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Coronavirus : du prosecco au chianti, le vin italien boit la tasse

Coronavirus : du prosecco au chianti, le vin italien boit la tasse.
28 avr. 2020 à 16:00Temps de lecture2 min
Par RTBF TENDANCE avec AFP

La péninsule s'enorgueillit d'être le premier producteur mondial de vin. Une grande partie est vendue à l'étranger, ce qui a permis au pays d'engranger l'an passé 6,4 milliards d'euros (contre 9,8 milliards pour la France, qui reste le premier exportateur en valeur).

Les ventes aux hôtels et restaurants proches de zéro

Mais "depuis un mois et demi, tout un canal de distribution, celui des hôtels, restaurants, traiteurs et cafés, est fermé en Italie. Puis progressivement, il s'est fermé dans le reste de l'Europe et outre-Atlantique" à cause des mesures de confinement "et les ventes de prosecco via ce canal sont désormais quasiment nulles", se désole Lodovico Giustiniani, président de l'organisation agricole Confagricoltura en Vénétie (nord-est).

"L'autre canal, celui de la grande distribution (supermarchés), fonctionne encore, mais il ne peut compenser les ventes d'un canal complètement à l'arrêt", note-t-il.

Dans le Piémont (nord-ouest), l'inquiétude est également vive. Pour le barolo, la situation "est très critique car il est vendu à 90% dans la restauration mondiale, aujourd'hui fermée", explique Paolo Boffa, président de la coopérative Terre del Barolo. Le barolo a misé depuis plusieurs décennies sur "la qualité maximale" et a été promu sur les cartes des meilleurs restaurants du monde, note-t-il. Mais ce qui était une force se révèle une faiblesse aujourd'hui.

Des producteurs au bord de l'asphyxie

Les producteurs, où qu'ils soient, réfléchissent aux mesures pouvant être prises alors que la prochaine vendange aura lieu dans quelques mois. Où la mettre alors que les caves sont encore pleines ? Les producteurs de barolo demandent à pouvoir stocker en dehors de la zone de production traditionnelle, ce qui leur est normalement interdit.

Ils réfléchissent aussi, comme les producteurs de prosecco, à réduire la production de leurs vignes. Une décision "drastique" que le Consortium du vin chianti a, lui, déjà prise, en abaissant sa production de 20% au risque d'entraîner de "graves dommages économiques pour les entreprises", selon son président, Giovanni Busi.

Alors que selon lui, de nombreux producteurs "sont au bord de la faillite", il déplore "la distance abyssale entre les annonces innombrables faites par le gouvernement (...) et la réalité" vécue par les entrepreneurs, "qui se voient claquer la porte au nez par les banques".

Distillation : une piste crédible ?

Certains producteurs envisagent par ailleurs de distiller une partie de la production, afin de la transformer en alcool (éthanol), qui pourrait par exemple être utilisé pour la fabrication de gel hydroalcoolique.

Les coopératives viticoles françaises, italiennes et espagnoles ont demandé à l'Union européenne "l'ouverture sans délai d'une distillation de crise européenne de 10 millions d'hectolitres dotée d'un budget exceptionnel européen de 350 millions d'euros".

La solution pourrait tenter des producteurs dont le vin se conserve peu, à l'image du prosecco, un "vin très jeune" que "l'on ne peut pas faire vieillir comme on le fait avec les vins rouges", souligne M. Giustiniani. Une éventualité exclue en revanche pour les vins haut de gamme comme le barolo, qui peuvent se garder.

Alors que le gouvernement italien a fixé au 1er juin l'éventuelle réouverture des bars et restaurants, la filière, souligne M. Boffa, y voit "une grande et belle nouvelle", même si elle craint une faible affluence du fait de l'inquiétude d'être contaminé.

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