Coronavirus : "Apprendre à vivre avec le virus", une mission d'envergure pour le successeur du GEES

"Apprendre à vivre avec le virus", une mission d'envergure pour le successeur du GEES

© POOL CHRISTOPHE LICOPPE - BELGA

Après des mois intenses de gestion du déconfinement, le gouvernement souhaite engager un virage. Fini le groupe d’experts en charge de l’Exit Strategy (GEES), place à un conseil consultatif focalisé sur la gestion du risque en lieu et place de la gestion de crise.

Ils murmuraient à l’oreille des politiques et occupaient le terrain médiatique au début du déconfinement. Désormais, les membres du GEES vont pouvoir souffler. Si l’instance n’est pas encore officiellement enterrée – "c’est au gouvernement que revient cette charge", plaide Marius Gilbert, l’un de ses membres –, l’infectiologue à l’ULB reconnaît qu’une page se tourne : "il est clair que beaucoup de mes collègues avaient exprimé l’envie d’arrêter car les enjeux aujourd’hui sont différents et sortent de leur domaine de compétence."

"On va sortir du tout virologue"

A en croire la rhétorique politique tenue ce jeudi lors du CNS, le temps n’est plus à combattre le virus, mais à "apprendre à vivre avec". Un changement de paradigme qui implique pour les autorités un changement d’instance consultative. Elle n’a pas encore de nom, mais contrairement au GEES, elle sera composée de membres au profil plus hétérogène. "On va sortir du tout virologue", souffle un ministre. Seront conviées des personnalités qualifiées en matière de gestion des risques, des hommes et des femmes à même de formuler des propositions qui auront vocation à durer dans le temps. "Ce n’est plus possible de changer les règles toutes les deux semaines, il faut permettre aux opérateurs économiques d’y voir plus clair", explique un membre éminent du CNS.


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Car là est tout l’enjeu de ce conseil consultatif. Rendre compatible le retour au travail et la limitation de la propagation du virus. "On assiste déjà à des drames, des faillites, des suicides, il n’est plus envisageable d’exclure des secteurs entiers de l’économie", insiste-t-on au sein d’un ministère. Dans cette optique les mesures actuelles, à commencer par la bulle sociale, seront questionnées par cette nouvelle instance. Souplesse et réalisme seront les maîtres mots. "On ne peut pas vivre sous cloche pendant des mois", explique ce même ministre, qui entend bien s’appuyer sur les travaux de ce nouveau panel d’experts dès le prochain CNS prévu pour la mi-septembre.

"Leur mission est de nous conseiller, pas de négocier avec nous"

Le temps presse et, de bonne source il nous revient que le casting est en cours pour dénicher "the right man at the right place" (la bonne personne au bon endroit). Des personnalités qui pourraient bien se voir défrayés, là où les membres du GEES œuvraient à titre gracieux. Seulement, contrairement à leurs prédécesseurs qui ne manquaient pas de faire entendre leurs voix parfois dissonantes dans les médias, il sera demandé aux futurs experts de "la vie avec le virus" de se montrer plus discrets et solidaires des autorités politiques : "leur mission est de nous conseiller, pas de négocier avec nous." Les voilà prévenus. La cohabitation tendue entre les personnalités politiques et les membres de feu le GESS est passée par là.

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