Ecologie

Comment la Finlande pense à l'alimentation de demain pour réduire l'empreinte carbone de nos repas

Comment la Finlande pense à l'alimentation de demain pour réduire l'empreinte carbone de nos repas.

© Westend61

27 août 2022 à 07:00Temps de lecture3 min
Par RTBF avec AFP

La Finlande est le pays le plus engagé en matière de développement durable. L'état scandinave n'hésite pas à mettre sa communauté scientifique au service de la recherche d'une panoplie d'aliments, qui nous semblent aujourd'hui totalement futuristes, afin de réduire l'empreinte carbone de notre régime alimentaire basée sur les protéines animales.

Après le café de laboratoire, le steak de tournesol

La Finlande n'a pas fini de nous étonner, entre sa Première ministre de 36 ans qui danse et ses nombreuses innovations. Au pays du Père Noël, on ose même produire de la nourriture sous microscope. A l'automne dernier, les médias ne s'étaient pas privés de cette actualité : des scientifiques étaient parvenus à mettre au point un café de laboratoire en cultivant dans un bioréacteur les cellules d'une plante de caféier, aujourd'hui soumise aux nombreux aléas climatiques. Une véritable prouesse qui donnait espoir de continuer à siroter notre petit kawa en arrivant au bureau chaque matin.

Qui plus est, cette trouvaille pourrait être commercialisée d'ici quatre ans.

Près de 90% des plus grandes régions productrices de café pourraient en effet disparaître d'ici 2050.

L'expérience a été menée par des chercheurs finlandais au centre national de la recherche technique.

Fondé en 1942, cet organisme plus connu sous le nom de VTT  (du finnois Valtion Teknillinen Tutkimuskeskus) travaille à pied d’œuvre pour trouver des alternatives moins gourmandes en CO2 à tout ce qui compose notre quotidien. Et l'alimentation en fait partie. Les scientifiques finlandais sont notamment concentrés sur une multitude de projets visant à remplacer les protéines animales. Leur dernière trouvaille : utiliser le tournesol pour fabriquer un steak sans recourir à l'abattage d'un animal. Plus concrètement, ils recyclent les résidus obtenus après la fabrication d'huile de tournesol pour en extraire une protéine.

Le pays se donne 7 ans pour devenir écologiquement responsable

Le VTT ne constitue pas l'unique organisme à travailler dur sur le futur de notre assiette. A l'université de Helsinki, on a réussi à produire du blanc d’œuf sans avoir recours à une seule poule. A la place, les chercheurs ont utilisé une espèce de champignons, le Trichoderma reesei, pour produire de l'ovalbumine, la principale protéine constituant le blanc d’œuf. Après avoir été séchée, la poudre obtenue peut être transformée en mousse à utiliser en pâtisserie pour préparer aussi bien des meringues que des gâteaux.

Cette innovation alimentaire est également intéressante sur le plan de la sécurité sanitaire puisqu'elle écarte tout risque de contamination par la salmonelle, la bactérie la plus couramment repérée dans les boîtes d'oeufs pour éviter une grave infection à la salmonellose.

En Finlande, notre avenir alimentaire est un sujet pris très au sérieux.

Le gouvernement a pour objectif de transformer le pays en contrée responsable tant sur le plan social qu'économique et écologique à l'horizon 2030.

Ce n'est donc pas un hasard si la Finlande a fini en tête du dernier rapport des Nations Unies consacré à présenter toutes les initiatives en faveur de l'environnement. En clair, la Finlande a été désignée comme le pays le plus engagé en matière de développement durable.

La recherche et l'industrie main dans la main

L'état scandinave met clairement sa communauté de scientifiques au service d'une communication dédiée à vanter les bienfaits des "novel foods", ces nouveaux aliments à l'empreinte carbone ultra-réduite. En mai dernier, les chercheurs de l'université de Helsinki ont démontré dans une étude que les alternatives végétales remplaçant les protéines animales pouvaient réduire de 80% l'impact environnemental du régime omnivore des Européens. On parle d'insectes mais aussi de viande cultivée en laboratoire.

Les aliments produits sous microscope ? La Finlande n'a absolument rien contre. Les recherches autour du café de labo en sont un parfait exemple.

Même les mastodontes de l'industrie agroalimentaire finlandaise y croient.

Récemment, le groupe Fazer, spécialiste de confiseries et qui produit plus de 13 millions de tablettes de son produit iconique (une tablette au chocolat au lait enveloppée dans un joli papier bleu nuit) a annoncé se lancer dans l'étude d'un cacao plus responsable, cultivé en laboratoire. Fazer s'est imposé comme objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre générées par ses activités à l'horizon 2030. Et à qui l'industriel a-t-il fait appel pour mettre en oeuvre son projet durable ? Le centre national de la recherche technique finlandaise. Evidemment.

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