Coronavirus en Belgique : "Au niveau national, le pic pourrait être derrière nous" selon le centre interfédéral de crise

Masque obligatoire à Ixelles en août 2020, et tests réalisés à Anvers le 05 août.
17 août 2020 à 07:46 - mise à jour 17 août 2020 à 11:31Temps de lecture5 min
Par K.D.- RTBF

Comme tous les lundis, Sciensano organisait le point presse du Centre interfédéral de crise afin de rendre compte des dernières informations sur l’épidémie de coronavirus en Belgique.

Le bilan : Les nouvelles contaminations au coronavirus ralentissent et baissent légèrement, selon les dernières données diffusées par l’institut de santé publique Sciensano. Le nombre des décès et des hospitalisations augmentent. La tendance observée depuis plusieurs jours se confirme.

Situation au lundi 17 août :

Coronavirus en Belgique : les chiffres de l'évolution de l'épidémie au 17/08/2020

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Bruxelles et Anvers sous la loupe

Steven Van Gucht et Frédérique Jacobs commencent leur communication par la situation épidémiologique dans la province d’Anvers et la région Bruxelles-Capitale. Il y a pour le moment 574 nouvelles contaminations en moyenne par jour en Belgique. Le chiffre n’augmente plus, et nous assistons même à une diminution. 5% notamment par rapport à la semaine précédente.

Le nouveau pic de l’épidémie (qui est repartie à la hausse depuis fin juillet) serait derrière nous et le centre de gravité de l’épidémie se déplace d’Anvers, qui compte une moyenne de 160 nouveaux cas par jour (-24% par rapport à la semaine précédente) à Bruxelles. La capitale connaît une augmentation des cas (actuellement de 122 cas recensés par jour).

Le taux de positivité à Bruxelles est haut : 6,7% – cela veut dire que 6,7% des personnes testées sont positives au coronavirus —. Sciensano précise que dans deux jours environ, le total hebdomadaire dépassera celui d’Anvers.

Les virologues soulignent que la "situation évolue très favorablement dans les autres provinces". Ce n’est que dans les deux Brabant et dans la province de Luxembourg que l’on assiste à une faible augmentation.

Au niveau national, le pic pourrait bien être derrière nous

Le nombre d’hospitalisations augmente lui aussi lentement (+ 29%). "Cette augmentation est conforme à ce qu’on attendait et devrait se poursuivre" précise Frédérique Jacobs. La situation dans les hôpitaux est sous contrôle. Le plus grand nombre de patients sont admis dans les hôpitaux de la capitale et à Anvers (la moitié environ des patients de Belgique). La moyenne actuelle des décès est de 8 par jour. C’est en augmentation mais ils pourraient être aussi liés à la chaleur ou au pic d’ozone. Les conclusions pourraient bientôt être tirées maintenant qu’est passée la canicule.

Précisons que les chiffres présentés sont des chiffres consolidés, qui s’arrêtent quatre jours avant la date de la conférence de presse (pour que le délai d’analyse soit exact).


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Quid d’un possible retard dans les chiffres à cause du week-end de l’Assomption ?

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Point sur la situation chez les adolescents :

Coronavirus en Belgique : le point sur la tranche d'âge des adolescents

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Situation dans les homes

Particulièrement touchées pendant la première vague, les maisons de repos ont connu un répit par la suite. Mais Frédérique Jacobs constate une apparition récente de nouveaux "clusters".


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Des nouveaux foyers ont été détectés depuis une semaine ou deux à Wijnegem, à Malines, à Namur, à Liège et à Bruxelles. "Il est difficile d’empêcher au virus de rentrer complètement dans les maisons de repos" et la virologue de préconiser une vigilance soutenue et des tests réguliers pour les soignants et résidents.

Coronavirus en Belgique : vers une nouvelle flambée dans les maisons de repos ?

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Retour de vacances

Antoine Iseux parle, lui, des vacances d’été. Il appelle à toutes les personnes revenant de l’étranger à suivre les procédures.

Tout d’abord : – remplir le formulaire passager. Ce formulaire du SPF santé publique est à remplir dans les deux jours avant le retour (via info-coronavirus.be). 617.000 formulaires ont déjà été introduits depuis fin juillet.

- Surveiller les codes couleurs des régions où vous vous êtes rendus :

Petit rappel de ces couleurs.

- Zone verte : situation non problématique, pas de précaution spécifique à prendre au retour

- Zone orange : vigilance accrue au retour. Surtout si sur place on a eu des comportements à risque (fête de mariage…). Le spécialiste conseille de "surveiller les symptômes. Au moindre doute, contactez votre médecin traitant pour qu’il puisse vous faire passer un test.

- Zone rouge : Ce sont les régions européennes dans lesquelles le taux de contamination est le plus problématique pour le moment. Les affaires étrangères considèrent aussi que la zone rouge couvre les pays hors Schengen.

Il existe une interdiction formelle de voyager pour des déplacements touristiques et non-essentiels dans ces zones. Procédures pour ceux qui reviennent de ces zones rouges (au cas où raison essentielle de déplacement ou le fait qu’une zone change de couleur durant le séjour) : "A votre retour, précise Antoine, Iseux, vous serez considérés comme un contact à haut risque. Une quarantaine à domicile doit être respectée. Via le formulaire, vous recevrez un SMS vous indiquant la nécessité de quarantaine et celle de contacter votre médecin traitant".

Coronavirus en Belgique : rappel des règles en cas de retour depuis l'étranger

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Epidémie en augmentation sur le continent

On ne peut pas garantir l’absence de risque dans les voyages. L’épidémie est en augmentation en Europe, et le code couleur de certaines régions pourrait changer. Vendredi dernier, des régions d’Espagne et de Roumanie ont ainsi changé de coloris.

Dans le pays où vous vous rendez, des règles sont aussi mises en place concernant l’arrivée de personnes de Belgique. Certaines contrées peuvent ainsi refuser l’accès aux Belges, demander un test ou imposer une mise en quarantaine. Toutes les informations sont disponibles sur le site internet des affaires étrangères.

Sciensano précise également que les règles sont à suivre dans le pays d’accueil. Ainsi que les 6 règles d’or en vigueur dans notre pays. Il faut de toute façon les respecter où qu’on soit.

Le nombre de décès fait-il de la Belgique une mauvaise destination de vacances ?

Coronavirus en Belgique : les décès font-ils de la Belgique une mauvaise destination de vacances ?

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Des tests salivaires dans les écoles ?

Pour Frédérique Jacobs, "le meilleur moyen de diagnostiquer une infection est de faire un frottis naso-pharyngé sur lequel on applique une PCR qui permet de détecter la matière génétique du virus". Ce frottis, désagréable, doit être fait une personne qui a l’habitude. Il est difficile à faire chez les enfants.

Des autres moyens de tester sont donc à l’étude. Moins "traumatisants", ils pourraient être facilement envisageables pour les enfants, par exemple. Et voilà qu’arrivent les tests salivaires.

Beaucoup plus facile à réaliser, et moins douloureux, ce type de test donne cependant un résultat beaucoup moins "sensible" que le naso-pharyngé. Si le virus est en fortement présent, il n’y a pas de problème. Mais s’il est en petite quantité, le salivaire pourrait ne pas le détecter.


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Donc les indications diffèrent. Le naso-pharyngé permet de diagnostiquer au mieux l’infection. Mais les tests salivaires pourraient être mis en place dans le cas de campagne de détection. "A ce moment-là, on détectera les personnes à charge virale plus élevée et donc les plus contagieuses" précise la virologue.


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D’autres moyens de prendre des échantillons sont aussi envisageables. Les premières salives du matin ou des frottis de gorge associés à des frottis de narines, selon Frédérique Jacobs. Mais ce ne sont pas non plus les plus adéquats pour les diagnostics.

Coronavirus en Belgique : les tests salivaires sont-ils aussi efficaces ?

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Différence entre quarantaine et isolement (en vidéo) :

Coronavirus en Belgique : la différence entre isolement et quarantaine... et les conséquences

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