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Coronavirus en Belgique : les personnes vaccinées sont plus motivées que les autres au respect des règles

23 avr. 2021 à 07:36 - mise à jour 23 avr. 2021 à 08:27Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

La dernière édition du "baromètre de la motivation" des Belges vient de sortir. Pour le réaliser, des chercheurs de différentes universités ont consulté la population depuis le 14 avril 2021, date du dernier comité de concertation. Interrogé sur La Première, Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale à l’UCLouvain, qui a participé à cette étude, explique qu’il n’y a "pas vraiment d’amélioration de la motivation pour le moment suite à l’annonce de différentes mesures. On est au fond, pour l’instant quasiment au plus bas, de ce qu’on a observé tout au long de la crise. Et cet état de relative démotivation se maintient, semble-t-il".

Aujourd’hui, les personnes vaccinées restent plus motivées à respecter les mesures que les personnes non vaccinées, poursuit-il : "Spontanément, on pourrait s’attendre à ce que les personnes vaccinées soient quelque peu délestées du sentiment de devoir faire attention et de pratiquer les gestes de protection. En réalité, ce qu’on observe, c’est le contraire. C’est qu’il y a plus de motivation à scrupuleusement respecter les gestes de protection chez les personnes vaccinées. Et il y a probablement une série d’explications. Mais la plus vraisemblable semble être que, bien entendu, pour l’instant, les personnes vaccinées sont un public particulier, les personnes plus âgées et les personnes à risque. Ces personnes ont à cœur, effectivement, d’être attentives à leur santé. Elles ont aussi la motivation la plus grande à être vaccinées et à se protéger contre une maladie qui les touche particulièrement fort lorsqu’elle sévit".

Perception du risque

"Dans la façon dont on peut attendre que la population puisse lutter contre la pandémie, la perception du risque est un élément très important, par opposition à ce qu’on pourrait par exemple trouver du côté de la peur. Et donc le fait qu’on ait une bonne conscience du niveau de risque à la fois de contracter la maladie, d’être hospitalisé et éventuellement d’en décéder. C’est très important parce que c’est ce qui va alimenter la protection que l’on va mettre en place et les mesures que l’on va adopter pour lutter contre la pandémie. On constate que pour l’instant, cette perception du risque est beaucoup plus basse que ce qu’elle n’était alors que lors de vagues précédentes, nous avions des taux d’hospitalisation et des taux de personnes en soins intensifs équivalents à ce que nous connaissons aujourd’hui. Donc là, il y a un décalage qui est quand même préoccupant", explique-t-il.

Qu’en est-il de la façon dont les médias couvrent les événements liés au coronavirus ? : "Il y a à la fois une fatigue de la population qui, sans doute, détourne un tout petit peu des informations qui nous accompagne au jour le jour. Mais il y a aussi, je pense, une dématérialisation, une espèce d’abstraction qui se met en place. On ne parle plus de ces décès de la même façon ou en les montrant de la même façon. Donc, la distance entre les dégâts que peut faire la maladie et sa vie quotidienne semble s’être accrue pour beaucoup de gens, ce qui donne un sentiment de risque et de perception de risque de contraction de maladie beaucoup plus ténue que ce qui était précédemment".

Les Wallons moins motivés

Le baromètre pointe aussi quelques différences entre le nord et le sud du pays. Les Wallons semblent moins motivés que les Flamands à respecter les mesures. "On constate au fil du temps à la fois pour la motivation à respecter les mesures et du côté aussi des intentions de vaccination, qu’il y a une différence légère peut-être, mais qui persiste entre les francophones et néerlandophones de ce pays. Une des raisons que le baromètre de la motivation permet de mettre en évidence, c’est somme toute la relative défiance qui est un peu plus importante du côté francophone que du côté néerlandophone. La distance et la méfiance par rapport au monde politique sont plus marquées du côté francophone. Et il faut bien le dire que l’on constate que la façon dont le personnel politique fonctionne du côté francophone donne peut-être à penser qu’il y a une relative cacophonie et une relative difficulté pour la population à endosser aussi facilement les mesures quand les décideurs politiques se positionnent de façon un peu contestataire par rapport à certaines des décisions du Codeco, par exemple", conclut-il.

Ce sondage de l’UCL a été mené auprès de 4297 Belges francophones entre le 1er et le 10 avril 2021. L’âge moyen des personnes interrogées est de 51 ans, et le niveau d’éducation relativement élevé (46% avec un master ou plus, 32% avec un bachelier). La marge d’erreur de cette enquête est de + /- 3%.

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