COP26 : que contient le texte sur la table des négociations entre les États ?

Un symbole COP26 photographié lors de la conférence mondiale pour le climat, à Glasgow, le 9 novembre 2021.
13 nov. 2021 à 15:58Temps de lecture4 min
Par Maxime Fettweis avec agences

La présidence britannique de la COP26 tentait samedi de défendre son projet qui selon elle "fait réellement avancer les choses", alors que plusieurs points controversés notamment sur l’aide aux pays pauvres menaçaient de faire dérailler la conclusion d’un accord destiné à freiner le réchauffement de la planète.

Un nouveau projet de déclaration finale de la conférence mondiale sur le climat publié par la présidence britannique n’a pas débouché sur les avancées espérées et une nouvelle séance plénière annoncée pour la mi-journée n’a même pas pu commencer.

Sous le regard des caméras, mais sans son, l’émissaire américain John Kerry et le vice-président de la Commission européenne se sont entretenus pendant de très longues minutes avec divers groupes de pays en développement à l’intérieur de la salle plénière, tandis que le président de la COP26 Alok Sharma attendait à la tribune.

"Ce que nous avons mis sur la table est un ensemble équilibré" et qui "fait réellement avancer les choses pour tout le monde", a finalement déclaré le président en ajournant cette session à plus tard dans la journée.


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Alors que contient le texte et pourquoi ça coince ? Éléments de réponse.

L’aide aux pays pauvres amoindrie

Après un marathon de deux semaines de négociations qui a déjà débordé de près de 24 heures, Londres espérait malgré tout toujours conclure samedi la COP26 en "gardant en vie" l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Alors que le monde se trouve toujours, selon l’ONU, sur la trajectoire "catastrophique" d’un réchauffement de +2,7 °C, le nouveau texte préserve les avancées de cette COP en matière de réductions d’émissions et sur les énergies fossiles, principales sources de gaz à effet de serre.

Mais il n’apporte pas de progrès sur le dossier au cœur des tensions de ces derniers jours de négociations, l’enveloppe financière pour aider les pays les plus pauvres – les moins responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts. C’est, l’un des points d’accroche qu’avait mentionné la ministre belge de l’Environnement, Zakia Khattabi, au micro de la RTBF.

"Un forum de bavardages incessants"

Les pays en développement avaient notamment demandé un mécanisme spécifique de prise en compte des "pertes et préjudices", c’est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.

Mais pour Mohamed Adow de l’ONG Power Shift Africa, "le texte a été affaibli" par rapport à une précédente version publiée jeudi, expurgée d’une référence déjà considérée minimale à un système d’appui "technique". "Les pays riches poussent vers un système qui aboutirait à un forum de bavardages incessants" avec la passivité de la présidence britannique, a-t-il dénoncé.

Selon plusieurs observateurs et sources proches des négociations, les pays riches, et notamment les Etats-Unis et l’UE, ont fait barrage à cette proposition. "L’UE est prête à aider à jeter des ponts", a assuré samedi le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, notant toutefois que les Européens avaient "substantiellement" augmenté leur contribution financière.

Le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77 + Chine (plus de 100 pays en développement et émergents), avait encore insisté vendredi pour qu’un tel mécanisme figure dans le texte, rappelant que la proposition émanait "de la totalité du monde en développement", grands pays émergents compris.

Les discussions sont compliquées par la méfiance des pays pauvres, puisque les pays riches n’ont toujours pas tenu leur promesse faite en 2009 de porter à partir de 2020 leur aide climat au Sud à 100 milliards par an.

Les énergies fossiles moins ciblées

Autre point très controversé, la mention inédite dans un texte à ce niveau des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète et qui ne sont même pas citées dans l’accord de Paris, est préservée dans cette troisième version du projet de déclaration, au grand dam des pays producteurs.

Mais de version en version la portée du texte a été amoindrie. Il appelle désormais les pays membres à "accélérer les efforts vers la sortie de l’énergie au charbon sans systèmes de capture (de CO2) et des subventions inefficaces aux énergies fossiles".

La première déclaration ne comportait notamment pas les termes "efforts" et "inefficacité".

"Il va falloir se battre comme des dingues pour conserver ça dans le texte alors qu’une poignée de pays essayent de l’en enlever", a commenté la directrice de Greenpeace international, Jennifer Morgan.

Les objectifs de réductions des émissions de CO2 maintenus

Sur les émissions de gaz à effet de serre, le nouveau texte reprend sans changement l’appel aux Etats membres à relever leurs engagements de réductions plus régulièrement que prévu dans l’accord de Paris, et ce dès 2022.


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Mais avec la possibilité d’aménagements pour "circonstances nationales particulières", point rajouté vendredi lors des négociations et qui avait provoqué des critiques des ONG sur la réelle ambition des pays à limiter la hausse des températures.

Les délégations aimeraient d’autre part enfin venir à bout des discussions sur le dernier reliquat des règles d’utilisation de l’accord de Paris, en particulier sur le fonctionnement des marchés carbone. Les négociations sur cet article très disputé n’avaient pu aboutir aux deux dernières COP.

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