Coronavirus en Belgique ce 21 décembre : "Essayons de faire de ces fêtes qu'elles ne fêtent pas le covid"

Yves Van Laethem, lors d'un point presse en juillet dernier

© THIERRY ROGE - BELGA

21 déc. 2020 à 08:53 - mise à jour 21 déc. 2020 à 12:04Temps de lecture7 min
Par K.D.-RTBF

Ce lundi 21 décembre à 11h, le Centre interfédéral de crise en charge du suivi de l’évolution de l’épidémie Covid-19 en Belgique a tenu, comme à l’accoutumée, sa conférence de presse (lien vers Sciensano ici). Au programme : la présentation détaillée des chiffres à jour liés à la situation sanitaire et les dernières recommandations à la population des autorités publiques.

Voici ce qu’il fallait en retenir :

2170 nouvelles contaminations au coronavirus ont été enregistrées ce lundi 21 décembre en Belgique ces dernières 24 heures.

Sur les chiffres consolidés, le nombre moyen d’infections au coronavirus est ainsi passé à 2547 par jour entre le 11 et le 17 décembre, indique lundi l’Institut de santé publique Sciensano dans son bulletin épidémiologique quotidien. Cela représente une augmentation de 13% par rapport à la période de sept jours précédente.


A lire aussi : Coronavirus en Belgique ce 21 décembre : le nombre d’infections continue à augmenter, surtout dans certaines provinces


 

Dans cette première conférence de presse des vacances de Noël, les scientifiques ont tenu à faire le point sur l’évolution de la maladie. Le nombre d’infection continue d’augmenter mais depuis quelques jours, elle n’augmente pas plus vite. Contrairement à d’autres pays européens.

"Les hospitalisations et les décès restent relativement stables mais malheureusement à un niveau qui reste nettement trop élevé" souligne Yves Van Laethem.

L’augmentation dans les sept derniers jours est de 13%. Augmentation assez stable (11 à 12% ces tout derniers jours). C’est lié au fait que l’on teste plus. Point favorable selon Y. Van Laethem, les tests positifs font maintenant 7,8% du total (en lente mais constante évolution vers le bas).

Géographie

L’augmentation du nombre de cas détecté selon les régions est en augmentation partout (18% en Flandre, 12% dans la capitale et 6% en Wallonie).

Pour ce qui est des différents chiffres par province, les augmentations les plus notables sont à noter dans celles de Namur (26%) et d’Anvers (29%) et Flandre-Occidentale (21%).

Une diminution des chiffres de contaminations est cependant à souligner dans le Hainaut, le Luxembourg et le Brabant flamand.

En nombre absolu, le plus grand nombre de cas sont toujours observés dans la province d’Anvers, suivie des deux Flandres.

Les chiffres de l'évolution de l'épidémie le 21 décembre 2020

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Autres chiffres

Une augmentation chez les petits enfants (+ 25%), cette situation devrait se modifier (vacances scolaires oblige…). Le groupe des plus de 80 ans augmente plus faiblement que les autres tranches d’âge. Augmentation des hospitalisations dans les provinces de Namur, Limbourg et Flandre-Orientale. Mais surtout à Liège.

Au total, le nombre de personnes qui sortent de l’hôpital est supérieur aux entrées.

Avec 93 décès à déplorer par jour, le nombre est en stagnation par rapport à la semaine dernière.

Quid de la " nouvelle variante " (anglaise) du covid-19 ?

Cette variante a été repérée depuis le mois de septembre. Elle se propage plus sérieusement dans le sud et le sud-est du pays (notamment Londres). Environ 60% des nouvelles infections en sont issues. Cette variante a été repérée dans d’autres endroits, notamment au Pays-Bas et en Belgique.

Yves Van Laethem précise que d’autres variantes circulent : "avec ce virus, qui est un virus à ARN, il est tout à fait normal qu’apparaissent constamment de nouvelles variantes. Des variantes disparaissent à jamais et sont limitées dans leur diffusion, tandis que d’autres variantes se propagent plus rapidement et éventuellement deviennent dominantes. Comme la variante " UK " est en ce moment dominante en Grande-Bretagne". Cela peut avoir trait à ce que des variantes peuvent se transmettre plus facilement.

Cette "contagiosité augmentée" est possible, mais pas encore certaine, pour la souche qui est dominante en Grande-Bretagne.

Précisions sur la nouvelle souche du Royaume-Uni

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Le docteur tient à rassurer : "Il faut encore attendre un certain nombre de recherches. Rien ne nous montre qu’elle soit plus virulente, agressive ou dangereuse pour notre santé. Rien ne nous montre qu’elle empêche que les vaccins nous donnent une immunité contre le covid."

Le Royaume-Uni a l’un des programmes de recherches génétiques les plus performants et les complets du monde. Ce leur permet de détecter plus rapidement les nouvelles variantes (comparé à d’autres pays, beaucoup plus limité). Aux Pays-Bas, au Danemark, en Tchéquie et en Slovaquie, on remarque également une forte augmentation des contaminations (quel que soit le type de variantes).

Et Yves Van Laethem de rappeler l’importance des gestes barrière et de précaution, peu importe la "souche" du virus.

Une transmission plus rapide ?

Le travail de recherche sur ces nouvelles souches est, en Belgique comme dans beaucoup d’autres pays et contrairement à ce qui est fait outre-Manche, beaucoup moins grand.

Mais en Belgique, quatre cas de cette "nouvelle mutation" auraient été détectés. "Il n’est pas impossible qu’il y ait plus de cas de ce type de souche circulant actuellement dans notre pays – comme dans d’autres d’Europe continentale —" explique Yves Van Laethem. Cette mutation du virus serait une modification sur 20 points sur les 30.000 que le virus pourrait avoir. "C’est donc peu de chose, mais elles se situent à un endroit où elles pourraient avoir un impact significatif pour une facilitation de la transmission". Plus en détail, "deux de ces modifications se trouvent sur la "spike protéine". L’une d’entre elles se trouve à un endroit permettant une meilleure fixation, l’autre une meilleure intériorisation du virus dans la cellule." Et Yves Van Laethem d’expliquer cela plus en détail par une métaphore de "clef dans la serrure" (à retrouver dans l’extrait vidéo ci-dessous). Il précise que cette facilité que donneraient ces mutations doit encore être démontrée au point de vue biologique.

Les mutations du virus en Belgique

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Noël et nouvel an, les dangers

Les mesures de déplacements n’ont pas été assouplies. Toute l’Europe est à présent sous zone rouge. Notamment le Royaume-Uni, pour lequel des restrictions sont encore plus drastiques à présent.

Pour ce qui est des familles et des amis, le docteur rappelle que la principale source de propagation est toujours celle présente dans ces cercles restreints. Et nous invite à suivre les recommandations des autorités, notamment sur le nombre de participants et de contacts que l’on peut se permettre.

Focus sur Thanksgiving, qui aux Etats-Unis et au Canada, a été source de nombreuses contaminations. Cette fête familiale a été un véritable foyer de départ des contaminations.

En Belgique, des modélisations ont été faites. Et Yves Van Laethem se veut clair. Si 20% des personnes invitent 4 personnes en plus pour les fêtes de Noël ou du nouvel an, nous ne pourrions atteindre le seuil des 75 hospitalisations par jour qu’avec un mois de retard. " Faisant payer d’un mois supplémentaire de confinement le fait d’avoir profité durant un jour du fait d’avoir été un peu plus nombreux – et on ne parle pas des " mégas fête " de plus de 20 personnes —.

Le frigo et les radiateurs

Et Yves Van Laethem d’oser une métaphore "frigorifique". La maladie serait pour le moment comme mise "au frigo" pendant 15 jours : vacances scolaires et grand recours au télétravail obligent. Ceci est un point favorable par rapport à l’évolution de la maladie.

Malheureusement, nous avons deux "radiateurs", selon Yves Van Laethem : "Noël et Nouvel An. Et ces " radiateurs ", ce sera vous qui déciderez de la manière dont vous allez les brancher. Si vous ne les " branchez pas ", nous pourrions avoir au sortir de ces quinze jours une évolution de la courbe qui soit favorable et qui permet d’éviter des mesures supplémentaires. C’est le pari qui a été fait de ne pas demander des mesures supplémentaires avant les vacances. De faire confiance pour retrouver une courbe qui descend et non plus qui " bégaie " souvent un peu trop vers le haut".

Essayons de faire de ces fêtes des fêtes qui ne fêtent pas le covid

"Ne faites pas de Noël une fête pour le Covid"

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Quid des voyages à l’étranger ?

Pour Antoine Iseux, la situation épidémique est trop dangereuse pour se rendre actuellement à l’étranger pour du tourisme. Au Royaume-Uni comme dans les autres contrées. Notamment les zones rouges. Une quarantaine sera plus que probable à faire au retour de voyage.

Renforcement des mesures pour les voyageurs

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Une "lockdown party" ne signifie pas forcément "une fête de jeunes avec un DJ". Les explications d’Antoine Iseux :

Un dîner familial, c'est aussi une "lockdown party"

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De l’immunité des personnes déjà contaminées

Yves Van Laethem est aussi revenu sur la question de l’immunité de ceux qui auraient déjà été contaminés. "Les personnes ayant déjà fait l’infection gardent, pour la majorité d’entre elles, une immunité pour dans six mois qui suivent. Des études sont cependant toujours en cours. Cette immunité induit que chez elles, il est rare de faire un nouvel épisode de la maladie". Cela arrive mais c’est rarement sévère et c’est rarement plus sévère que le premier épisode, souligne le porte-parole du centre de crise interfédéral.

Comme sur un "papier tue-mouche"?

Mais quel est le risque de contamination par "ricochet" qui infecterait les voies respiratoires de quelqu’un n’ayant pas fait l’infection ? "Cette possibilité existe. Très clairement. Mais on ne connaît pas sa fréquence. Actuellement, il est difficile de savoir si quelqu’un qui a fait la maladie possède assez d’immunité au niveau de ses voies respiratoires pour y bloquer directement le virus, qu’il s’y "englue comme une mouche s’engluerait sur un papier tue-mouche". Cette notion-là n’existe pas clairement encore dans sa fréquence par rapport au fait d’avoir fait la maladie. Nous ne la connaissons pas non plus pour les vaccins". C’est un des points qui devra être précisé lorsque ceux-ci seront présents, explique Yves Van Laethem. On estime donc que ces personnes sont moins infectantes – n’ayant pas ou peu de virus passant par leur pharynx -, mais on ne peut pas exclure qu’elle puisse encore permettre la transmission. "C’est pour cela que toute personne, qu’elle ait fait ou pas fait l’infection covid doit appliquer les mêmes mesures de protection, le même emploi du masque, les mêmes mesures de distanciation sociale".

La contagiosité des personnes déjà contaminées

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