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Comment lutter contre la pénurie de pièces de 5 et 10 centimes dans les magasins ?

Pénurie de pièces de 5 et 10 centimes dans les magasins

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15 sept. 2022 à 14:52Temps de lecture2 min
Par Philomène Parmentier

Les librairies, les boulangeries et beaucoup de magasins où les produits vendus ne sont pas très chers et où on paie donc souvent en liquide font face à une pénurie de pièces de 5 et 10 centimes.

Pourquoi cette pénurie ?

En tout cas, ce n’est pas la faute du ministère des Finances et de la Monnaie royale de Belgique. Elle a mis en circulation 763 millions de pièces de cinq centimes et 470 millions de pièces de dix centimes. Chaque Belge a à sa disposition plus de 70 pièces de cinq et de quarante pièces de dix. La demande est faite pour en frapper davantage encore puisque le besoin s’en fait sentir. Mais ce n’est pas la solution. Ce n’est pas parce qu’il y a trop peu de pièces qu’il y a pénurie.

Le problème, c’est que les pièces ne circulent pas. Et pour cause, il y a les pièces qu’on met de côté, dans des tirelires ou des pots à pièces, celles qu’on oublie dans les vide-poches, les fonds de sac, les armoires. Il y en a peut-être qui partent à l’étranger, les touristes emportent peut-être plus de pièces qu’ils n’en rapportent. Sans doute aussi certains commerçants ont-ils des stocks qu’ils n’écoulent pas, quand ils en reçoivent plus qu’ils n’en rendent.

Qu’est-ce qu’on peut faire pour améliorer la situation ?

La Monnaie nationale, les banques et les représentants des commerçants s’inquiètent de la situation. Plusieurs pistes sont à l’étude. D’abord, de nouvelles pièces ont été commandées. Cela ne réglera pas le problème, mais ça permet de gagner du temps.

Deuxième piste, inciter les consommateurs à utiliser leurs pièces. Les banques essaient aussi de s’entendre pour accepter les pièces plus facilement, qu’elles viennent des commerçants ou des particuliers. Aujourd’hui, il faut y aller pendant les heures d’ouverture et il y a des frais à payer. Aux Pays-Bas, des appareils automatiques sont mis à disposition pour déposer les pièces et recevoir directement l’argent sur son compte. On peut aussi encourager les supermarchés à proposer des appareils qui récoltent les pièces et délivrent des bons d’achat.

Le paiement électronique est encouragé, il a fortement progressé pendant le Covid, y compris pour des petites sommes. Le paiement sans contact est devenu très courant pour les sommes jusqu’à 50 euros. Depuis le 1er juillet, tous les professionnels doivent proposer une solution de paiement électronique à leurs clients. Mais les pièces et billets restent utilisés et il n’y a pas de volonté de supprimer l’argent liquide ni à court, ni à moyen terme. Donc l’électronique ne résout pas tout.

Un problème récurrent

Le problème s’était déjà posé pour les pièces de un et de deux centimes. Il y en avait 1 milliard 400 millions en circulation, 700 millions de un et 700 millions de deux centimes, et on n’en voyait nulle part. C’était le même problème, elles ne circulaient pas. Il a fallu attendre longtemps mais on les a supprimées le 1er décembre 2019, il y a presque trois ans. On a imposé la règle de l’arrondi aléatoire pour que personne ne gagne ni ne perde. La suppression des pièces de un et deux centimes a été bien digérée. Mais on n’est pas encore prêt, tant s’en faut, pour supprimer les pièces de cinq et de dix. Cela arrivera un jour, quand l’euro au fil de l’inflation aura perdu de sa valeur. Cela arrive à toutes les monnaies. Mais aujourd’hui, on ne peut pas envisager la suppression des pièces de cinq et dix, il faut qu’elles circulent.

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