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Economie

Comment analyser la proposition de rachat de Twitter par Elon Musk ?

La question Echo avec Maxime Paquay

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15 avr. 2022 à 08:44Temps de lecture3 min
Par A.D. avec M. P.

Elon Musk veut racheter Twitter, est-ce un problème ? L’homme le plus riche du monde, le patron de Tesla et de SpaceX, a en effet fait une offre pour racheter 100% de Twitter. Il propose de racheter en cash le réseau social américain pour plus de 43 milliards de dollars.

Une offre à prendre ou à laisser

Avec une fortune personnelle d’environ 250 milliards d’euros, le patron des voitures électriques de Tesla vient de faire une offre sur la totalité de Twitter en annonçant simplement "I made an offer", "J’ai fait une offre".

L’exubérant patron annonce que c’est sa meilleure offre, la dernière et qu’il n’est pas là pour négocier. Il dit qu’il n’a pas confiance en la direction actuelle du groupe. En bref, il s’agit bien d’une offre d’achat agressive, à la hussarde, à prendre ou à laisser. Ce sera tout ou rien. Soit il sera propriétaire à 100% de Twitter, soit il vend les parts qu’il a déjà achetées.

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Quelle idée a-t-il derrière la tête ? Pourquoi est-il prêt à mettre plus de 40 milliards d’euros sur la table ? On ne sait pas précisément. Il est toujours difficile de savoir quel plan précis se trouve dans la tête de quelqu’un d’aussi fantasque qu’Elon Musk. Il invoque dans son offre d’achat la liberté d’expression dans le monde entier comme un impératif social nécessaire au fonctionnement d’une démocratie.

Ce n’est pas précis, mais il y a quand même quelques indices, en tout cas un sérieux historique. Il y a d’abord ces critiques d’Elon Musk tantôt moqueuses, tantôt virulentes vis-à-vis de Twitter. Ce qui tend à montrer que le patron de SpaceX a sa vision – mystérieuse à ce stade mais bien à lui – de ce à quoi le réseau social devrait ressembler.

Ensuite, il y a son utilisation personnelle de Twitter. Il a déjà été épinglé à plusieurs reprises par le gendarme financier américain pour manipulation de cours de Bourse. Il fait des déclarations qui ne respectent pas forcément les règles des marchés financiers et font monter à la hausse ou à la baisse le cours boursier d’une entreprise. Enfin, il y a son intention annoncée, s’il devient effectivement propriétaire de Twitter, de faire sortir l’entreprise de la Bourse.

La lutte contre la désinformation sacrifiée au nom d’un seul homme ?

Qu’est-ce que cela signifie ? Peut-être que même si Elon Musk se voit lui-même comme un chevalier blanc, un paladin de la liberté d’expression, il est aussi avant tout un multimilliardaire qui utilise sa propre liberté d’expression pour servir ses propres intérêts. Souvent en dépit des règles. Le fait que Musk veuille retirer Twitter de la Bourse, cela veut aussi dire qu’il a l’intention de gérer un espace de débat démocratique sans aucune obligation de rendre des comptes à qui que ce soit.

Serait-ce finalement un levier politique qu’il pourrait se payer ? En tout cas, les géants du numérique disposent aujourd’hui d’un pouvoir politique démesuré et cela fait des années qu’une certaine frange du camp plutôt conservateur aux États-Unis, s’offusque du pouvoir des géants de la Silicon Valley. Ces derniers sont d’habitude plutôt considérés comme progressistes. Ils s’offusquent du pouvoir de ces géants du numérique sur qui peut poster, quoi ou non sur les plateformes en ligne. La question vient de changer de camp politique avec Elon Musk, qui est plutôt libertaire, ultralibéral, plutôt proche du camp républicain.

Mais cette question ne change pas sur le fond. Est-il sain qu’un homme riche puisse, en un claquement de doigts, essayer de se payer une plateforme à ce point central pour le débat démocratique ? En tout cas, la lutte contre la propagande, la lutte contre la désinformation risque d’être sacrifiée ici au nom d’un seul homme, de ses envies, de ses leviers et de son argent.

En tout cas, une chose est sûre : Elon Musk veut faire de Twitter une machine à cash plus rentable qu’elle ne l’est aujourd’hui.

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