Coronavirus à Louvain-la-Neuve : quand la VRT épingle les comportements à risque des étudiants

Les étudiants l'expliquent: ils ont du mal à respecter les mesures de sécurité.

© VRT

13 oct. 2020 à 10:35 - mise à jour 13 oct. 2020 à 10:35Temps de lecture4 min
Par RTBF

"Quand j’arrive, je fais comme d’habitude. Bonjour maman, je te fais la bise ? Et du coup, il n’y a aucune réflexion de ma part vis-à-vis de ça", à savoir le coronavirus et la transmission très rapide de la maladie. Ce contact mère-fille se fait alors sans masque dans un contact rapproché.

Ce témoignage est extrait de l’émission "Terzake", diffusé lundi soir par la VRT. Il a été tourné auprès d’étudiants sur le campus de l’UCL, à Louvain-la-Neuve, à quelques heures de la mise en place d’un couvre-feu nocturne sur l’ensemble du territoire du Brabant wallon.

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Le reportage montre les jeunes dans leurs interactions, sur le site de l’université et la difficulté, pour eux, de respecter scrupuleusement et en tout temps les gestes barrières, indispensables pour freiner la propagation du coronavirus. Avec leurs amis en semaine, avec leurs kokoteurs ou le week-end avec leur famille, pas évident de maintenir des distances. On le constate d’ailleurs dans le reportage : à peine l’interview terminée avec la journaliste de Terzake, les étudiants s’embrassent. Les précautions élémentaires sont oubliées.

La province du Brabant wallon va instaurer un confinement nocturne dès cette nuit de mardi à mercredi. Cible principale : les étudiants qui seraient tentés, à Louvain-La-Neuve, de se circuler d’un kot à un autre pour "faire la fête". Mais faut-il pour autant incriminer les jeunes dans la récente et rapide diffusion du Covid-9 dans certaines régions de notre pays ?

Certains préfèrent nuancer. Covidata, groupe de chercheurs de l’UCLouvain, "nous cherchons, mais ne trouvons pas d’évidence claire dans les données Sciensano pouvant soutenir l’hypothèse que les jeunes seraient davantage responsables de l’augmentation de l’épidémie".

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Graphiques à l’appui, Covidata indique que "depuis le mois de juillet, il y a une stabilité de l’âge moyen des cas positifs. Cette stabilité s’observe aussi dans les proportions de cas dans les classes d’âge. Pas de changement significatif dans les proportions depuis la rentrée. Les cas positifs semblent avoir augmenté proportionnellement aux mêmes moments dans toutes les tranches d’âge."

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En Belgique, on ne dispose pas de données d’âge relatives cette fois aux hospitalisations. "Nous nous tournons donc vers les données de la France", tweete Covidata en poursuivant son raisonnement. "L’âge moyen des hospitalisations est relativement stable autour de 70 ans. Il y a eu un léger rajeunissement d’un an peu après la rentrée, mais rattrapé depuis." Conclusion pour la France : "La proportion des tranches d’âges dans les hospitalisations en France semble aussi assez constante dans le temps."

Reste que, chez nous, la grande difficulté, pour cerner la situation des campus universitaires et de la propagation du virus parmi les plus jeunes, réside aussi dans le recensement des cas. Comme expliqué ce lundi soir dans l’émission CQFD (La Première), "les autorités sanitaires répertorient les cas en fonction du lieu de domicile et pas de résidence. Autrement dit, un étudiant domicilié chez ses parents mais résidant à l’université, s’il est testé positif, sera comptabilisé dans la commune du domicile familial."

La difficulté d’obtenir des données précises

Les universités se contentent dès lors d’additionner les déclarations spontanées des étudiants contaminés. L’UCLouvain compterait ainsi 600 étudiants positifs, sur ses six campus. Cela représente environ 2% des inscrits, ce qui est dans la moyenne des autres universités.

Selon les autorités, "on peut estimer qu’il y a un fort taux d’incidence dans la population étudiante", concède Julie Chantry (Ecolo), bourgmestre de d’Ottignies-Louvain-la-Neuve (Ecolo), pointant du doigt les soirées. Celle-ci regrette d’ailleurs de ne pas pouvoir disposer de données plus précises.

Fin septembre, toutefois, le centre de crise l’expliquait avec insistance : le virus continue de progresser, principalement chez les jeunes. A cette période, la moitié des contaminations (près de 1500 par jour en moyenne) concernaient des jeunes de moins de 33 ans.

Les adolescents et les jeunes adultes sont surtout à plaindre

Dans la DH de ce week-end, Bernard Devos, le délégué général aux droits de l’enfant a regretté les discours stigmatisant la jeunesse. "Depuis le début de cette crise, les adolescents et les jeunes adultes sont surtout à plaindre", dit-il.

Il ajoute : "La jeunesse, c’est le moment des expériences et des découvertes et ça demande de la mobilité et la possibilité de faire des rencontres. C’est crucial. Il n’y a rien d’étonnant à ce que certains jeunes adoptent des conduites qui ne sont pas adéquates vu les conditions. Je pense notamment aux étudiants qui sont privés de fêtes et de baptêmes alors que ces moments sont des rites de passage importants."

Bernard Devos déplore un conflit de générations. "Chaque génération estime que la suivante est plus bordélique et moins respectueuse que la sienne. Les jeunes constituent des boucs émissaires traditionnels dans une société", dit-il, tout en accusant nombre d’adultes d’avoir également négligé les règles de base en matière de gestes barrières.

Coronavirus à Louvain-la-Neuve: sujet du JT du 10/10/2020

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