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Consommer sans flinguer son éthique ?

Consommer sans flinguer son éthique ?
20 mai 2021 à 11:583 min
Par Laetitia Van Impe

“Notre futur justement”, c’est le slogan de la nouvelle campagne de promotion de l’économie sociale. Alimentation, services, seconde main, mobilité, culture, santé ou finance, l’économie sociale, c’est un emploi sur 8 et plus de 11.000 entreprises en Wallonie et à Bruxelles.

L’économie sociale, c’est une alternative économique concrète. Des entreprises dont l’objectif est d’être utile à l’intérêt général dans le respect du travailleur et de son environnement. En Belgique, l’économie sociale emploie près de 400.000 personnes, ce qui représente 12% de l’emploi. Des sociétés, coopératives et acteurs qui fleurissent et proposent de consommer autrement. Oxfam, les Petits Rien, Pro Vélo, Paysans-artisans, Crédal ou encore la Smart, l’économie sociale se déploie dans tous les secteurs.

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“Les jeunes sont de plus en plus impliqués”

Mais que sait-on vraiment de l’économie sociale ? Pour s’en rendre compte, Ivan (qui consacre 4 jeudis consécutifs à l’économie sociale, dès ce jeudi 20, entre 20 et 23 heures) est parti à la rencontre des jeunes Namurois. Et quand il s’agit de définir l’économie sociale, les mêmes mots reviennent. “Durable”, “local”, “valeurs”, “responsabilité”, “entraide”, “économie plus humaine”. Consommer autrement semble faire partie des préoccupations des jeunes adultes. “C’est vrai que économie et social, j’ai pas vraiment l’habitude de les associer. Mais je trouve que les jeunes sont de plus en plus impliqués”, explique Lucas.

Pour Arnaud et Elsa, les valeurs de responsabilité peuvent déterminer leurs comportements d’achat. “Je pense que chaque projet peut être fait tout en pensant à l’humain. Et je pense que c’est ça qu’il faut faire”. De nombreux jeunes adultes semblent favorables à une économie plus humaine. “Ce serait bien que ce soit plus poussé et que les gens aient une prise de conscience vis-à-vis de ça plutôt que de rester braqués dans l’optique économie = argent”.

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Dans leur principe de fonctionnement, les entreprises de l’économie sociale ont pour objectif de répondre à des besoins de première nécessité des citoyens avec un fort ancrage local. Parmi les principes fondateurs de ces entreprises on retrouve le développement durable mais aussi le respect du travailleur et l’insertion socioprofessionnelle. Les prises de décision sont collectives.

“Redonner une vie aux objets et aux personnes”

Pour mieux comprendre comment fonctionne concrètement une entreprise de l’économie sociale, Ivan s’est rendu à la Ressourcerie Namuroise. Depuis une quinzaine d’années, la Ressourcerie collecte les encombrants des communes avoisinant Namur en vue de leur réutilisation. “C’est plus ou moins 20 tonnes qui arrivent ici tous les jours en vue de la préparation au réemploi", explique Cécile Meyer, coordinatrice. “Quand un objet arrive, on va regarder son état, sa valeur, le travail qu’il va y avoir à faire dessus pour voir la filière qui va suivre. On a des ateliers de réparation, des ateliers vélo, des ateliers électro, une menuiserie. Notre ADN c’est la réutilisation, c’est ce qui va nous guider dans nos choix. On réutilise d’abord et tout ce qu’on ne peut pas réutiliser, ça va partir en recyclage”.

Environ 90 personnes travaillent à la Ressourcerie Namuroise. “La moitié des travailleurs sont là dans le cadre du contrat article 60 parce qu’on est une entreprise d’insertion et donc on travaille en partenariat avec les différents CPAS pour pouvoir permettre à des personnes de retrouver des compétences sur le marché de l’emploi notamment. C’est un deuxième métier, entreprise d’insertion à finalité sociale. Que ce soit l’humain, l’environnement, ou l’économique, c’est dans les valeurs de l’entreprise, c’est notre mission et notre fierté, pouvoir redonner une vie que ce soit aux matières, aux objets et aux personnes”.

Des bénefs au bénéfice de tous ?

Une fois nettoyés, réparés ou transformés, les objets traités par la Ressourcerie sont prêts pour une seconde vie, et se retrouvent à la vente dans l’une des cinq boutiques de la Ressourcerie Namuroise. “Ce sont des magasins tout ce qu’il y a de plus classiques. Un service de qualité, un service de livraison, une politique de prix et des objets de seconde main de première qualité. On boucle la boucle sur le volet économie circulaire. De la collecte aux magasins, on est dans une vraie politique qui fonctionne, économique, environnementale et humaine conclut Cécile Meyer. Comme toute entreprise, les acteurs de l’économie sociale se donnent pour objectif d’être rentables et de générer des bénéfices. Ceux-ci seront réutilisés pour renforcer les activités de l’entreprise dans le but d’augmenter son impact positif sur la société.

Pour mieux comprendre qui sont les acteurs de l’économie sociale, Ivan recevra prochainement dans son émission sur Tipik quatre acteurs de l’économie sociale. Toutes les informations sur le secteur sont sur le site economiesociale.be

 

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