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Coronavirus en Belgique : lorsque la gestion de crise impose la responsabilisation des citoyens

Si le virus continue de progresser, il est plus qu’évident que des nouvelles restrictions pourraient apparaître.
25 sept. 2020 à 14:01Temps de lecture2 min
Par Nesrine Jebali

Le Conseil national de sécurité (CNS), conseillé par la cellule d’évaluation (Celeval), a assoupli les mesures de bulles sociales et de port de masque, non pas parce que la situation sanitaire le permet désormais, mais tout simplement parce que la stratégie de responsabilisation des citoyens a débuté mercredi dernier lors de la conférence de presse du Conseil national de sécurité.

Les mesures pour lutter contre la pandémie n’étaient pas comprises, pas respectées et surtout, elles étaient devenues contre-productives. Comme l’explique l’épidémiologiste et jusqu’à il y a peu membre de ce comité d’évaluation Marius Gilbert, "l’inconvénient en termes de perte de l’adhésion" devenait "supérieur au bénéfice". Le risque était donc qu’en maintenant des règles que les gens trouvent absurdes, "ils ne vont peut-être plus suivre d’autres recommandations qui sont importantes et qui sont à ce moment-là très utiles et importantes de maintenir".

Mais ce n’est pas la raison principale selon Ariane Bazan, la professeure de psychologie clinique à l’Université libre de Bruxelles et désormais membre du Celeval. "Il était impératif d’amener un nouveau regard sur la gestion de criseet a conseillé d’arrêter d’infantiliser la population belge.

Les Belges ont vécu un traumatisme

Souvenez-vous, en mars dernier, la population belge a vécu un traumatisme en acceptant de se soumettre à un confinement inédit et de respecter des mesures très spécifiques pour lutter contre le coronavirus. En d’autres termes, le gouvernement a dirigé les citoyens en leur disant quoi faire et comment se comporter pour préserver notre santé mais également celles des autres, une sorte d’infantilisation.

Une décision adéquate selon la professeure en psychologie. "Il n’y avait pas d’autres possibilités. C’était le mot d’ordre. Cette épidémie était imprévue", affirme-t-elle.

Mais avec le temps et les mesures strictes, les Belges saturent et souhaitent avant tout retrouver leur vie d’avant. D’où cette idée directrice de faire du public plutôt un partenaire."C’est bien sûr plus facilement dit que fait mais il y a des moyens, nous explique Ariane Bazan. Et c’est peut-être aussi simplement un autre état d’esprit : se dire qu’il faut le faire ensemble, pas seulement la politique et les virologues, mais inclure la population".

La notion de réalité partagée

Pour ce faire, la population doit intégrer la notion de réalité partagée. "Il y a plusieurs points de vue mais il y a des données factuelles : des chiffres, des morts, des hospitalisations. Et ces données nous confrontent à cette réalité commune", développe Ariane Bazan.

C’est donc naturellement que les citoyens vont appliquer les mesures et prendre de moins en moins de risques. Ils sont conscients de cette réalité partagée "Nous savons que notre ennemi commun est le virus. Indépendamment des mesures, les citoyens bougent moins par exemple".

Cependant, la responsabilisation possède une limite. Si le virus continue de progresser, il est plus qu’évident que des nouvelles restrictions pourraient apparaître. L’avis proposé par le Celeval pourrait dès lors être revu dans plusieurs semaines voire plusieurs mois quand la situation sera plus stable

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