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Conditions de vie dans les prisons : le directeur de la prison de Mons s’indigne : "on doit choisir entre les douches et le chauffage"

L'invité de la matinale est Vincent Spronck, directeur de la prison de Mons

Surpopulation, manque d'effectifs et vétusté des prisons belges

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13 avr. 2022 à 08:17Temps de lecture2 min
Par Florence Dussart

Le décès d’un détenu de la prison de Nivelles en novembre dernier est-il la conséquence d’un manque de soins ? L’observatoire international des prisons dénonce l’inaction des autorités belges, qui n’ont pas répondu à cette question. Selon l’observatoire, le détenu serait resté sans soin durant la nuit malgré des appels à l’aide de son codétenu.
Au-delà de ce cas particulier, cela fait des années, voire des décennies que les directeurs de prison du pays dénoncent l’état des bâtiments. Comme la prison de Mons, la plus ancienne du pays. Vincent Spronck, son directeur, explique que les toitures du bâtiment vont être examinées ce mercredi 13 avril : "On va voir ce que disent les contrôles de l’humidité, des infiltrations aujourd’hui, mais il y a déjà des cellules fermées à cause de cela, il y a des punaises dans l’établissement. Les douches sont en train de lâcher. Deux chaudières sur quatre sont mortes depuis décembre. On doit choisir entre donner les douches ou donner le chauffage. On en est là", déplore celui qui est aussi président de l’association francophone des directeurs de prison.

Machine à laver en panne plusieurs semaines

Outre les problèmes de vétusté, il y a aussi un sérieux problème de surpopulation dans les établissements pénitentiaires du pays. La prison de Mons abrite 248 détenus. Ce qui signifie une surpopulation de 40 à 50% : "Quand il y a deux détenus dans une cellule de neuf mètres carrés, c’est un détenu de trop. Les cellules sont dégueulasses. Ce n’est pas un manque d’entretien, on passe son temps à nettoyer. Mais l’usure est là. Pendant plusieurs semaines, la machine à laver qui permet de laver le linge des détenus était en panne. On n’a pas pu le faire, par exemple, s’indigne-t-il".

Vincent Spronck pointe aussi la promiscuité, le fait de devoir faire ses besoins devant son codétenu : "on oublie ce que c’est comme violence !". La promiscuité qui place aussi ensemble des détenus qui ne parlent pas la même langue, ni ne partagent la même culture. "Ça ne peut que provoquer des bagarres", regrette-t-il.

Le directeur de la prison de Mons salue le courage avec lequel les détenus font face, et celui du personnel de travailler dans des conditions pareilles. Il salue par ailleurs le ministre de la justice qui a lancé des plans de recrutement "comme on n’en a jamais vu depuis plusieurs années". Le ministre de la Justice qui a aussi annoncé plusieurs mesures pour lutter contre la surpopulation carcérale comme l’achat de 8 maisons de détention pour les courtes peines.

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