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Coronavirus en France : les "convois de la liberté" aux portes de Paris, les forces de l’ordre sont mobilisées

12 févr. 2022 à 06:17 - mise à jour 12 févr. 2022 à 07:42Temps de lecture3 min
Par Belga

Après avoir campé aux portes de la capitale, des milliers d'opposants au pass vaccinal venus en convois de toute la France commençaient à rejoindre Paris samedi matin dans le but de manifester malgré l'interdiction par la préfecture de police, déterminée à empêcher tout blocage. Plus de 150 procès-verbaux ont déjà été dressés.

Rassemblement hétéroclite d'opposants au président Emmanuel Macron et de "gilets jaunes", le mouvement s'est constitué sur le modèle de la mobilisation qui paralyse la capitale canadienne Ottawa. 

Les voitures, camping-cars et camionnettes partis de Nice, Lille, Strasbourg, Vimy (Pas-de-Calais) ou Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) se sont remis en mouvement samedi matin, après s'être arrêtés la veille non loin de Paris.

Plusieurs centaines de véhicules avaient rejoint le périphérique vers 10h00, où les policiers procédaient à des verbalisations pour "participation à une manifestation non-autorisée", selon la préfecture de police de Paris, qui a comptabilisé 151 PV en milieu de matinée.

Selon des messages consultés par l'AFP, certains convoyeurs veulent devenir "une masse de véhicules impossible à contenir par les forces de l'ordre à moins que ces dernières ne bloquent elles-mêmes les axes principaux de la capitale".

"De fait, face à plusieurs milliers de véhicules capables d'être à l'arrêt comme en mouvement, quelques dizaines de dépanneuses ne pourraient pas faire grand-chose", poursuit l'un des messages.

Près de 7200 policiers et gendarmes "sont déployés sur les trois prochains jours pour faire respecter les interdictions de convois de véhicules", selon la préfecture de police.

Dans un tweet, peu après minuit, elle a salué d’un "Merci aux policiers engagés toute la nuit" les forces de l’ordre mobilisées pour prévenir toute manifestation motorisée dans la ville.

Le préfet de police Didier Lallement a "créé un certain nombre de fourrières provisoires qui (...) permettront avec plusieurs dizaines de véhicules de remorquage de mettre fin à tout blocage", a-t-il déclaré. Des blindés de la gendarmerie ont aussi été déployés dans la capitale, une première depuis les manifestations des "gilets jaunes" fin 2018.

Des blindés de la gendarmerie ont aussi été déployés dans la capitale, une première depuis les manifestations des "gilets jaunes" fin 2018.

Le Premier ministre Jean Castex a promis d’être inflexible face au mouvement. "S’ils bloquent la circulation ou s’ils tentent de bloquer la capitale, il faut être très ferme", a-t-il insisté sur France 2.

Rassemblement hétéroclite d’opposants au président Emmanuel Macron et de "gilets jaunes", le mouvement s’est constitué sur le modèle de la mobilisation qui paralyse la capitale canadienne Ottawa.

La police avait estimé vendredi après-midi à 3300 le nombre de véhicules engagés dans les convois.

"Nous sommes tous collectivement fatigués par ce que nous vivons depuis deux ans. Cette fatigue s’exprime de plusieurs manières : par du désarroi chez les uns, de la dépression chez d’autres. On voit une souffrance mentale très forte, chez nos jeunes et moins jeunes. Et parfois, cette fatigue se traduit aussi par de la colère. Je l’entends et la respecte", a souligné le président Macron dans un entretien au quotidien Ouest-France. "Mais", a-t-il ajouté, "j’en appelle au plus grand calme".

L’interdiction de rassemblement des convois a été maintenue vendredi soir par le tribunal administratif de Paris, qui a rejeté deux recours.

A deux mois de l’élection présidentielle, les manifestants exigent le retrait du pass vaccinal et défendent des revendications sur le pouvoir d’achat ou le coût de l’énergie.

Le gouvernement affirme envisager pour fin mars ou début avril la levée du pass vaccinal et compte supprimer dès le 28 février le port du masque obligatoire dans les lieux où le pass est exigé.

Certains participants comptent rejoindre Bruxelles pour une "convergence européenne" prévue lundi 14 février. Les autorités belges ont interdit l’accès de la capitale.

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