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Comment communiquer les chiffres du coronavirus en Belgique? Sciensano répond à Bernard Rentier

Comment communiquer les chiffres du coronavirus en Belgique? Sciensano répond à Bernard Rentier
16 août 2020 à 15:45Temps de lecture2 min
Par Françoise Berlaimont

La façon de communiquer de Sciensano est- elle inutilement anxiogène? Bernard Rentier, ancien recteur de l'université de Liège et virologue, s'insurge contre la façon dont le service fédéral informe le grand public. "Tous les chiffres sont disponibles, il faut faire de la pédagogie", réplique Christian Léonard, directeur de Sciensano. 

Que représentent les pourcentages?

Les nouveaux cas, les hospitalisations, les décès : chaque jour, Sciensano communique les nouveaux chiffres quotidiens ainsi que l’évolution exprimée en pourcentage de la semaine en cours (7 jours) par rapport à la semaine précédente. "Si un jour, on a 2 morts et le lendemain 4, ça fait une augmentation de 100%", explique le virologue liégeois Bernard Rentier. "C'est cette information qui se retrouve en tête dans les média, or si vous avez 1 euro dans votre portemonnaie et 2 euros le lendemain, c'est aussi une augmentation de 100% mais vous n'êtes pas riche pour autant".

Pour Christian Léonard, directeur de Sciensano, il est important de donner les deux informations : les valeurs absolues et le taux d’évolution qui, ensemble, reflètent complètement la réalité.

Des chiffres accessibles à tous

"Si on ne donne pas la valeur relative, c'est-à-dire l'augmentation en pourcentages, les gens ont l'impression que ce n'est rien : 'seulement' 2 morts en plus qu'hier?  Les pourcentages indiquent qu'il y a une tendance à la croissance qu’il faut surveiller. Bien sûr elle est forte car les chiffres sont bas", argumente Christian Léonard, "mais c'est important de la connaître pour suivre l'évolution de l'épidémie".


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Sciensano met à disposition sur son site tous les chiffres au jour le jour et les rapports épidémiologiques depuis le début de l'épidémie. "Chacun peut y trouver l'information qui l'intéresse", rappelle le directeur de Sciensano. "Si nous connaissions un nombre de 900 décès et que celui-ci augmentait de 9 unités, pourrait-on se contenter de donner le taux d’évolution de 1% sans subir une critique selon laquelle on ‘sous-estimerait’ la gravité de la situation?  On devrait donc donner aussi le nombre absolu de l’augmentation : 9 décès.  Et qui pourrait prétendre que la disparition de ces neuf personnes n’est pas importante ?", argumente Christian Léonard.

Ca n'empêche pas les gens de partir en vacances en zone orange et même rouge, et d'aller au-delà de la bulle de 5 personnes

"Présenter les chiffres ce cette façon donne l'impression à la population que l'on est dans une deuxième vague et c'est faux", plaide l'ancien recteur, pour qui, "ce qui important, ce sont les chiffres des hospitalisations". Le nombre des hospitalisations est en nette hausse cette semaine mais les hôpitaux disposent de suffisamment de lits. 

Christian Léonard balaie l'accusation de générer de l'angoisse par la présentation de ses chiffres. "Ca n'empêche pas les gens de partir en vacances en zone orange et même rouge, et d'aller au-delà de la bulle de 5 personnes. Les chiffres quotidiens sont là pour informer les professionnels et en même temps sensibiliser le grand public pour qu'il respecte les gestes barrières", rappelle le directeur de Sciensano.

En outre, il souligne qu’"il serait irrespectueux pour le personnel soignant et dangereux en termes de santé publique de considérer qu’aussi longtemps que les hôpitaux disposent de lits, on peut les remplir !"

 

 

 

 

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