Commission Covid : début des travaux sur fond de tensions politiques-scientifiques

04 sept. 2020 à 11:27 - mise à jour 04 sept. 2020 à 11:27Temps de lecture2 min
Par RTBF

La Chambre accueille à partir de ce vendredi le début des travaux de la commission spéciale de 17 députés "chargée d’examiner la gestion de la crise du coronavirus au niveau fédéral". Au menu, la ligne du temps d’abord de la crise mondiale en entendant notamment des représentants de l’OMS, avant d’en venir avec d’autres auditions à la gestion de la crise en tant que telle ici en Belgique, avec le fonctionnement, l’encadrement et le financement du secteur des soins et du personnel soignant ainsi que l’achat, la production et la distribution du matériel de production et de test, des médicaments et du traçage. Le tout en observant l’impact sur les mesures prises du mode de fonctionnement de l’Etat féral belge. Un an de travail prévu… Au minimum.

La réunion du jour doit avant tout servir à baliser quelque peu cet agenda. A l’aide de trois experts déjà désignés depuis le mois d’août – la professeure Leila Belkhir (UCL), Floor Lams et le Dr Yves Coppieters (ULB) – et alors que les députés sont toujours à la recherche d’un quatrième expert.

Sauf que les travaux du jour s’inscrivent déjà dans un contexte très particulier avec les rapports souvent très critiques déjà rendus par les premiers experts. Il y a deux jours, le rapport d’Yves Coppieters avait déjà fait pas mal de bruit en dénonçant le manque d’évaluation des risques et de riposte des instances de surveillance (comme Sciensano) conseillant les décideurs, des soucis dans la surveillance épidémiologiste initiale ayant entraîné des retards dans la prise de décision, des conflits d’intérêts parmi les experts officiels, les déficits constatés de masques ou de tests, la gestion non adéquate des maisons de repos, ou encore les défaillances propres à notre système de santé. De quoi alimenter largement les débats à venir… Ceci alors que le ton monte de plus en plus, et notamment depuis les derniers Conseils nationaux de Sécurité (CNS), entre le monde politique et les experts, les uns accusant les autres d’avoir (trop ?) pesé sur les décisions annoncées. Nouvelle illustration ce matin avec l’interview sur nos antennes de l’épidémiologiste Emmanuel André, ex-porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Contre le Covid-19, évoquant un "discours anti-scientifique" de la part du monde politique, ainsi qu’un "gouvernement sensible aux lobbies".

Long débat sur le début de l’agenda

Après une heure de débat à huis clos, notamment afin de choisir le quatrième expert qui sera contacté dans les prochaines heures afin de voir s’il accepte la lourde tâche d’accompagner la commission, les députés, en séance publique cette fois, ont encore longuement discuté de la manière exacte d’entamer leurs travaux, certains partis (PTB en tête) dénonçant la lenteur de communication des documents – abondants – aux membres de la commission, d’autres (flamands) regrettant de n’avoir reçu des documents qu’en français… Au final, un accord tacite a été trouvé d’entamer les auditions le 18 septembre, en commençant effectivement par un exposé des connaissances de la pandémie au plan international avec invitation de représentants de l’Organisation mondiale de la Santé.

Les experts ont ensuite expliqué le contenu de leurs rapports déjà remis aux députés, de quoi les aider à définir les informations à rechercher auprès des différents acteurs politiques et de la santé au gré de leurs futures auditions.

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