Chroniques

Coronavirus en Belgique : assouplir les mesures ? L'idée sent le sapin

Assouplir ? L'idée sent le sapin

© Tous droits réservés

14 déc. 2020 à 08:21 - mise à jour 14 déc. 2020 à 08:26Temps de lecture3 min
Par Bertrand Henne - Les coulisses du pouvoir

Ce vendredi un comité de concertation réunit les différents gouvernements. Au menu l’examen des chiffres et d’éventuels assouplissements. Mais vu l’évolution récente de l’épidémie c’est peu probable. Le ton est même plutôt à la sévérité. L’idée même d’assouplir commence à sentir le sapin (de Noël).

Noëlistes "vs" stricts

Entre les "noëlistes", ceux qui voulaient assouplir pour Noël, où on retrouvait surtout le MR, mais aussi discrètement le PS, et encore plus discrètement un peu Ecolo, et les "stricts" ou l’on retrouve tous les partis flamands y compris la N-VA, le bras de fer semble plié. Les "noëlistes" ont perdu.

Car les cas recommencent à augmenter légèrement, et les admissions à l’hôpital stagnent. Si on écoute Marc Van Ranst, virologue star en Flandre et membre à nouveau du groupe d’experts qui conseille le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, il faudrait donc annoncer des mesures plus sévères. Si la courbe ne s’améliore pas dit-il, il faudra revenir avec des mesures similaires à celle du printemps, fermeture des écoles, et de certains commerces.

Sévérité aussi du côté du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, qui estime qu’il faudrait des amendes plus fortes pour éviter les lockdown parties. Plusieurs ont été démantelées ce week-end. Le ministre de la Justice s’estime favorable à ce que ce genre d’infraction soit systématiquement poursuivie par le parquet pour permettre des peines plus dures que l’actuelle amende de 250 euros.

La Belgique entourée de pays "dangereux"

Le contexte international ne va pas aider les "noëlistes" non plus. Avec l’Allemagne, mais aussi les Pays-Bas, le Luxembourg, trois pays frontaliers où l’épidémie est hors de contrôle. La Belgique a un peu un problème de luxe, elle se retrouve parmi les bons élèves de la classe au niveau européen. Et donc l’idée fait son chemin d’exiger un test pour toute entrée sur le territoire.

Pour l’instant les voyages sont déconseillés, la quarantaine est obligatoire en retour de zone rouge mais très peu appliquée.

Enfin, motif d’inquiétude, des pays qui avaient réussi à gérer l’épidémie comme l’Allemagne ou le Danemark sont en train de connaître une deuxième vague très forte.

Bref, pas grand-chose ne plaide pour un ou des assouplissements. D’ailleurs ceux qui côté francophone les réclamaient il y a encore une semaine, ne semblent pas revenir à la charge.

Sondages

Les derniers sondages ne plaident pas non plus pour des assouplissements. Le sondage RTL-Le Soir montre que près de 78% des Belges comptent respecter les règles. 70% craignent une troisième vague, 78% souhaitent l’interdiction des voyages à l’étranger.

La tendance "stricte" semble donc bel et bien majoritaire dans la population. Par contre il est vrai que les Wallons et les Bruxellois sont généralement un peu moins stricts que l’opinion flamande. Par exemple, le couvre-feu à Noël est justifié pour 67% des Flamands et seulement pour 47% des Wallons. Cette différence dans la sensibilité de l’opinion explique sans doute les positionnements différents des partis entre nord et sud. Et pourtant même côté francophone le sondage ne montre pas un décrochage de la population, qui semble très majoritairement comprendre la nécessité des mesures sanitaires.

La posture "noëliste", en faveur d’assouplissement ne semble donc pas justifiée d’un point de vue sanitaire, ni du point de vue de l’opinion publique.

Sauf inversion spectaculaire de la tendance, la fin de semaine ne devrait pas être à l’origine d’un nouveau bras de fer politique autour de Noël. Par contre la nouvelle discussion qui risque de crisper est celle de la nature des mesures. Si le pic de la deuxième vague semble derrière nous, l’espoir de descendre à un niveau qui permet de déconfiner semble de plus en plus lointain. Sophie Quoilin, épidémiologiste de Sciensano, estimait même dans Le Soir de cette semaine que l’on ne déconfinerait pas avant le printemps.

Les mesures actuelles sont elles faites pour durer jusqu’au printemps ? Faut-il réadapter la stratégie ? Est-il encore debout le chêne ou le sapin du cercueil du confinement ?

La Première: Les coulisses du pouvoir, chronique de Bertrand henne (LP 14/12/2020)

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous