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Telle est la question !

Comment est née la première comédie musicale ?

J.L. Peters & Brothers publish Music From the Black Crook shortly after the stage extravaganza was introduced in New York City, published by Ehrgott, Forgbriger & Company in 1867 in Cincinnati, Ohio.

Aujourd’hui, Clément Holvoet vous parle de grand spectacle, de comédie musicale. C’est un genre dont on raffole, mais de quelle façon ce type de spectacle, si particulier, a pu naître.

La comédie musicale, c’est l’Amérique, le Musical, comme on dit, est anglo-saxon, et les maîtres en la matière sont les Anglais et les Américains. C’est donc par là qu’il faut chercher l’origine de la comédie musicale. Prenons les choses par le début : qu’est-ce qu’une comédie musicale ?

C’est une forme de spectacle intégral, un peu comme l’opéra, mais où les intervenants s’occupent de tout : ils chantent, ils dansent, ils jouent la comédie et, le cas échéant, ils font claquettes et acrobaties. Ses ancêtres, au Musical, ce sont donc l’opéra, mais aussi le ballet, qui unissait musique classique et danse, et par ailleurs l’opérette et l’opéra-bouffe. Pour la naissance de la comédie musicale, direction Broadway, New-York.

Nous sommes à la fin du 19e siècle, en 1866 exactement. On pose nos valises dans l’un des théâtres de l’avenue, Niblo’s Garden. Son directeur, William Wheatley, vient d’acquérir les droits d’un mélodrame d’un certain Charles Barras, à la fin de l’été. L’histoire est rude, et le but c’est de remplir le théâtre, donc de satisfaire le public qui vient se divertir. Alors, Wheatley a l’idée d’adjoindre au drame des chansons. Pour diverses raisons, ça ne se fait pas, mais un événement va changer la donne. L’Académie de Musique de New-York est détruite suite à un incendie. Catastrophés, ses directeurs doivent recaser les ballets parisiens qu’ils accueillaient, et ils contactent Wheatley pour savoir s’il peut les sauver et faire les représentations dans son théâtre. Wheatley, malin, leur propose mieux : intégrer le ballet au mélodrame de Barras et ajouter la musique pour couronner le tout. Marché fait, comme écrit La Fontaine, la première comédie musicale venait de naître, fruit du hasard.

Le succès est énorme, le public est complètement conquis, et les recettes suivent : on approchera les 500 représentations et les bénéfices touchent le million de dollars, ce qui pour l’époque était inespéré. Le nom de cette première comédie musicale ? The Black Crook, littéralement l’Escroc noir. La durée de ce Musical de Charles Barras est conséquente, cinq heures trente tout de même. L’intrigue est banale et peu cohérente et la musique pas extraordinaire, alors notre pauvre directeur de théâtre doit faire illusion, et donner à voir du spectaculaire pour cacher tout ça : il y va franchement, à grands renforts d’effets spéciaux, des décors somptueux, des danses lascives avec les jeunes femmes du ballet habillées en conséquence, les meneuses de revues n’étaient pas loin, tout était déjà contenu dans cette grande innovation de 1866 qui devait par la suite devenir le modèle de la Comédie Musicale.

Des compositeurs comme Gershwin ou Cole Porter ont pu exceller dans le genre, sans parler de Leonard Bernstein du côté contemporain, la France s’illustrera aussi dans le genre bien sûr.

Telle est la question

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