sûr !

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous