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Conflit au Yémen : les rebelles appellent Ryad à "ne pas laisser passer l'occasion" de la trêve

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28 mars 2022 à 18:32Temps de lecture2 min
Par Belga

Le chef des rebelles au Yémen, Abdelmalek al-Houthi, a appelé lundi la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et soutenant le gouvernement yéménite, à ne "pas laisser passer l'occasion" de la trêve annoncée samedi unilatéralement par les Houthis.

"Vous allez regretter si vous la laissez passer", a prévenu le chef rebelle en référence à la trêve, lors d'un discours télévisé sur la chaîne des Houthis Al-Massirah. 

"Il (les membres de la coalition, NDLR) n'échapperont pas aux frappes et ne sortiront pas du pétrin tant qu'ils n'auront pas mis un terme à l'agression, levé le blocus et mis fin à l'occupation", a-t-il insisté.

Trève de trois jours

Les Houthis ont annoncé samedi une trêve de "trois jours", au lendemain d'une nouvelle série d'attaques des rebelles contre l'Arabie saoudite. Ces attaques, qui n'ont pas fait de victimes, ont provoqué notamment un gigantesque incendie dans un site pétrolier à Jeddah (ouest), proche du circuit de Formule 1 qui accueillait ce week-end le Grand Prix d'Arabie saoudite.

Cette trêve pourrait devenir "permanente" si Ryad lève le "blocus" sur le Yémen, cesse ses raids aériens et retire ses "forces étrangères", avait déclaré Mahdi al-Mashat, haut responsable rebelle.

La coalition militaire dirigée par Ryad intervient depuis 2015 au Yémen pour appuyer les forces progouvernementales contre les Houthis, soutenus eux par l'Iran.

La coalition n'a pas commenté cette annonce de trêve mais a bombardé samedi soir des zones contrôlées par les rebelles notamment à Sanaa, la capitale aux mains des Houthis depuis 2014, en réponse aux attaques de la veille en Arabie saoudite.

Les rebelles ont pris le contrôle de la majeure partie du nord du pays, le plus pauvre de la péninsule arabique et voisin de la riche monarchie saoudienne.

La coalition contrôle toutefois l'espace aérien et maritime du Yémen. Alors que seuls les vols de l'ONU sont autorisés via l'aéroport de Sanaa, les Houthis posent la levée de ce "blocus" comme condition à des pourparlers.

Le Conseil de coopération du Golfe a récemment appelé à des négociations de paix à la fin du mois à Ryad, mais les Houthis ont rejeté toutes discussions se déroulant dans un pays "ennemi".

Avec près de 380.000 morts et des millions de déplacés la guerre a provoqué au Yémen l'un des pires drames humanitaires au monde selon l'ONU, une grande partie de la population étant confrontée à une faim aiguë, proche parfois de la famine.

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