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Comment les investisseurs belges se sont-ils comportés pendant la crise sanitaire ?

La crise sanitaire a fait plonger l’activité économique dans énormément de pays et elle a aussi eu un impact important sur la manière dont les Belges épargnent, du moins ceux qui le peuvent.

Le mois de mars a été particulièrement difficile pour les grands indices boursiers de la planète : ils se sont effondrés. Inutile de dire que cette chute des marchés financiers a refroidi plus d’un investisseur en Belgique et ailleurs.

"Trois quarts des investisseurs belges ont agi sur leur portefeuille, et dans la plupart des cas, c’était en prenant moins de risques, explique Wim Nagler, de la société de gestion d’actifs Schroders. Dans ce cas précis, ça voudrait dire qu’une partie des gens sont carrément sortis de la Bourse et ont mis leur épargne sur un compte épargne, tout simplement."

"Biais comportemental"

Les investisseurs qui se qualifiaient eux-mêmes d’expérimentés ont eu tendance à sortir de la Bourse au moment où les cours des actions étaient au plus bas, sans attendre le rebond qui a suivi. Les investisseurs les moins aguerris, eux, n’ont quasiment pas bougé.

Selon Wim Nagler, "il semblerait que ce soit surtout un biais comportemental qui fait que ceux qui regardent le plus leur portefeuille, c’est-à-dire les gens qui sont plus expérimentés, ont tendance à avoir plus de mal à ne rien faire, notamment en période de crise, où la tendance à vouloir vendre une action est très importante. C’est donc l’émotion qui a emporté ces investisseurs".

"On a également sondé la tolérance du risque. On a donc demandé : 'Est-ce que le fait que la Bourse baisse vous rend plus stressé ?' Et trois quarts des investisseurs ont répondu : 'Non, pas du tout, une baisse est normale, ça ne me stresse pas plus que ça.' Mais pour autant, trois quarts des investisseurs ont quand même senti le besoin d’agir une fois la crise arrivée. Donc, intellectuellement et rationnellement, ils savent que c’est normal et que c’est mieux de ne rien faire, mais une fois que l’émotion de la baisse est là, ils agissent quand même."

Quant à savoir si la crise boursière du printemps a mis en évidence d’autres comportements surprenants chez les Belges qui investissent en Bourse, la réponse est oui. Notamment en ce qui concerne l’attente de rendement extrêmement élevée. Pour les 12 mois qui viennent, ces investisseurs — qui disposent au moins d’un capital de 10.000 euros, ce qui n’est pas le cas de tout le monde — espèrent un rendement de 7%, ce qui est énorme. Et pourtant, leurs attentes ont été revues à la baisse.

"Il y a un an, les gens pensaient encore obtenir un rendement d’autour 11%. Là, ils estiment plutôt du 7%, observe Wim Nagler. Et quand on leur demande quelles sont leurs attentes sur le long terme, c’est-à-dire sur cinq ans en moyenne, là les gens estiment encore autour de 10%, ce qui est encore beaucoup plus optimiste. Et quand on le compare par exemple aux estimations des fonds de pension belges, c’est presque deux fois plus. En moyenne, un fonds de pension belge table sur une performance de 5%, tandis que l’investisseur belge table plutôt sur le double, ce qui semble exagéré."

Ces attentes ne viennent évidemment pas de nulle part. Les investisseurs particuliers se basent apparemment sur les rendements du passé. Or, les professionnels répètent à qui veut bien les écouter que les rendements du passé ne préjugent en rien des rendements à venir. Et on pourrait ajouter que plus le rendement attendu est élevé, plus le risque est élevé et le risque de perdre aussi.

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