Coronavirus

"Coronaparty" dans les kots de Louvain-la-Neuve : prise de risque sanitaire et financière de la part des étudiants

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22 sept. 2020 à 14:15 - mise à jour 22 sept. 2020 à 14:15Temps de lecture2 min
Par Clément Larue avec Valentin Boigelot

Fêtes étudiantes - des soirées à l abri des regards

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Seconde semaine académique 2020-2021 sous le signe du coronavirus à Louvain-la-Neuve. Peuplée majoritairement d'étudiants, la ville rime souvent avec guindaille et vie en kot, chose qui demande une certaine discipline en ce qui concerne les mesures sanitaires actuelles. 

Les cercles de l'UC Louvain (UCL) organisent des fêtes permettant de vivre la guindaille tout en respectant les conditions de bulle et distance sociale, de service à table et heures strictes de fermetures. La hausse des cas a poussé certains cercles à fermer leurs portes jusqu'à nouvel ordre. Mais d'autres, comme le Cercle Industriel restent ouverts et encouragent à éviter les débordements que peuvent générer les soirées en kot. "Venez pratiquer la guindaille comme on le peut selon les règles en vigueur et encadrées par l'UCL, soyons responsables !", comme le clame Axel Bosly.

Cependant, certains étudiants louvanistes se retrouvent tout de même dans certains kots afin de faire la fête. Comme le confirme deux étudiantes, Éloïse et Emma : "On va faire ça en comité restreint dans un kot, mais sans masque, sans distances. Lorsque c'est des amis proches personne ne se pose de questions, en revanche on est très méfiants envers les gens que l'on connait moins."

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La responsabilité de chacun est mise en avant dans une relation de confiance entre amis et connaissances : "Je me sens mal à l'aise si il y a trop de monde rassemblé à un endroit, je fais attention quand je ne connais pas. Des amis à nous ont pensé avoir eu le Covid, ils se sont fait testé immédiatement et avertissent les personnes avec qui ils ont été en contact afin que tout le monde puisse se mettre en quarantaine."

Malheureusement, d'autres étudiants confirment que cette vigilance comporte plusieurs inattentions : "En fin de soirée, avec l'alcool, on ne fait plus toujours attention et on devient tactile, on se retrouve parfois à 20 ou 30 dans des kots qui sont des endroits assez exigus", confie Basil, étudiant à l'UCL. On en arrive parfois à des situations relevant de l’inconscience : "J'ai déjà entendu des histoires d'étudiants qui pensaient avoir le Covid mais continuaient à sortir, pensant ne pas contaminer d'autres personnes. Et des gens, même sachant que leur hôte est potentiellement infecté, se rendent quand même à la soirée en question."

Des risques financiers et judiciaires conséquents

Les personnes positives qui ne respectent pas la quarantaine et ne préviennent pas les personnes qu'elles ont côtoyé s'exposent à plusieurs sanctions.

Au micro de la RTBF, l'avocat et professeur de droit à l'ULG, Adrien Masset explique les poursuites encourues :"Au niveau fédéral et de la Région wallonne : une amende jusqu'à 4000€ ainsi qu'un emprisonnement allant jusqu'à trois mois. Dans le premier cas via un tribunal de police, dans le second via un tribunal correctionnel. Et si la commune ou ville a pris une disposition dans son règlement communal, on peut écoper d'une amende administrative de 250€."

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