Coronavirus en Belgique : "Trop de personnes ne rapportent pas des symptômes par crainte de l'isolement"

Coronavirus en Belgique : le point sur la stratégie de testing

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23 déc. 2020 à 12:24 - mise à jour 23 déc. 2020 à 12:24Temps de lecture3 min
Par M.F.

Les autorités sanitaires de notre pays prévoyaient plus de 100.000 tests par jour d’ici la fin de l’année. Pourtant, nous sommes le 23 décembre et à l’heure qu’il est, ce sont environ 40.000 personnes qui sont testées par jour dans notre pays. Force est de constater que les ambitions belges seront difficilement atteignables avec les quelques jours qui restent avant 2021. Pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus en Belgique, la crainte des personnes s’ils sont testés positifs est en cause dans ce constat.

C’est désormais une image à laquelle nous sommes habitués. Des personnes font la file dans leur voiture avant de se faire triturer le nez par un bonhomme en combinaison blanchâtre et reprennent ensuite le chemin de leur domicile. Pourtant, les personnes qui ont recours au test PCR sont encore trop peu nombreuses par rapport à ce qui était espéré par les acteurs en charge d’endiguer la propagation du virus dans nos frontières.

Où est le caillou dans l’engrenage du testing ?

"La capacité humaine est là. La capacité technique pour réaliser après les analyses est là aussi. Ce qui n’est pas employé actuellement c’est le fait de tester les gens qui ont un certain nombre de symptômes car elles ne sont pas présentes", point d’emblée Yves Van Laethem. Selon lui ce sont donc les Belges, frileux à pousser la porte de leur médecin traitant ou à prendre la route vers un centre de testing, qui rendent le bilan si maigre à l’approche du passage à l’an neuf. "Trop de personnes ne rapportent pas des symptômes qui sont compatibles car elles ont une hésitation liée à la crainte du prélèvement ou de l’isolement que cela va signifier si elles sont positives, au point de vue social, psychologique ou économique", ajoute-t-il.


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Car les règles sont claires, en cas de test positif, les personnes doivent s’isoler, ne plus se rendre au travail et ne prendre aucun risque quant à la propagation du coronavirus, dont ils sont porteurs. En bref, cela signifie ne voir personne durant sept jours. Si la mesure peut paraître dure, Yves Van Laethem la juge essentielle et déplore le chaînes de transmissions qui se perpétuent. "Ce sont à chaque fois des occasions perdues pour la santé de tous de rompre des chaînes de transmissions", insiste l’épidémiologiste brabançon.

Les Wallons moins testés

Si les courbes de contaminations étaient favorables aux provinces wallonnes ces dernières semaines, en termes de testing, la partie sud du pays est le mauvais élève. Les provinces francophones testent moins que les néerlandophones. "Ceci n’est pas un point favorable pour l’évolution de la pathologie dans les zones en question", déplore Yves Van Laethem.


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Si le virus circule, c’est grâce à nous, les citoyens. En d’autres termes, si demain toutes les personnes infectées étaient testées positives et s’isolaient de manière stricte, toutes les chaînes de transmission seraient rompues et le virus pourrait être rangé dans notre tiroir à souvenirs. Oui, mais dans la pratique, ce n’est pas si simple car les patients asymptomatiques ont très peu d’informations pour envisager un test. Un facteur que le porte-parole interfédéral de la lutte contre le virus ne nie pas. Il invite toutefois les médecins traitant à persister à envoyer leurs patients dans les centres de test au moindre indice : "Je pense que les médecins traitants ne doivent pas minimiser les choses, il faut continuer à tester et c’est le testing qui est à la base de la rupture des chaînes."

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