Coronavirus et culture: le spectacle vivant se cherche une nouvelle vie

Le théâtre des Galeries, dramatiquement vide

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10 mai 2020 à 06:00Temps de lecture2 min
Par Dominique Dussein

Ce sont des lieux de fête, des lieux de foules : les salles de spectacle. Toutes leurs caractéristiques correspondent exactement à l’inverse de ce qu’il convient de faire en période de corona. Le grand nombre, la proximité, le plaisir d’être ensemble. Et du coup, le spectacle vivant sera vraisemblablement le dernier à pouvoir renaître.

L’importance de la billetterie

Les salles de concert sont celles qui rassemblent le plus de monde : Palais 12, Forest National, Forum de Liège, Palais des Beaux Arts de Charleroi, AB, Cirque Royal, chaque rendez-vous attire des milliers de personnes qui s’agglutinent devant leur chanteur ou groupe préféré. Le respect des distances sociales rendra cela impossible. Mais il semble difficile de trouver des solutions. Difficile d’imaginer que chaque spectateur du Palais 12 restera isolé à 1,5 mètre de son voisin. Alors que la condamnation d’un fauteuil sur deux ne sera pas rentable pour la salle.

Qui va payer ?

Il n’y a pas trente-six possibilités. Les directeurs de salles devront soit augmenter le prix des places, soit diminuer le cachet des artistes, soit trouver des solutions alternatives. Du côté des artistes, certains comme Roméo Elvis se disent prêts à s’adapter pour aider les organisateurs de festivals ou de concerts à passer ce cap difficile et à reprendre les spectacles devant un public moins nombreux. Du côté des organisateurs on s’interroge sur une augmentation du prix des tickets, se demandant si le public suivra.


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Mourir sans scène

Du côté des théâtres aussi, c’est l’interrogation. Si certaines salles publiques bien subventionnées peuvent imaginer des solutions avec un public clairsemé, il n’en va pas de même pour les théâtres privés qui dépendent, comme par exemple le TTO, à 65% de leur billetterie. Impossible de sacrifier un fauteuil sur deux. Et les projets de diffusion de pièces sur internet ne reposent sur aucun projet économique viable.

Pas de perspective

Au théâtre des Galeries, les 900 fauteuils de velours rouge prennent la poussière depuis sept semaines. Et les questions sont plus nombreuses que les réponses : quand pourra-t-on rouvrir, dans quelle proportion, avec quelle rentabilité, dans quelle ambiance ? Et même s’il peut venir, le public plus âgé osera-t-il retourner dans les salles ?

Aucun scénariste n’aurait osé imaginer un tel cauchemar pour tout un secteur qui aimerait éviter d’être le héros d’une tragédie.

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