Belgique

Compteurs intelligents pour calculer la facture d’électricité : avantage ou désavantage ?

Ce n’est pas parce que le compteur intelligent n’a pas de disque qui tourne à l’envers, que les propriétaires wallons de panneaux solaires ne reçoivent plus de compensation pour l’énergie qu’ils injectent sur le réseau.

© BELGA - CHLOE FRANCOIS

C’est une question que vous êtes nombreux à vous poser : est-ce que les compteurs intelligents sont un avantage ou un désavantage pour les consommateurs ?

Pour Francesco Contino, spécialiste de l’énergie, c’est clairement un avantage car avec ces compteurs communicants (comme cela est repris dans la législation), on est capable de savoir quand et combien on consomme avec précision. Et du coup, de payer exactement ce que l’on a consommé, au moment où on a consommé au prix qui correspond au prix du marché.

Ce qui veut dire aussi que l’on peut, en fonction, changer ses habitudes et adapter sa consommation. Ce qui est également le cas pour ceux qui ont des panneaux photovoltaïques puisque cela permet à leur propriétaire de "voir aussi s’il y a une bonne adéquation entre l’injection de l’énergie et la consommation d’énergie."

Un avantage aussi pour ceux qui ont un compteur qui tourne à l’envers ?

La question se pose effectivement pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques qui habitent en Région wallonne.

"Il est important de comprendre que le compteur communicant n’enlève pas le bénéfice de la compensation qui reste acquise. Quel que soit le compteur installé on bénéficie de l’effet 'compteur qui tourne à l’envers'", affirme Stéphane Renier, président de la CWaPE, Commission wallonne pour l’Énergie.

Autrement dit, comme on nous l’a expliqué au cabinet du ministre wallon de l’Energie, ce n’est pas parce que le compteur intelligent n’a pas de disque qui tourne à l’envers (contrairement au compteur mécanique), que les propriétaires de panneaux solaires ne reçoivent plus de compensation pour l’énergie qu’ils injectent sur le réseau.

Une compensation effective jusqu’en 2030

Car le compteur intelligent communique dans un sens comme dans l’autre. C’est-à-dire qu’il enregistre l’énergie injectée sur le réseau et celle prélevée. Donc le calcul se fait mathématiquement et le résultat est le même, nous assure-t-on. Votre consommation reste compensée par ce que vous avez injecté. En tout cas, jusqu’au 31 décembre 2030, comme c’est prévu dans la législation. Au-delà, ce sera aussi la fin de la taxe prosumer.

Rappelons aussi que si vous voulez profiter de cette compensation (effet du compteur "qui tourne à l’envers"), vous devez installer vos panneaux photovoltaïques avant le 31 décembre 2023. Au-delà, ce ne sera plus possible.

Mais qui dit fin de la compensation ne veut pas dire la fin de la rentabilité. Ce sera juste un peu moins rentable, mais toujours rentable, surtout au prix actuel de l’électricité. On estime aujourd’hui qu’une installation est rentable sans compensation en 3 ans. C’est d’ailleurs le cas en Flandre où le système de compensation n’existe plus depuis quelque temps déjà et à Bruxelles où cela n’a jamais été possible.

Qui dit compteur intelligent dit possibilité de payer moins de frais de réseau

Pour les frais de réseau, cela peut même être un avantage, selon nos experts. Parce que si vous arrivez à consommer une majorité de ce que vous produisez, vous payerez moins de frais.

Dans le cas contraire, vous ne payerez jamais plus que le forfait réclamé auparavant. Un forfait calculé sur l’hypothèse le prosumer autoconsomme environ 37% de ce qu’il produit. Donc soit vous êtes gagnant soit c’est la même chose, affirme-t-on au cabinet du ministre Henry.

Enfin, pour celui qui a une installation surdimensionnée, "c’est même tout à fait gagnant". Parce que le propriétaire de panneaux photovoltaïques ne va plus payer une redevance pour le réseau basée sur la puissance de son installation, mais uniquement sur ce qu’il va prélever comme énergie sur le réseau. Il n’y a donc plus de taxe prosumer.

Quid du supplément pour les prosumers appliqué par certains fournisseurs ?

Précisons encore que certains rares fournisseurs de réseau commencent à appliquer un supplément pour les prosumers, comme MEGA, par exemple. Un supplément légal (une manière de compenser le fait que le prosumer consomme beaucoup plus en hiver qu’en été alors que les prix, en cette période, sont plus élevés puisque la demande est plus importante) mais parfois disproportionné qui n’a rien à voir avec la taxe prosumer.

Selon nos informations, cette pratique aurait pour seul objectif de pousser ces propriétaires de panneaux solaires à aller chez un autre fournisseur. Ce qu’ils ont tout intérêt à faire à la fin de leur contrat fixe.

Cet article répond à une question qui nous est arrivée via notre formulaire "Questions – Réponses". Un formulaire créé pour toutes vos questions liées à l’énergie. N’hésitez donc pas à nous les poser.

Sur le même sujet : Extrait Matin Première (05/12/2022)

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