Regions Luxembourg

Comment mieux prévenir les maladies chroniques en région transfrontalière ?

© Anne Lemaire

07 déc. 2022 à 09:46 - mise à jour 07 déc. 2022 à 09:50Temps de lecture2 min
Par Anne Lemaire

Dans notre région, aller se faire soigner de l’autre côté de la frontière est plutôt courant. En 2005, la France et la Belgique signaient un accord-cadre de coopération sanitaire qui permet aux patients de l’espace frontalier franco-belge de se faire se soigner de part et d’autre de la frontière sans obstacle administratif, ni financier,  notamment grâce aux conventions ZOAST LUXLOR et ARDENNES.

Depuis le 1er avril 2019, cette coopération transfrontalière s’est étendue à la prévention et à la prise en charge éducative des pathologies chroniques. C’est le projet COPROSEPAT, un projet de " Coopération transfrontalière en promotion à la santé et éducation du patient en milieu rural ". Il est cofinancé par le Fonds européen de développement régional, au travers du programme Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen. Les professionnels de la santé viennent de dresser le bilan.

Dans ces travaux, on a commencé par un portrait santé du territoire, on a fait une analyse comparée de l’éducation thérapeutique du patient entre la France et la Belgique, on a essayé de voir si on parlait de la même chose au niveau conceptuel, on a ensuite vu que les procédures n’étaient pas tout à fait les mêmes, les modes de financement ne sont pas les mêmes, etc. Du coup, on tend à prôner dans notre travail, des recommandations sur l’harmonisation des pratiques et c’est la raison pour laquelle on a organisé des journées de réflexion avec les professionnels de santé pour aller dans ce sens et aussi pour faire des recommandations aux autorités en vue de développer cette éducation thérapeutique du patient ", explique Henri Lewalle, coordinateur du projet COPROSEPAT.

Parmi les actions réalisées, épinglons cette brochure créée pour aider les patients souffrant d’insuffisance cardiaque à mieux comprendre leur maladie. Pr Laurence Gabriel, cardiologue au CHU UCL Namur nous rappelle l’importance de bien connaître sa maladie : " Un traitement n’est efficace que si on le prend, bien sûr, et si on le prend bien. Il faut que le patient comprenne à quoi servent les médicaments, l’importance de les prendre, etc. Ce qui est important aussi, c’est de comprendre le traitement non médicamenteux comme, le régime pauvre en sel, la restriction en boisson, l’exercice physique, tous les signes d’alerte qui doivent les interpeller, les faire réagir pour éviter de se retrouver dans une situation aiguë avec une hospitalisation à la clé… C’est tout ce genre de choses qu’on explique dans la brochure. Une brochure qui se veut ludique et colorée, il y a une petite mascotte qui suit le patient de chapitre en chapitre, il y a aussi des petits quiz, des petites fiches sur lesquelles les patients peuvent écrire, etc. " 

Cette brochure est disponible à la clinique d’insuffisance cardiaque à Mont-Godinne, mais est aussi téléchargeable gratuitement sur le site https://coposepat.eu

Autre exemple de réalisation : un groupe de travail piloté par l’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg s’est concentré sur l’amélioration de l’accès aux soins et aux dispositifs d’éducation thérapeutique pour les publics précarisés. Des formations pour permettre aux professionnels de santé, de mieux accompagner le public cible ont été dispensées avec la collaboration de CHRONILUX et la ligue cardiologique belge.

© Anne Lemaire

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous