Coronavirus en Belgique : Le groupe Jolimont demande de l’aide aux hôpitaux flamands

10 nov. 2020 à 19:54Temps de lecture2 min
Par Théo Defranne

Ce mardi, Arnaud Ruyssen recevait dans Soir Première Stéphan Mercier. Le directeur général des hôpitaux du groupe Jolimont a tenu à évoquer la situation dans les hôpitaux et les conditions difficiles dans lesquelles le personnel soignant travaille.

Il a également détaillé un accord de partenariat que le groupe hospitalier tente de mettre en place avec ses homologues flamands pour simplifier les transferts de patients.

La pression est bien là

Comme dans tous les hôpitaux en Belgique, on connaît à Jolimont une situation qui dépasse les pics du mois d’avril. "Nous regroupons 5 hôpitaux et ce matin, on comptait 306 patients covid pris en charge simultanément" explique le directeur. "On n’avait pas dépassé les 200 durant la première vague. La pression sur les soins intensifs est réellement là, on a atteint une situation critique."

Le passage de tous les hôpitaux en phase 2B n’était pas forcément une bonne réponse à l’épidémie selon Stéphan Mercier. "Tous les hôpitaux ne sont pas occupés de la même manière. Or passage d’une phase à l’autre est décidée de manière centralisée au niveau fédéral et oblige les hôpitaux à réserver une capacité minimale pour les patients aussi bien en soins intensifs que pour les patients qui ne nécessitent pas des soins intensifs. Et lorsqu’on est passé en phase 2B, on a augmenté la capacité sur les soins intensifs, mais on ne l’a pas augmenté les autres types de lits. On reste donc dans une situation qui est extrêmement compliquée avec des hôpitaux comme les nôtres, qui sont très au-delà de la capacité qu’ils doivent réserver en 2B et d’autres hôpitaux qui sont en dessous de cette capacité et avec un système de transfert qui est largement inopérant."

Des négociations compliquées

Aujourd’hui, les hôpitaux ont reçu la consigne d’être solidaires entre eux. Un concept qui semble compliqué en cette période. "Ce n’est probablement pas le moteur qu’il faut utiliser. Elle existe cette solidarité, sinon il n’y aurait aucuns transferts qui seraient faits. Mais aujourd’hui, ça se réalise avec des complications qui sont tout à fait anormales en termes de temps nécessaire et en perte d’énergie. On doit entamer des négociations patient par patient. Or, quand vous avez une vingtaine de patients nouveaux qui se présentent à l’hôpital en 24 heures, vous ne pouvez pas négocier pour chacun d’entre eux dans un hôpital voisin. Il faut quelque chose qui soit pris en charge de manière beaucoup plus centralisée et qui ne repose pas uniquement sur la bonne volonté."

Pour tenter d’alléger la situation, le groupe Jolimont a décidé d’écrire à l’ensemble des hôpitaux flamands pour tenter de nouer une coopération. "Le but est donc c’est de sortir de ce système négociation qui prend énormément de temps et qui n’aboutit que partiellement. Avant d’envoyer des patients en Allemagne ou en France, nous voulons trouver des hôpitaux en Belgique. On va donc essayer de nouer des accords de partenariat pour qu’on se mette d’accord sur un quota de patients qu’on peut transférer. Vous imaginez sur la soixantaine d’hôpitaux flamands si nous devons contacter les 60 hôpitaux avant de trouver une place. C’est quelque chose qui n’est pas réaliste."

Sur le même sujet

La santé financière des hôpitaux belges préoccupante avant l'épidémie de Coronavirus

Belgique