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Conflit au Tigré : les forces gouvernementales éthiopiennes s’emparent de la ville-clé de Shire (100.000 habitants)

Des femmes sont assises sous des boîtes en carton branchées du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) alors qu’elles attendent d’être enregistrées par les autorités dans l’enceinte de l’hôtel Agda, dans la ville de Semera, dans la rég

© AFP

18 oct. 2022 à 09:36Temps de lecture2 min
Par Belga, mis en ligne par K. Dero

Les forces éthiopiennes et érythréennes ont pris lundi la ville de Shire, au Tigré, a annoncé mardi dans un communiqué le commandement des forces rebelles de cette région septentrionale d’Ethiopie.

Les "forces d’invasion ont pris pour le moment le contrôle de certaines zones, dont Shire", a indiqué le commandement, appelant "tous les Tigréens valides à défendre avec obstination" la région.

Ville de 100.000 habitants avant le conflit et située à une cinquantaine de km de la frontière avec l’Erythrée, pays qui borde tout le nord du Tigré, Shire abrite un aéroport et se trouve sur une route reliant Mekele, la capitale régionale, à environ 300 km.

 

Appel à la défense

Elle abrite en outre des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du Tigré par le conflit qui ravage le nord de l’Ethiopie depuis novembre 2020.

Lundi, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a prévenu que "la situation en Ethiopie devient incontrôlable" et que "la violence et la destruction atteignent des niveaux alarmants", soulignant le "prix terrible payé par les civils" et le "cauchemar" vécu par la population éthiopienne.

Antonio Guterres a réclamé "le retrait immédiat et le désengagement d’Ethiopie des forces armées érythréennes" qui épaulent les troupes fédérales éthiopiennes au Tigré et demandé à "toutes les parties" de permettre le passage de l’aide humanitaire, dont l’ONU a suspendu l’acheminement depuis la reprise des combats fin août.

"Les hostilités au Tigré doivent cesser maintenant", a insisté Antonio Guterres, relayant un appel similaire à un cessez-le-feu "immédiat" lancé dimanche par l’Union africaine (UA).

Les hostilités au Tigré doivent cesser maintenant

Important risque d’escalade

Il y a un "risque important d’escalade" du conflit en Ethiopie, a affirmé mardi l’Autrichien Volker Türk, qui a débuté cette semaine son mandat de Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

Ces derniers jours ONU, UA, Union européenne (UE) et Etats-Unis, entre autres, se sont inquiétés de l’intensification des offensives militaires au Tigré notamment à Shire, cible de bombardements pendant plusieurs jours.

Deux civils et un employé de l’ONG International Rescue Committee (IRC) y ont péri dans un bombardement vendredi.

Les bombardements de l’armée éthiopienne au Tigré depuis fin août ont fait au moins 31 victimes parmi les civils, selon l’ONU. Outre les victimes, plus de 70 civils ont été blessés dans une quinzaine de frappes, a affirmé une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

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