Coronavirus: comment se déroulent vos vacances dans les hôtels all-in?

Majorque : des vacances all-in à l'ère post-covid ?

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10 juil. 2020 à 17:18Temps de lecture4 min
Par François Mazure

Depuis trois mois, les hôtels du monde entier n’ont qu’une obsession : parvenir à accueillir à nouveau les touristes sans pour autant se transformer en hôpital ou en laboratoire de haute sécurité. La question qui les hante est un véritable casse-tête : comment rassurer les visiteurs et assurer leur sécurité en limitant au maximum les contraintes des mesures de protection et de distanciation sociale ?

Pour comprendre comment ces vacances " post-covid " se déroulent concrètement, nous avons visité les installations d’une chaîne d’hôtels espagnols, sur l’île de Majorque dans les Baléares. Après une phase test et de longues expérimentations, les portes de certains de leurs établissements ont pu rouvrir et accueillir les premiers touristes.

Xisco Martinez, le directeur commercial du groupe Iberostar nous accueille à l’entrée pour une visite guidée : "Nous avons installé un tapis enduit d’un produit désinfectant pour les chaussures. Les visiteurs doivent impérativement y passer et se désinfecter les mains. Ensuite, nous demandons aux visiteurs de se diriger vers l’enregistrement pour une procédure simplifiée "

Au check-in, le mot d’ordre est d’éviter à tout prix les contacts. Les clients sont ainsi invités à s’identifier en ligne au préalable. Fini la paperasse, l’enregistrement se fait via une tablette, derrière de grands panneaux de plexiglas. Le seul contact tactile entre l’employé de réception et le client est la remise de la carte magnétique.

Au check-in, les contacts sont limités et l’enregistrement se fait derrière de grands panneaux de plexiglas.
Au check-in, les contacts sont limités et l’enregistrement se fait derrière de grands panneaux de plexiglas. © Marco Saccomanno (RTBF)

Des petits détails à intégrer

Aux abords de la piscine, deux mètres de distance séparent les transats. Ceux-ci sont désinfectés de fond en comble après chaque utilisation. Les touristes doivent rester dans leur bulle, comprenez au sein de la famille ou du groupe avec lequel ils sont arrivés.

Durant son bain de soleil, Claude, venu de Liège avec sa femme et sa fille, nous confie : "Finalement, il n’y a pas grand-chose qui change. Certes, les mesures de sécurité sont renforcées mais cela se passe très bien. En réalité, ma vie est comme en Belgique sauf qu’ici je suis en vacances". Et son épouse, Sandra, employée dans la grande distribution d’ajouter : "vu ce que je côtoie toute la journée, au nombre de personnes qui viennent dans les supermarchés et qui ne respectent pas forcément ce qu’on leur dit de faire, je crois que ce n’est pas pire ici. Je suis même certaine que ce n’est pas pire !"

Des vacances presque normales donc avec toutefois toute une série de petits détails à intégrer. Pour les rafraîchissements, interdiction de toucher le bar. Les serveurs et serveuses ont d’étranges masques transparents qui leur permettent de communiquer sans postillonner. Pour le reste, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait ses boissons.

Les transats sont désinfectés après chaque utilisation
Les transats sont désinfectés après chaque utilisation © M. Saccomanno (RTBF)
Mesures de sécurité renforcées aux abords des piscines.
Mesures de sécurité renforcées aux abords des piscines. © Marco Saccomanno (RTBF)

L'organisation des buffets

Et puis, vient la question que tout le monde se pose: comment s’organisent les fameux buffets dans les hôtels all-inclusive ? C’est là que les technologies entrent en scène. Des capteurs ont été placés aux entrées et aux sorties des espaces buffets pour comptabiliser le nombre de touristes présents en même temps dans la salle.

S’il y a moins de quarante personnes, le client peut entrer en ayant pris soin de se désinfecter les mains et de porter son masque. Si c’est plus de quarante personnes, alors il faut patienter avant de pouvoir entrer. Ainsi, pour éviter que tout le monde arrive en même temps, l’hôtel a organisé aux heures de repas des tranches horaires de 30 à 45 minutes durant lesquelles les familles ont le droit d’entrer. Elles doivent suivre un sens de circulation bien précis avec une entrée et une sortie.

En outre, fini le self-service, il faut attendre qu’un serveur transmette l’assiette sur un petit support, de nouveau, pour éviter tout contact. Tout cela prend bien sûr un peu plus de temps, mais les touristes s’y habituent rapidement. Olivier, un informaticien originaire de Libramont venu passer quelques jours au soleil en famille nous indique : "C’était assez particulier la première fois mais on s’y fait très vite. Et pour un buffet, c’est même mieux de ne pas se servir soi-même, ça permet de ne pas faire du gâchis".

Au buffet, fini le self-service !
Au buffet, fini le self-service ! © Marco Saccomanno (RTBF)
pour le service, il s'agit de mettre des pincettes
pour le service, il s'agit de mettre des pincettes © Marco Saccomanno (RTBF)

Que faire si le Covid19 franchit les portes de l’hôtel ?

Reste une question sensible, que faire si le Covid19 franchit les portes de l’hôtel ? La direction a prévu cinq à six chambres de libres dans chaque établissement. Ces chambres ont été équipées de matériel médical et vidée de toute décoration superflue.

Si un client présente des symptômes de la maladie, il doit s’isoler dans l’une de ces chambres avec l’ensemble des membres de sa "bulle" ainsi que toutes les personnes qu’il a côtoyées à l’hôtel durant son séjour. Ceux-ci restent isolés jusqu’au moment où les autorités sanitaires locales prennent le relais pour tester et éventuellement les mettre en quarantaine les touristes.

Pour les agences de voyages, cette reprise du tourisme, même partielle, est un immense soulagement.
Pour les agences de voyages, cette reprise du tourisme, même partielle, est un immense soulagement. © Marco Saccomanno (RTBF)

Sur place, une équipe de Neckermann a fait le déplacement pour constater de leurs propres yeux les mesures prises par cet hôtel qu’ils proposent à leurs clients. Ce réseau d’agence de voyages vient de vivre les pires dix derniers mois de son histoire.

Après la faillite de Thomas Cook et la nécessaire restructuration, il a fallu affronter le Covid19 et la paralysie totale du secteur depuis la mi-mars. Autant dire que pour son CEO Laurent Allardin, cette reprise, même partielle, est un immense soulagement : "On attendait ça depuis trois mois et on se demandait vraiment comment cela allait se passer. Et puis en venant ici et envoyant tous les efforts qui ont été faits, on est rassurés et impatients que les touristes reviennent".

Il s’agissait d’être prudent pour relancer le tourisme cet été. Tout faire pour rassurer le public dans ce contexte si particulier. Un été 2020 dont on se souviendra toujours comme celui du ciel, du soleil et des mesures sanitaires…

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