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Coronavirus en Belgique : quel avenir pour le Covid Safe Ticket ?

24 janv. 2022 à 18:16Temps de lecture3 min
Par Lavinia Rotili

Ce vendredi 28 janvier entrera en vigueur le Baromètre corona. Au centre de ce baromètre, qui démarrera avec un code rouge, se trouve, encore et toujours le Covid Safe Ticket (CST). L’outil sera encore indispensable pendant quelque temps, notamment jusqu’à ce code soit maintenu. Le CST fait désormais partie de notre quotidien depuis novembre 2021 : à l’heure où le baromètre covid est censé guider la décision politique, le CST pourrait, progressivement, être de moins en moins utilisé. Son avenir est-il pourtant en danger ?

Pas pour l’instant, en tout cas. En effet, le baromètre corona, validé par le comité de concertation de ce vendredi 21 janvier, s’impose dans plusieurs secteurs tels que l’horeca, la vie associative et les activités de jeunesse, les événements publics et les activités collectives de groupe (à partir de 50 participants).

A partir du vendredi 28, donc, toute une série de mesures seront d’application, avec des variations selon le secteur ou le type d’activité (statique ou dynamique, à l’intérieur ou à l’extérieur). Ce que vous devez retenir, c’est que, pour l’instant, tant qu’on est en code rouge, les jauges restent réduites (mais avec des exceptions), le masque reste obligatoire, tout comme la présentation d’un Covid Safe Ticket. Ce sera le cas pour aller au resto ou pour boire une bière – même en terrasse –, tout comme maintenant.

Le CST ne sera plus appliqué en code jaune

Le CST reste donc bel et bien un outil indispensable, au moins pour les mois qui vont suivre. Ce qui est intéressant, toutefois, c’est qu’il ne sera plus appliqué en code jaune (le code le plus "souple", lorsque la situation sanitaire est considérée comme étant sous contrôle).

Pour Pedro Facon, commissaire coronavirus, "il s’agit déjà d’une restriction au CST". Lors d’une conférence de presse, le commissaire a en effet estimé qu’il faudra mener "une réflexion sur le Covid Safe Ticket et sur son avenir".

L’outil, du reste, ne bénéficie pas des faveurs de toutes les catégories. En décembre, sur nos plateaux, le président de la Fédération Horeca Wallonie, Maxence Van Crombrugge défendait notamment le principe d’un "label établissement safe" à la place du Covid Safe Ticket, en estimant qu’un tel label permettrait de s’attaquer au relâchement des gestes barrières.

Fin novembre, le principe du CST avait également été remis en question par des scientifiques tels que Marius Gilbert ou Leïla Belkhir. Pour l’un, l’efficacité du CST dépend de l’endroit où il est utilisé et surtout de l’efficacité vaccinale contre l’infection. Or, sachant que l’efficacité des vaccins se réduit au fil du temps, pas sûr que le bénéfice du CST soit toujours au rendez-vous.

Pour l’autre, le CST a perdu de sa pertinence : "les gens se disaient avec le CST qu’ils ne risquaient pas de transmettre ni de tomber malade. Or on a vu une partie de l’efficacité vaccinale diminuer pour les contaminations, mais il reste bien entendu très efficace contre les formes graves. Le CST n’a plus vraiment sa place même si dans certains endroits, il pouvait quand même s’avérer utile".

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Faut-il exclure le certificat de rétablissement ?

Pour d’autres, le véritable bémol du CST est la présence du certificat de rétablissement : l’importance qui est attribuée à ce certificat représente, pour certains, un frein à la vaccination et à l’obtention du booster.

Le message qui est envoyé aux gens via le certificat de rétablissement, c’est qu’ils ne peuvent plus être infectés durant un certain temps.

Ce 20 janvier, le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron défendait ce constat : selon lui, 100.000 personnes ont obtenu un certificat de rétablissement à Bruxelles depuis le premier décembre. Cela induirait, selon lui, des "dizaines de milliers de personnes vaccinées deux fois" à ne pas aller chercher leur booster.

Il estime que ces personnes "sont potentiellement moins motivées à le faire, car le message qui leur est envoyé via le certificat de rétablissement, c’est qu’elles ne peuvent plus être infectées durant un certain temps", a ajouté le ministre.

Pour Pedro Facon, deux arguments sont en faveur de la suppression de ce certificat. "Le premier est que le fait d’avoir été infecté auparavant aide moins bien contre Omicron que la vaccination. Certes, le fait d’avoir contracté l’infection protège, mais moins bien que la vaccination." Le booster, pour le commissaire, reste donc la meilleure solution.

Le deuxième argument est lié à l’objectif du CST : si le but du CST devient celui de favoriser la vaccination, la présence d’un certificat de rétablissement ne peut qu’être dissuasive. A cela, il faut ajouter le fait que des personnes cherchent à attraper le virus exclusivement pour obtenir le certificat de rétablissement et ainsi éviter la vaccination. Une pratique que Pedro Facon — vous vous en doutez – déconseille. Mais, pour lui, en définitive, la suspension d’un tel certificat doit être décidée sur base d’un débat plus large sur l’entièreté du dispositif "CST". La discussion devra donc encore attendre.

Baromètre Covid : conférence de presse

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