Telle est la question !

Comment est né l’orchestre symphonique ?

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08 déc. 2021 à 07:12Temps de lecture2 min
Par Clément Holvoet

Si nous sommes habitués à nous rendre dans les grandes salles de concert pour écouter du répertoire symphonique, on ne sait pas toujours comment est apparu ce grand ensemble qui permet tant de possibilités musicales. Comment est né l’orchestre symphonique ? Telle est la question à laquelle répond Clément Holvoet.

On peut dater la création de petits ensembles instrumentaux dès le XVe siècle, en fonction de la fortune des mécènes, dans ce que l’on appelait les Chapelles. Puis, assez vite, au début du XVIIe siècle, les cordes des Violons du Roi Louis XIII sont rejointes par les hautbois de la Grande Écurie, ce qui donne la Grande Bande. Sous Louis XIV, Jean-Baptiste Lully forme la Petite Bande, constituée, en plus des cordes, du basson, du hautbois toujours, des flûtes et à l’occasion des trompettes et timbales. Tout ce beau monde pour divertir le Roi Soleil. Ces membres de la Petite Bande sont d’ailleurs permanents, chose assez rare pour l’époque. 

Nous sommes encore assez loin de l’orchestre symphonique. Pour en voir les prémices, il faut attendre le XVIIIe siècle. Progressivement, l’orchestre baroque s’étoffe - fini la basse continue - et il est de moins en moins nécessaire pour les compositeurs de s’adapter aux effectifs disponibles. Jusque-là, on faisait un peu avec les moyens du bord, et souvent avec des ensembles hétérogènes et déséquilibrés. Dès la période classique, en revanche, tout se structure, avec notamment les pupitres des vents, qui fonctionnent par deux : deux flûtes, deux hautbois puis deux bassons et deux cors. Effectif qu’impose finalement Joseph Haydn et qu’on retrouvera aussi chez Mozart.

Le XIXe siècle a besoin de plus de sons et de plus d’instruments. Par conséquent, l’orchestre romantique s’étoffe encore un peu plus, avec des pupitres de vents par trois et avec des instruments supplémentaires : du cor anglais au piccolo en passant par la clarinette basse et les cuivres comme les tubas et les trombones. Au niveau des percussions, à l’époque, on retrouve surtout les timbales, qui ont un rôle de basse. Et puis vint Beethoven ! Avec sa Neuvième et dernière Symphonie, il établit la présence de la grosse caisse, du triangle et des cymbales. Plus il y a de monde dans les pupitres de vents et de percussions, plus il faut augmenter le nombre d’instrumentistes à cordes pour que tout cela reste cohérent.

On arrive donc, au XXe siècle, à des orchestres qui dépassent la centaine de musiciens. L’orchestre symphonique dans toute sa splendeur ! Cela permet évidemment une grandeur et une majesté inégalée, et les compositeurs en profitent ; de Stravinsky à Schoenberg, de Mahler à Bruckner, de Berlioz à Richard Strauss, l’orchestre symphonique avait, d’ores et déjà, de belles années devant lui.

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