Belgique

Convois dits "de la liberté" : la police rouvre les accès à Bruxelles

13 févr. 2022 à 16:17 - mise à jour 14 févr. 2022 à 16:26Temps de lecture5 min
Par Marie-Laure Mathot, Guillaume Woelfle, David Manfredini, Cynthia Deschamps et Ambroise Carton avec agences

Après La Haye et Paris ce week-end, c’est à Bruxelles que les manifestants du convoi dit "de la liberté" sont arrivés ce lundi.

La police de Bruxelles-Capitale - Ixelles a rouvert les accès à la capitale, a-t-elle fait savoir vers 16h sur Twitter. Les barrages filtrants mis en place depuis le matin sont donc levés. La circulation n'était pas encore complètement fluide sur la Petite Ceinture et aux abords du quartier européen.

Les manifestants ont commencé à se rassembler près de la place Sainte-Catherine vers 14h. Ils ont ensuite été séparés en deux groupes par les unités anti-émeute de la police. "Nous voulons nous assurer qu'ils ne puissent pas progresser plus loin dans le centre-ville", a confirmé la porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles.

Une unité de la police fédérale a été déployée pour sécuriser les accès au métro "Sainte-Catherine". 

La police locale a également confirmé que d'autres petits groupes issus du "convoi de la liberté" se "promenaient en ville", notamment au parc du Cinquantenaire.

Loading...
Environ 200 manifestants sont rassemblés sur le Cinquantenaire à Bruxelles.
Environ 200 manifestants sont rassemblés sur le Cinquantenaire à Bruxelles. © Sylvia Falcinelli
Des manifestants sont parvenus à franchir les barrages de police postés aux entrées de Bruxelles et à se réunir au rond-point Schuman.
Des manifestants sont parvenus à franchir les barrages de police postés aux entrées de Bruxelles et à se réunir au rond-point Schuman. © Martin Bilterijs

Dans le centre de Bruxelles, la police a procédé à l’arrestation de plusieurs personnes qui étaient en possession d’objets interdits comme des couteaux.

Loading...

Enfin du côté du Parlement européen à Strasbourg, réuni en assemblée plénière, on annonce que toute manifestation non déclarée sera interdite, suite à des annonces sur les réseaux sociaux selon lesquelles des manifestants avaient l’intention de mettre le cap sur Strasbourg après Bruxelles.

Du côté du Hainaut, des rassemblements étaient signalés à différents endroits ce matin, notamment dans le zoning d’Houdeng près de La Louvière, où une centaine de véhicules se trouvaient très tôt ce matin, mais aussi sur l’aire de Besonrieux. En fin de matinée, le nombre de véhicule bloqué est resté restreint sur l’aire de Besonrieux, avec seulement une dizaine de véhicules français mis sur le côté simultanément par la police.

Une dizaine de véhicules français bloquée par la police sur l’aire de Besonrieux à Houdeng.
Une dizaine de véhicules français bloquée par la police sur l’aire de Besonrieux à Houdeng. © Thomas Dechamps

La police déployée

La police est déployée aux différentes entrées stratégiques du pays et notamment autour de Bruxelles. L’objectif : éviter que des participants au convoi dit "de la liberté" ne paralysent la capitale ce matin comme certains l’ont annoncé sur les réseaux sociaux.

Après avoir été présente à la fin de la E40, où elle contrôlait les véhicules un par un, créant par la même occasion des embarras de circulation, Belga rapporte que la police a finalement fermé la sortie Reyers en provenance de Louvain jusqu’à nouvel ordre. Interrogé sur La Première ce lundi matin, Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles a déclaré que "pour l’instant on a repéré entre 400 et 500 véhicules de type voitures, camping-cars, petites camionnettes […] Une trentaine a été bloquée et les autres se sont un peu évaporés dans la nature.Le bourgmestre parle de plus d’un millier de policiers mobilisés.

La zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles a également annoncé ce lundi matin sur son compte Twitter que des barrages filtrants étaient mis en place dans et autour de Bruxelles afin d’empêcher les manifestants motorisés d’accéder au centre. La zone de police a indiqué à Belga qu’aucun incident n’était pour l’instant à déplorer.

Loading...

Les autorités belges ont annoncé interdire l’accès au centre de Bruxelles à ces convois puisqu’aucune autorisation n’a été donnée pour une manifestation dans la capitale belge. Dimanche soir, les polices locales et fédérales étaient présentes à certaines entrées stratégiques de Bruxelles pour surveiller les véhicules. Des agents étaient également présents dans différents nœuds stratégiques des autoroutes wallonnes ainsi qu’à la frontière française d’où vient une bonne partie du convoi.

Loading...

Des points de rassemblements durant la nuit

Pour aider les manifestants venus de France, des Belges ont organisé des points de rendez-vous à différents lieux stratégiques, notamment à Houdeng, à côté du zoning industriel de La Louvière. Genny, une des Belges ayant participé à la mise en place de ce lieu d’accueil, détaille ses motivations : "On s’est concerté sur les réseaux, même si on ne se connaît absolument pas. On s’est dit : "On doit faire quelque chose pour les accueillir. Pour les remercier de leur courage et de leur mouvement, qui est vraiment magique et historique." On s’est mis d’accord pour apporter des vivres et du matériel et on a signalé qu’on était ici. On les a guidés durant leur route et on accueille les courageux Français venus nous libérer."

S’ils utilisaient au départ Telegram pour se coordonner, les participants ont rapidement basculé sur Zello, une application de talkie-walkie, plébiscitée par les manifestants du convoi de la liberté.

Plusieurs centaines de français montés en Belgique pour manifester se sont rassemblés dans plusieurs points pour passer la nuit.
Plusieurs centaines de français montés en Belgique pour manifester se sont rassemblés dans plusieurs points pour passer la nuit. © Clément Lanot

Lors de cet accueil, Genny évoque une ambiance très bon enfant : "Il n’y a aucune haine. Tout le monde est heureux de se retrouver et de se rendre compte qu’il n’y a plus aucune barrière entre nous, qu’on soit riche ou pauvre, travailleur ou non. La seule chose qui compte, c’est récupérer nos libertés. Peu importe la classe sociale."

Un lieu d’accueil pour les manifestants français a été mis en place à La Louvière par des Belges.
Un lieu d’accueil pour les manifestants français a été mis en place à La Louvière par des Belges. © Clément Lanot

Pas de convois, mais des petits groupes

Selon les informations de la RTBF, une grande partie du convoi de la liberté, qui stationnait sur le parking d’une grande surface de Lille, a pris la route de la Belgique vers 20h30 hier soir. Ce trajet se serait fait par petits groupes en évitant les autoroutes.

Selon France Bleu Nord, plus de 1300 véhicules se trouvaient sur ce parking en début de soirée. Une majorité de ce groupe était en route vers une aire d’autoroute du Hainaut où ils comptaient se rassembler tard dans la soirée pour organiser la suite des opérations.

À 22 heures ce dimanche, entre 50 et 100 voitures se trouvaient sur cette aire d’autoroute qui n’était pas assez grande pour pouvoir accueillir un millier de véhicules. Des policiers y étaient également présents.

"Si nous croisons des personnes participant au convoi, nous les approchons et les informons. Les chauffeurs reçoivent un dépliant expliquant ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire", déclarait dimanche la porte-parole de la police fédérale An Berger.

À noter que la police n’interviendra qu’en cas d’absolue nécessité. "Dans un premier temps, nous agissons de manière administrative. Ce n’est qu’en dernier recours et en concertation avec le parquet que nous passons à l’étape judiciaire."

De nombreux barrages ont été mis en place de manière préventive pour filtrer les véhicules se dirigeant vers Bruxelles.
De nombreux barrages ont été mis en place de manière préventive pour filtrer les véhicules se dirigeant vers Bruxelles. © Tous droits réservés

De nombreux véhicules français ont ainsi été interrompus à la frontière par le corps d’intervention de la police fédérale, comme en témoignent certains automobilistes : "On est bloqué là depuis 6 heures du matin parce qu’on a une plaque française et que Bruxelles ne veut apparemment pas de nous chez eux. Les policiers compatissent à notre situation. On a passé la nuit dans la voiture pour arriver rapidement. Il y avait des rumeurs que les frontières allaient fermer et on voulait vraiment être là. Bruxelles, c’est symbolique."

Un autre raconte la difficulté pour les grands groupes de se déplacer : "On voit des petits groupes sur toutes les stations et sur toutes les aires de repos. Mais comme la police les bloque un peu partout, ça devient difficile de passer."

Les contrôles sont amenés à se prolonger pour le reste de la journée et probablement durant une partie de la nuit prochaine.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous