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Regions Bruxelles

Coronavirus : ils sont aides-soignants diplômés et "sans papiers", mais voudraient pouvoir aider

Image d'illustration de l’hôpital de Bonheiden
02 nov. 2020 à 12:00 - mise à jour 02 nov. 2020 à 12:00Temps de lecture2 min
Par Barbara Boulet

Pourquoi ne pas recruter du personnel médical "sans papiers" pour aider et soulager pendant cette crise sanitaire ? Plusieurs associations proposent cette solution.

D’un côté, il y a des hôpitaux et les maisons de repos qui ont un besoin de renfort urgent, de l’autre des gens formés, parfois même très diplômés, des infirmiers, des médecins, des laborantins, mais qui n’ont pas le droit de travailler. Aujourd’hui des voix s’élèvent pour dire qu’il faut résoudre cette équation et proposent des solutions.

Au cabinet de Sammy Mahdi, le secrétaire d'Etat à l’Asile et à la Migration, on explique sans plus de précision, qu’une réflexion est en cours pour les personnes qui ont entamé une procédure d’asile.

"C’est triste d’être assis à ne rien faire"

Mohamed a 25 ans et est diplômé. Ne disposant pas de papier en règle, il ne peut pas travailler sur le territoire belge. Pour lui, cette situation est compliquée à comprendre alors que les hôpitaux sont dépassés par la seconde vague. "J’ai un diplôme d’aide-soignant. J’entends souvent à la télévision que l’on manque de personnel soignant, de gens qui peuvent aider. Pour moi c’est triste, parce que je suis là depuis des années assis à ne rien faire".

Ils sont des dizaines, sans doute plusieurs centaines, dans le cas de Mohamed à ne pas avoir de papiers en règle ou bien disposant de diplômes non reconnus en Belgique.

"A situation exceptionnelle solution exceptionnelle"

"Tous ces gens formés, expérimentés pourraient aider", clame Sotieta Ngo directrice du Ciré, une asbl qui défend les droits des personnes exilées : "A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Il faut déroger aux procédures et aux exigences qui bloquent toutes ces personnes qui ont des compétences, il faut les laisser rejoindre les rangs des soignants, pour les valoriser et aider à l’effort collectif. "

Du côté des autorités

A Bruxelles, le Ministre Bernard Clerfayt se dit impuissant devant une compétence fédérale — l’accès au territoire —, mais plaide pour un système de migration économique dans les métiers en pénurie.

En Wallonie, le cabinet de la ministre de l’emploi Christie Morreale, affirme avoir commencé à étudier des pistes pour accueillir en renfort ces personnes formées.

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