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Coronavirus en Belgique : "La situation est stable dans sa médiocrité", estime l’infectiologue Christelle Meuris

02 nov. 2020 à 21:28 - mise à jour 03 nov. 2020 à 06:45Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Léger tassement des nouveaux cas de Covid-19 : une bonne nouvelle communiquée aujourd’hui par Sciensano. Cette tendance favorable laisse à penser que les effets des premières mesures commencent à se faire sentir. Toutefois, cette information encourageante doit être tempérée selon Christelle Meuris, infectiologue au CHU de liège.

"Les chiffres grimpent de manière moins intensive, tant mieux, mais la situation reste stable : stable dans sa médiocrité ! Il faut bien se rendre compte que la situation reste extrêmement délicate. Au CHU de Liège, nous avons 295 patients hospitalisés à cause de ce virus, 50 en unités de soins intensifs. Moi, ce qui me fait bondir, c’est quand j’entends dire : la situation se stabilise. La situation se stabilise, mais dans une situation qui est catastrophique pour les hôpitaux, qui est catastrophique pour les soignants, et qui est difficile pour les patients. Certains patients requièrent plus de soins et d’attention et faute de place, on bricole aux étages. Je ne suis personnellement pas très optimiste."

Des virées shopping ce week-end plutôt dangereuses ?

Devant certaines enseignes, les files de clients se sont allongées ce week-end, et certaines artères commerçantes ont connu une forte affluence. Des comportements que beaucoup estiment inadéquats ou inconvenants, dans cette lutte contre l’épidémie.

Mais Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale à l’UCLouvain, temporise : "Lorsque l’on voit les files devant les magasins diffusés par les médias, il me semble que cela représente une part relativement minoritaire de la population. Et donc, à l’inverse, la majorité de la population observe scrupuleusement les recommandations… Ce n’est pas en montrant ces images que l’on renforce l’adhésion".

Pour la clinicienne Christelle Meuris, ce sont plutôt les fêtes privées qui sont inquiétantes. Même son de cloche pour l’infectiologue Emmanuel Bottieau. "Cela n’a rien à voir avec ce que l’on a connu avec les lockdown partys. Dans le cas de ces personnes qui se sont rendues dans les magasins, il y a un certain respect des règles comme les masques et les distances par exemple."

Une chose semble certaine pour les invités de "Questions en prime" : cette crise sera longue. Selon ces spécialistes, il faudra se montrer patients, et lorsque nous déconfinerons, il nous faudra apprendre à vivre autrement, afin d’éviter une nouvelle flambée de contamination.

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