Tendances Première

Comment bien gérer le stress de la rentrée ?

C’est la rentrée et avec elle, tout son lot de stress. Vous vous sentez déjà épuisé·e ? C’est normal. Et non, ce n’est pas dans la tête, c’est totalement physiologique. Vous êtes en suradaptation. Les explications de Cathy Assenheim dans Tendances Première.

Le stress est une réaction physiologique qui fait partie de notre mécanisme d’adaptation, rappelle Cathy Assenheim, psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie. Chaque fois que nous devons nous adapter à quelque chose, il survient une modification nerveuse, hormonale et musculaire, qui est un moteur à réagir.

© Getty Images/Jessica Peterson

Le choc de la rentrée

D’habitude, nous ne sentons pas les milliers de réactions de stress que nous avons chaque jour. Nous les ressentons seulement quand l’adaptation est surchargée dans sa gestion et qu’elle devient une anxiété ou un emballement nerveux.

Lorsque nous sommes en congé, nous sommes moins soumis aux sollicitations. En vacances, nous sommes aussi plus souvent couchés, ce qui permet à nos surrénales, qui produisent la réaction physiologique de stress, de se mettre au repos.

Quand nous revenons, nous avons, en un coup, un choc lié à de multiples sollicitations, entre la rentrée des enfants, la reprise professionnelle, l’actualité anxiogène, les factures… Nos mécanismes d’adaptation sont hyper sollicités alors qu’ils avaient eu la paix. Et donc nous avons plus de risques de subir des emballements anxieux.

Autre facteur : en septembre, les températures et la luminosité diminuent, ce qui renforce le choc de gestion d’adaptation. On passe de rien à tout. Il est particulièrement important de permettre à l’organisme et au cerveau de se réadapter en douceur.

C’est vraiment comme une soupape ou une casserole à pression : s’il y a trop - et là, depuis deux ans, on est dans une multitude d’adaptations -, à un moment donné, ça explose. Un peu dans l’anxiété et beaucoup dans l’épuisement.

Préserver nos rythmes naturels

Les rythmes naturels que l’on prend en vacances sont tout à fait cohérents avec nos rythmes nerveux. Il y a des choses toutes simples à faire pour aider notre organisme à se réadapter en douceur et pour garder ces bons rythmes pendant toute l’année.

La phase où nous sommes les plus performants, pour des raisons hormonales, se situe entre 8h et 13h. C’est le moment idéal pour mettre tous ses efforts au travail.

La phase de midi est le moment de la digestion, mais aussi de la récupération nerveuse. En vacances, on faisait la sieste. Si on en a la possibilité, on va essayer de s’allonger pour permettre aux surrénales de récupérer. Soit à la maison, si on est en télétravail, soit dehors pendant dix minutes après avoir mangé son sandwich, si on est sur le lieu du travail.

La phase entre 16h et 20h est à nouveau une période d’énergie et de performances. C’est le bon moment pour faire du sport.

Et puis le soir, on va essayer de rétablir de bons horaires pour le coucher, idéalement entre 22h et 23h.

Et on n’oubliera pas de se ménager des sas de décompressions tout au long de la semaine, pour continuer à se faire du bien.

Des ressources à utiliser en préventif

Certains compléments peuvent nous aider, en septembre et en janvier.

Il y a les plantes adaptogènes, qui sont des stimulants physiques et intellectuels et qui vont aider nos surrénales. Par exemple, l’ashwagandha ou la rhodiole, à prendre le matin en cure préventive de 3 semaines.

Ou encore le magnésium à prendre matin et soir au repas, recommande Cathy Assenheim.

Si vous avez des problèmes d’endormissement, de réveils nocturnes, si vous vous sentez très irritable, épuisé, le safran est un complément très intéressant. C’est un précurseur de l’hormone du bonheur, la sérotonine, c’est l’hormone du calme, du bien-être, qui aide aussi dans la gestion des sucres. A prendre à 16h, avec des glucides, au goûter, en cure de 3 semaines.

Maintenir le rituel de l’apéro ?

Entre 16 et 20h, consommer de l’alcool est moins grave, explique Cathy Assenheim, parce que c’est un moment où l’on a besoin de glucides et parce que l’alcool est un sucre rapide.

Donc souvent, quand on est un peu épuisé ou stressé, le fait de prendre un apéro, en continuant le rythme des vacances, avec modération bien sûr, peut être une façon d’avoir du carburant rapide, de pouvoir un peu se calmer. Donc pourquoi pas continuer l’apéro en diminuant un peu ?

>> Cathy Assenheim, psychologue clinicienne spécialisée en neuropsychologie, est l’auteure de 'Mon cerveau est hyper', de 'Ma tête a faim', et de 'Je suis épuisé·e', parus chez De Boeck Supérieur. Retrouvez-la sur son site emotionalcare.be

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