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Comment la guerre en Irak a contribué à discréditer les Etats-Unis dans les mises en garde sur le conflit ukrainien

24 févr. 2022 à 17:37 - mise à jour 24 févr. 2022 à 17:37Temps de lecture2 min
Par Marie-Laure Mathot avec François Heureux

C’était en 2003. Les Etats-Unis, alors sous la présidence de Georges W. Bush Junior, montraient des images d’armes de destructions massives en Irak pour justifier une invasion du pays. Des preuves qui se sont révélées fausses par la suite. Presque 20 ans plus tard, elles contribuent encore à discréditer les Etats-Unis dans le conflit ukrainien, selon le journaliste belge Jean-Paul Marthoz, spécialiste de l’actualité internationale et invité dans notre édition spéciale sur la Première ce jeudi matin.

"Les États-Unis, il y a quelques semaines, commençaient à mettre en garde contre le risque d’une invasion. Au départ, on a pu penser que c’était une forme de communication américaine qui était un peu paranoïaque, hystérique ou de propagande." Ce sont d’ailleurs les mots utilisés par Vladimir Poutine le 13 février dernier.

"Mais en fait, continue Jean-Paul Marthoz, je pense que les Etats-Unis se rendaient bien compte dans les conversations secrètes qu’ils réussissaient à recueillir via leurs agences de renseignement que cela correspondait à une stratégie et qu’elle risquait à tout moment d’être appliquée. Et finalement c’est ce qu’il s’est passé."

Les Etats-Unis continuent à payer le prix de leur désinformation

La communauté internationale n’aurait donc pas assez pris en compte les mises en garde des Etats-Unis. Et pour le spécialiste, l’une des explications est à aller chercher dans l’Histoire et dans cet épisode de l’invasion de l’Irak. "Je pense qu’on ne les a pas crus car les Etats-Unis continuent à payer le prix de leur désinformation lors des mois et des semaines qui ont précédé l’invasion en Irak. C’était une erreur fondamentale de communication à l’époque qui continue à peser sur la crédibilité des États-Unis aujourd’hui."

"Les journalistes américains se sont fâchés avec le département de l’État et de la Maison Blanche lorsqu’ils ont demandé des preuves des allégations américaines", explique Jean-Paul Marthoz.
"Les journalistes américains se sont fâchés avec le département de l’État et de la Maison Blanche lorsqu’ils ont demandé des preuves des allégations américaines", explique Jean-Paul Marthoz. 2022 Getty Images

Et de prendre pour illustration un épisode qui s’est déroulé il y a quelques semaines. "Les journalistes américains se sont fâchés avec le département de l’État et de la Maison Blanche lorsqu’ils ont demandé des preuves des allégations américaines. Et cela a été perçu comme étant un manque de loyauté de la part des journalistes mais c’était aussi le résultat de cette campagne de désinformation qui a eu cours en 2003."

Résultat : "On n’a pas cru les Américains." Mais ce n’est pas le seul facteur selon le journaliste. Les États-Unis se sont également tiré une balle dans le pied quand ils ont considéré que l’Europe n’avait plus un rôle primordial dans la géopolitique internationale.

"Les Américains ont eu tendance à se focaliser sur le risque du djihadisme d’un côté, et de la Chine d’un autre côté. Et ils n’ont peut-être finalement pas consacré suffisamment d’attention ni de politique d’information sur ce qu’il se passait en Russie et sur les risques en termes géopolitiques. Ils se sont dit 'l’Europe, c’est plus notre priorité. C’est le pivot vers l’Asie, c’est la Chine qui est importante'. Là, Poutine nous rappelle que le point pivot le plus important des crises, ça reste l’Europe."

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