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Comment sont archivées les émissions à la RTBF ?

16 nov. 2021 à 14:16Temps de lecture4 min
Par Bénédicte Duval

Depuis les débuts de la radio et de la télévision, de nombreuses émissions ont été produites par la RTBF. La plupart de ces contenus audiovisuels ont pu être restaurés, numérisés, stockés, valorisés grâce au travail de la Sonuma, subventionnée par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

" Dans le fond de la Sonuma, on retrouve les archives audiovisuelles et sonores, donc tout ce qui est télévision et radio de la RTBF et des médias de proximité " explique Virginie Vandeputte, directrice de la Sonuma, " On est depuis 2010 à près de 180.000 heures numérisées. Dans ces 180.000 heures, il y a 50.000 heures d’archives TV pour la RTBF et 38.500 heures d’archives TV pour les médias de proximité. On est à près de 80.000 heures d’archives radio et pour tout ce qui est sur pellicule film, on est à 6500 heures ". Si une part importante des archives de la RTBF a pu être numérisée, le travail n’est pas pour autant terminé : " Par rapport au cahier de charges que nous avions au moment de la création de la Sonuma, on peut dire qu’elle a rempli son contrat. Tout est archivé, excepté tout ce qui est pellicule film. Nous avons un grand chantier qui va démarrer notamment avec le déménagement de la RTBF vers son nouveau bâtiment " Média Square" en 2025. La RTBF va nous charger de numériser l’ensemble des archives qu’il reste encore.

Comment se fait la sélection des archives ?

Tout peut être archivé mais tout n’a pas un intérêt à être archivé. Le choix s’opère principalement sur l’intérêt de l’archive. " On a un comité éditorial qui sélectionne en fonction de l’actualité et de la valeur patrimoniale. Il y a également des demandes commerciales ou des demandes spécifiques de la RTBF pour sélectionner ces films " précise Laurent Golia, coordinateur de la restauration à la Sonuma. A côté des contenus audiovisuels et sonores, il existe aussi des documents papier. " Ces documents sont en lien avec le contenu audiovisuel et sonore. Ces archives ne sont utilisées qu’à des fins internes puisqu’elles viennent enrichir et documenter les contenus pour permettre aux journalistes d’avoir une explication sur des archives qui sont numérisées. Mais il n’y a aucune utilisation publique des archives papier " ajoute Virginie Vandeputte.

Quelles sont les grandes étapes de la restauration ?

Au fil du temps, le film peut se désagréger. La Sonuma tente le tout pour le tout pour sauver les films mais finalement des archives rendues inexploitables sont assez rares : " Sur les 14.000 bobines sur ces dernières années, à deux reprises, nous avons dû abandonner parce que le film était complètement désagrégé, cela devient de la poudre et il n’y a plus rien à faire. Parfois le film est gras, on le nettoie alors avec nos produits. Il peut aussi être sec et cassant, on le met alors dans un frigo pour le regonfler un peu. Dans ce cas-là, on le fait passer dans une filière d’urgence comme cela, on le traite très vite ". Quand il y a urgence, la bobine le fait sentir. C’est ce qu’on appelle le phénomène du vinaigre.

Restaurer des archives n’est pas une mince affaire, cela requière du temps mais aussi de la main-d’œuvre. " Pour une heure de film, il faut environ 8 à 10 heures de travail avec un minimum de 3 personnes parce que tout se fait à la main " précise Laurent Golia. Pour cette partie de la restauration, la Sonuma a un partenariat depuis plusieurs années avec une entreprise de travail adapté. Chaque travailleur est formé pour le nettoyage de la pellicule. " On nettoie à la main, image par image, avec un chiffon et de l’alcool comme à l’ancienne. On nettoie l’image, on nettoie le son. Ensuite, on les vérifie, on resynchronise le son et l’image et on s’assure que toutes les collures tiennent bien ". Une fois la restauration faite, l’archive est envoyée à Liège, dans les bureaux de la Sonuma pour être digitalisée. Deux versions sont alors créées. " Au moment de la numérisation, on fabrique une copie de conservation qui respecte l’intégrité de l’archive. Le scanner fait ensuite une photo de chaque pellicule. Vient ensuite une version de production où l’on va ajuster les couleurs et les contrastes. On corrige également les rayures, on gomme un poil ou on recadre un peu. Cette version est ensuite rendue disponible pour la RTBF "

Une fois restaurées, à quoi servent ces archives ?

Aujourd’hui, les archives ont le vent en poupe. De nombreuses émissions nous replongent régulièrement dans d’autres époques. C’est le cas notamment de l’émission sur La Trois " C’est archivé près de chez vous " présentée par Jean-Luc Fonck, " Le fantôme de la radio " sur La Première, ou encore la séquence quotidienne dans le 6-8 de Sara De Paduwa. La Sonuma est également présente sur Auvio. " Durant le confinement, le catalogue dédié à Strip-Tease a rencontré un énorme succès. On a proposé 250 épisodes et nous avons eu près de 120.000 vues en 5 jours " précise Virginie Vandeputte. Elle ajoute : " Pour valoriser ces contenus, nous avons également des partenariats avec des institutions culturelles notamment pour des projets d’expositions. Il existe aussi une plateforme éducative, la plateforme E-Classe à destination des enseignants. Elle propose du contenu pour les aider à animer ou construire leurs cours ".

Et les archives d’aujourd’hui, comment la RTBF fait-elle ?

Au sein de la RTBF, le service IMADOC gère les contenus depuis 2008. " Notre rôle est d’archiver tous les contenus produits et coproduits par la RTBF. Cela consiste à décrire les contenus, ajouter des métadonnées pour qu’ils puissent être retrouvés dans le futur. Ce service est également très précieux quand il s’agit de faire des recherches. " On s’adresse aussi à notre service quand on est en manque d’archives. Nous répondons, par exemple, à la demande des journalistes, des scriptes, des assistants, des réalisateurs ayant besoin d’images pour illustrer un sujet ou pour faire une biographie par exemple lors d’un décès" précise Florence Haubursin, documentaliste à IMADOC.

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