Coronavirus

Coronavirus : flambée de nouveaux cas en Chine et politique de "zéro Covid"

Les habitants de Pékin font la file pour se faire tester au Covid-19

© Jade Gao – AFP

25 avr. 2022 à 15:43Temps de lecture3 min
Par Pascal Bustamante

A Pékin, on n’a dénombré que 19 nouveaux cas aujourd’hui. Depuis le début de l’actuelle flambée épidémique, 70 personnes ont été infectées mais 40% des vols depuis les aéroports de la capitale chinoise ont été annulés. Dans les rues, les files interminables devant les centres de test. L’appréhension est énorme. En cas de détection d’un seul cas, des zones d’habitation entières peuvent se retrouver confinées. Les rayons de grands magasins sont pris d’assaut de crainte de voir la pénurie s’ajouter à la quarantaine.

Une pénurie inexistante dans la mégalopole de 22 millions d’habitants. Toutes les denrées sont disponibles, en ligne ou dans les magasins physiques. Néanmoins, pour le prochain congé du 1er mai, les habitants ont été priés de ne pas quitter la capitale, d’éviter les rassemblements et même les dîners à plusieurs. Les agences de voyages ont reçu l’ordre de suspendre les réservations de groupes. La vie, sinon, reste normale. Les commerces, les restaurants et les cinémas sont restés ouverts.

Les yeux tournés vers Shanghai

Des volontaires apportent des victuailles aux résidents d’un quartier confiné à Shanghai (15 avril 2022)
Des volontaires apportent des victuailles aux résidents d’un quartier confiné à Shanghai (15 avril 2022) © Liu Jin – AFP

Toute la Chine, et Pékin en particulier, a les yeux tournés vers Shanghai où la presque totalité des 25 millions d’habitants sont confinés depuis le début du mois d’avril. 51 nouveaux décès viennent d’y être comptabilisés. La ville connaît sa pire flambée infectieuse depuis le début de la pandémie avec pas moins d’un demi-million de cas positifs recensés depuis le début du mois de mars. La sévérité du confinement fait en sorte que les denrées de base et les soins de santé hors Covid-19 sont d’un accès difficile.

La situation pèse sur l’économie. La Bourse de Shanghai a perdu 5,13% et elle a entraîné celle de Shenzhen (-6,48%), de Hong Kong (-3,73%) et de Tokyo (-1,9%) dans son sillage. La crainte de confinements de grande ampleur à venir perturbe aussi les marchés de matières premières et de l’énergie. Ils anticipent des baisses importantes de la demande.

Stratégie de "zéro covid"

Appliquée depuis deux ans, cette stratégie vise à mettre en quarantaine toute personne testée positive, même si elle est asymptomatique. Ces quarantaines sont organisées dans des centres collectifs, au confort et à l’hygiène variables. La situation est telle que les entreprises qui engagent des employés internationaux peinent de plus en plus à engager. Selon une enquête publiée par la Chambre de commerce américaine de Chine, plus de 80% des entreprises interrogées disent que leur aptitude à attirer ou à retenir du personnel étranger a diminué. Le tiers d’entre elles estime avoir perdu 10% au moins de ce personnel étranger.

L’AFP cite le cas de ce ressortissant de Singapour vivant en Chine depuis plus de 10 ans. Il a décidé de se rapatrier suite à ses derniers déboires relatifs à la politique de zéro Covid. A la fin du mois de février, de retour de Singapour, il a effectué une quarantaine de 3 semaines dans un hôtel de Shanghai. Procédure normale et désormais classique pour ceux qui veulent entrer sur le territoire chinois. Mais quand il est arrivé à Pékin, son lieu habituel de résidence, il s’est vu imposer une nouvelle période de quarantaine de deux semaines supplémentaires. Avec une alarme installée à sa porte d’entrée pour le dissuader de sortir.

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Pour le pouvoir chinois, il n’est pas question de dévier de cette politique. Même si actuellement les cas de covid sont d’une gravité sans pareille par rapport au début de l’épidémie. Officiellement, la vie est quasi normale en Chine. Pour elle, le zéro covid a permis d’éviter d’innombrables morts et une submersion des services hospitaliers. Mais après plus de deux ans, cette stratégie lasse beaucoup de Chinois et d’étrangers. Le confinement de Shanghai est un "désastre total", estime Rory Grimes, un Britannique de 40 ans qui vit depuis neuf ans en Chine, où il travaille dans l’éducation. Testé positif, il a été placé dans un centre de quarantaine. "On n’a pas l’impression qu’on veut vraiment nous soigner […]. Il n’y a aucun équipement médical ici", a-t-il déclaré à l’AFP.

"C’est plus pour faire du chiffre que pour respecter une quelconque logique".

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