C'est vous qui le dites

Coronavirus: faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ?

Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ?
31 août 2020 à 09:56 - mise à jour 31 août 2020 à 09:56Temps de lecture3 min
Par C'est vous qui le dites.

Un détenu s’est plaint dans La DH de ce week-end de ne pas avoir pu avoir de relation sexuelle avec son épouse depuis six mois à cause des mesures prises pour éviter la propagation du coronavirus dans les prisons. Au même moment, une manifestation des proches de détenus s’est tenue ce week-end à la prison de Saint-Gilles à Bruxelles. Actuellement, les contacts rapprochés sont toujours interdits, les visites doivent se faire avec une distance de sécurité.

Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission…

Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ?
Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ? ANTHONY DEHEZ - BELGA

"Ce n'est plus possible, ça ne va plus du tout!"

Cindy, une auditrice originaire de Frasnes-lez-Anvaing et femme d'un détenu, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "Ça ne va plus du tout, c'est plus possible ! Certes, ils sont en prison et doivent assumer ce qu'ils ont fait mais nous avons besoin de contact physique, ne fût-ce que se prendre dans les bras, se faire un petit bisou que ce soit entre compagnons ou entre père et fils. Un jour, j'ai demandé pour toucher mon compagnon avec des gants pour prendre des précautions et ça ne leur va pas non plus ! Ils devraient trouver une solution, faire une bulle pour les détenus."

On est des humains, on a des envies et des besoins !

Cindy poursuit sur sa lancée : "On est des humains on a le droit aux VHS (ndlr. visites intimes hors surveillance autorisées depuis l'adoption d'une circulaire en 2000) , on a aussi des envies et des besoins ! Surtout que c'est programmé les VHS donc il suffit de faire un test avant d'y aller. En plus, mon compagnon a été testé et est négatif. Il est là depuis juin mais pour certains, ça dure depuis plus longtemps et il faut rester humain, ce ne sont pas des animaux non plus, même s’ils ont fait des bêtises ! Ma grand-mère est en résidence, c'est très dur aussi donc je comprends les autres avis mais que ce soit dans les homes ou résidences, il faut trouver une solution, ce n'est pas aux familles à payer la crise sanitaire ! C'est du grand n'importe quoi !"

Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ?
Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ? JONAS ROOSENS - BELGA

"On se sent maltraités"

Christian, détenu actuellement incarcéré, n'a, lui, plus de contact physique depuis six mois: "C'est une catastrophe ! On subit comme tout le monde la distanciation sociale avec une table inversée et un plexiglas, maintenant on peut enlever notre masque mais avec le plexiglas, on ne comprend rien à ce que dit le visiteur ! On n'a toujours pas de contact rapproché, on ne peut pas embrasser quelqu'un sinon on est confiné durant 14 jours. Pourtant, le coronavirus n'est jamais entré dans la prison donc je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas approcher nos proches, quitte à être confiné par la suite. Ne toucher personne, c'est très compliqué... Je voudrais juste une simple visite en famille, avec ma maman et ma fille mais c'est compliqué. Certes, c'est la prison mais nous avons des droits comme tout le monde ! On a des pulsions comme tout le monde, ce n'est pas facile d'assumer et puis, on n'est pas des animaux ! Ça crée des tensions en prison, on se sent clairement maltraités..."

Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ?
Faut-il fermer les yeux sur les mesures sanitaires pour le bonheur des détenus ? VIRGINIE LEFOUR - BELGA

"Un prisonnier n'a pas les mêmes droits que tout le monde!"

Enfin, direction Fleurus, où Robert n'est pas du tout du même avis : "Je suis un peu scandalisé d'entendre les termes "bonheur" et "bien-être" des détenus. Bientôt, on va leur demander de construire des appartements avec tout à disposition pour qu'ils profitent de leur vie comme si de rien n'était ! S'ils sont là, c'est parce qu'ils l'ont bien voulu ! Ceux à qui ils ont fait du tort, de quoi les a-t-on privé eux ?! Ils peuvent voir leurs proches mais qu'ils ne pètent pas des plombs parce qu'ils sont derrière un plexiglas et privés de certaines choses. En principe, un prisonnier est de toute façon privé de certaines choses. Il faut certes rester humain mais s'il est en prison et peut continuer à vivre comme si de rien n'était, ça ne sert à rien de le mettre en prison alors!"

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l'émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats. 

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