Coronavirus et football : "Si en France, il est possible de venir à 5000 personnes dans un stade, ça doit être possible chez nous", affirme Mehdi Bayat (Union belge)

Au lendemain d’une finale de Champions League jouée, comme l’ensemble du Final 8 de la compétition, sans spectateurs, il n’y avait pas que les Parisiens, défaits 0-1 contre le Bayern, qui étaient frustrés. Partout en Europe, les spectateurs n’attendent qu’une chose : la réouverture des stades. Notamment en Belgique, où les trois premières journées de Pro League se sont jouées à huis clos. Une situation qui met les clubs dans une situation "catastrophique", regrette Mehdi Bayat, le président de l’Union Royale Belge de Football. "Soyons conscients : mis à part des recettes en lien avec les droits TV et la publicité visuelle, il n’y a plus aucune recette dans les clubs", alertait-il au micro de Matin Première ce lundi.


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Du point de vue économique, la décision de ne pas autoriser le public dans les stades fait donc mal. Mais surtout, elle n’est pas vraiment comprise du côté des institutions, qui ne comprennent pas l’absence de cohérence, lorsque chez nos voisins français, les stades ont le droit d’accueillir jusqu’à 5000 spectateurs, quand en Belgique, la jauge vient de passer à 400 maximum (sauf dérogation). "C’est disproportionné", affirme Mehdi Bayat. Il va même jusqu’à questionner l’aspect sportif de certaines décisions : selon lui, si l’UEFA a tenu à terminer la compétition en Champions League et en Europa League, c’est parce que "pour eux, en termes de droits télé, il était extrêmement important de pouvoir aller au bout de cette compétition, pour récupérer des montants"…

Je lance un challenge aux virologues

Dans le même temps, en Belgique, les clubs peinent à rentrer dans leurs frais : merchandising, catering, etc. "Les réserves sont largement entamées, note Mehdi Bayat, qui est également administrateur-délégué du Sporting de Charleroi. Aujourd’hui, notre secteur souffre, on est au bord du gouffre." Avant la crise du covid-19, 19 clubs sur 24 étaient en difficulté financière, rappelle-t-il. Désormais, ils sont tous concernés, même Charleroi, qui a dû rembourser les places pour les play-off 1 et pour le dernier match de la phase classique.


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Aujourd’hui, Mehdi Bayat tire donc la sonnette d’alarme, mais il veut surtout lancer un appel aux politiciens et aux experts. "Je lance un challenge aux virologues, aux experts dont c’est le métier, déclare-t-il. Je suis sûr et certain que si en France, ils ont réfléchi et qu’ils ont dit qu’il était possible de venir à 5000 personnes dans un stade, ça doit être possible chez nous en donnant priorité à la mesure sanitaire nécessaire pour assurer la santé des spectateurs." Même si pour cela, le public devra "s’autodiscipliner", et ne pas se jeter dans les bras l’un de l’autre lors d’un goal. Plus facile à dire qu’à faire.

Quoi qu’il en soit, promet Mehdi Bayat, le prix des places ne devrait pas augmenter pour autant, même si la crise devait durer. "C’est déjà compliqué, l’objectif n’est pas de renflouer les caisses en mettant les supporters dans une situation délicate", note le président de l’Union belge.

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