Coronavirus

Coronavirus en Belgique : l’obésité est un facteur de comorbidité accru chez les plus jeunes, selon Yves Van Laethem

Le profil des patients malades du Covid-19 hospitalisés lors de cette troisième vague est mieux connu grâce à l’analyse des données partielles récoltées dans les établissements de soins jusqu’au 15 avril, portant sur 7762 patients à travers tout le territoire, dont 487 en soins intensifs. Il en ressort que les personnes admises à l’hôpital sont plus jeunes et que l’obésité constitue un facteur "significativement accru" dans le développement d’une forme grave de la maladie.

Le nombre de personnes obèses c’est-à-dire présentant un IMC, un indice de masse corporelle supérieur à 30 (un IMC normal est compris entre 18,5 et 25) a augmenté de manière significative, soit une hausse située entre 10 et 20%, particulièrement à risque auprès des adultes entre 20 et 39 ans.


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Tous les indicateurs en baisse

Yves Van Laethem et Steven Van Gucht ont par ailleurs présenté les derniers chiffres de la pandémie de Covid-19 en Belgique lors du point presse du Centre interfédéral de crise ce vendredi matin. Un point presse encourageant puisque la tendance s’est inversée et tous les indicateurs de la pandémie de Covid-19 sont désormais à la baisse, selon les derniers chiffres consolidés publiés par l’Institut de santé publique Sciensano. Cette tendance à la baisse doit être combinée à la campagne de vaccination qui a atteint sa vitesse de croisière.

Le nombre de nouveaux cas s’est stabilisé entre le 20 et le 26 avril par rapport à la période précédente de 7 jours ; une tendance qui s’accentue depuis plusieurs semaines. Le nombre de cas est toutefois en légère hausse chez les enfants et les jeunes, après une reprise des tests dans les écoles.


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Une pression toujours forte en soins intensifs

Le 23 avril dernier, le chef de service Aide Urgente au SPF santé public, Marcel Van der Auwera, avait déclaré que la Belgique frôlait une situation à l’italienne vu la presque saturation de ses hôpitaux. Une semaine plus tard, la pression reste forte puisque 9 lits sur 10 sont occupés en unités de soins intensifs. Le taux d'occupation des patients Covid hospitalisés est de 2779 (-7%%), dont 862 en soins intensifs (-5%). Les admissions chutent avec une moyenne de 201,7 patients entre le 23 et le 29 avril (-16%).

Les contaminations sont également en baisse avec 3310 nouvelles infections entre le 20 et le 26 avril (-8% par rapport à la semaine précédente). Dans toutes les tranches d’âge sauf pour les enfants où la hausse est de 13%, ce qui est logique étant donné leur retour à l’école et l’augmentation des tests pour les enfants et les jeunes. Il n’y a pratiquement plus de contamination chez les personnes de plus de 90 ans.

Côté chiffres, 39 personnes sont mortes en moyenne chaque jour entre le 20 et le 26 avril (-1,1%). Cette diminution se réalise surtout chez les plus de 65 ans. Depuis le début de la pandémie, 24.185 sont mortes du coronavirus.

Le taux de survie a lui augmenté, grâce à l’abaissement de l’âge des patients Covid-19 hospitalisés mais aussi à l’utilisation de la dexaméthasone, un corticoïde de synthèse, dans le traitement de la maladie. Mais il y a encore 1 patient sur 10 qui meurt du Covid (la moitié en comparaison avec la période de Noël 2020). 

Le variant indien en Belgique

Le variant britannique reste la souche dominante mais diminue un peu (81%). Le variant sud-africain reste stable mais "Ce qui nous inquiète un peu, c’est la hausse du variant brésilien à 8%", a déclaré Yves Van Laethem.

Le variant indien est présent de manière sporadique en Belgique, essentiellement lié à des voyages. Les mutations du variant indien sont assez proches de celles du des variants sud-africain et brésilien. "Nous ne sommes pas particulièrement inquiets par rapport au variant indien", a précisé le porte parole du Centre interfédéral de crise. 


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Le personnel soignant au bout du rouleau

Yves Van Laethem a également présenté une enquête, Power to care, sur le bien-être du personnel soignant, menée par Sciensano et la KULeuven du 16 au 28 mars. 2235 professionnels de la santé ont répondu à des questions sur leur bien-être mental. 

Après un an de pandémie, l'impact est significatif : stress chronique, fatigue intense chez 60% des personnes interrogées, impossibilité de se détendre même en dehors du travail (47%), problèmes de concentration (28%). Cette situation de stress conduit 19% du personnel soignant à envisager d'abandonner leur métier (10% avant la crise Covid). 

L'impact de la réouverture des écoles

Les écoles ont rouvert il y a deux semaines et, "c'est un peu court pour évaluer la situation", selon Yves Van Laethem. Le nombre de tests a augmenté auprès des enfants et adolescents, consécutivement à cette reprise. Le nombre de tests positifs est en baisse de 1,4%, avec un taux de 8,6%.

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