Coronavirus en Belgique : colère et déception pour les théâtres et salles de concerts après les mesures annoncées

"'augmentation de la capacité dans les salles ne nous concerne pas. Autoriser 200 personnes en intérieur, pour nous, cela ne sert à rien".

© JONAS ROOSENS - BELGA

Les mesures annoncées par le Conseil national de sécurité jeudi ont déçu et mis en colère les acteurs des arts de la scène. Selon le Théâtre des Martyrs et Forest National, les réglementations actuelles, qui élargissent les limites de rassemblement à 200 personnes à l’intérieur et à 400 personnes à l’extérieur, sont "absurdes".

À partir du 1er septembre, les rassemblements de 200 personnes seront autorisés lors d’événements à l’intérieur, tandis que les spectacles, rencontres sportives, manifestations religieuses ou événements extérieurs pourront accueillir 400 personnes.

Réunion du secteur ce vendredi

La Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS) se réunira vendredi matin pour acter la décision et se positionner, mais certains acteurs du secteur se sont déjà dits déçus et en colère.

"Mes collègues et moi ressentons une énorme déception et une colère extraordinairement forte de ne pas avoir été entendus, alors que nous avions fait des propositions extrêmement concrètes", a déclaré le directeur artistique général du Théâtre des Martyrs, Philippe Sireuil. "Le retour aux mesures prises au mois de juin n’est qu’une très très petite satisfaction, étant donné que subsiste encore aujourd’hui une différence entre les mesures imposées dans les transports en commun et dans les salles de spectacles", déplore-t-il.


►►► Lire aussi : conseil national de sécurité : les manifestations culturelles pourront accueillir 400 personnes en extérieur et 200 en intérieur

Des mesures difficilement applicables

La responsable de communication de Forest National, Coralie Berael, est également dépitée : "L’augmentation de la capacité dans les salles ne nous concerne pas. Autoriser 200 personnes en intérieur, pour nous, cela ne sert à rien. Il serait temps de réfléchir à des chiffres au prorata de la capacité de chaque salle", explique-t-elle. Et d’ajouter que le secteur a également besoin de pouvoir envisager les événements sur le long terme. "On dépend de tournées internationales, d’artistes qui planifient leur tournée 6 mois ou un an à l’avance, donc avancer au compte-goutte, c’est impossible pour nous."

Une opinion partagée par le codirecteur du Théâtre Le Public, Michel Kacenelenbogen : "Le théâtre ne se fabrique pas comme ça du jour au lendemain", rappelle-t-il. Il attend en outre plus de précisions sur les mesures à appliquer. "On attend de voir si une distanciation sera imposée en plus du port du masque. Cette information nous manque. Si l’on retourne aux mesures d’avant le 27 juillet et que la distanciation sociale n’est pas obligatoire, alors pratiquement toute la saison pourra se réaliser. En revanche, s’il faut espacer les spectateurs, seule une partie de la saison subsistera."

Du côté du Théâtre des Martyrs, la décision a été prise d’accompagner les artistes et de faire en sorte que les spectacles puissent exister. "Mais nous ne savons pas encore si nous allons pouvoir les présenter devant des spectateurs, dans la mesure où s’il nous faut appliquer à la fois le masque et la distanciation sociale, cela donnera des salles extrêmement vides", indique Philippe Sireuil. "C’est absurde et, économiquement, c’est évidemment un gouffre."

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