Belgique

Coronavirus, inondations, prix de l’énergie : comment le gouvernement wallon va-t-il faire face à ces crises et son déficit ?

L'invité de Matin Première: Elio Di Rupo, Ministre-président Wallon

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20 avr. 2022 à 07:10Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck sur base de l'Invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

Coronavirus, inondations, crise ukrainienne, inflation… Nous entrons probablement dans la deuxième phase de législature du gouvernement wallon : celle de la reconstruction et de la relance. Alors, quelles sont les priorités pour les autorités wallonnes ?

Commençons par la crise énergétique, qui mine le pouvoir d’achat. A ce propos, que peut faire le gouvernement wallon ? "Nous pouvons travailler à la marge et c’est ce que nous étudions pour le moment", répond le ministre président wallon Elio Di Rupo.

Mais selon lui, c’est au niveau fédéral qu’il faut regarder. "Le niveau fédéral a déjà fait des pas importants, mais les augmentations sont tellement vertigineuses qu’il y a encore énormément de difficultés pour le citoyen."

Il y a donc quelque chose à réfléchir qui dépasse de loin le cadre de la Wallonie et le niveau fédéral

Face à ce constat, Elio Di Rupo va plus loin et évoque la question du contrôle des prix, surtout de l’énergie. "Le fait de laisser le contrôle aux marchés, sans plus, nous conduit dans une situation qui est aujourd’hui insoutenable. Mais dans les mois qui viennent, cela pourrait être une catastrophe encore plus importante pour des millions de nos concitoyens."

"Il y a donc quelque chose à réfléchir qui dépasse de loin le cadre de la Wallonie et le niveau fédéral.

Plafonner les prix de l’énergie pourrait donc être une alternative. "Par rapport à cette dérive où des gens gagnent des sous, il faut être autoritaire."

A côté de la question des prix se trouve celle des mesures énergétiques, notamment celles liées à la transformation et rénovation des bâtiments. Et selon Elio Di Rupo, le gouvernement wallon y consacre déjà beaucoup d’argent. Cependant, il reconnaît "qu’il y a encore beaucoup d’économies d’énergie faisables, surtout dans le bâti wallon qui est assez âgé."

Mais ces primes sont-elles accessibles à tous ? "Nous faisons le maximum même s’il y a toujours des retards de gestion des dossiers, etc. Mais c’est accessible à tous et on a été très attentifs pour les plus défavorisés."

Faire plus ?

Du point de vue des finances publiques, serait-il envisageable de faire plus ? "Après la Covid, tous les niveaux de pouvoir ont énormément dépensé pour essayer d’éviter la catastrophe économique et sociale", répond le ministre président wallon.

"Et nous, à la Région wallonne, nous avons dépensé 3 milliards à cause des inondations", ajoute-t-il. Par conséquent, "les marges de manœuvre des autorités publiques, les marges de manœuvre financière, sont aujourd’hui très faibles. Et donc on ne pourra pas faire n’importe quoi."

"On doit maîtriser nos finances publiques."

Au vu de la situation et du risque de faillite, le ministre président wallon reconnaît que la Wallonie est à un tournant historique. "Nous devons à la fois être très sérieux avec nos moyens financiers et, à la fois, nous allons injecter près de sept milliards pour relancer la Wallonie."

"C’était prévu depuis le début de la législature… Puis on a eu la Covid, les inondations et les incertitudes liées à la guerre. Mais on doit réinvestir si on veut réamorcer la pompe du bien-être. Si on veut faire en sorte que nos concitoyens qui vivent en Wallonie puissent travailler en Wallonie et que le pouvoir d’achat s’améliore."

On croit vraiment que la Wallonie peut se redresser d’une manière substantielle en quelques années

Selon lui, il faut donc distinguer deux types de dépenses : les dépenses récurrentes et celles liées aux investissements. Ces dernières doivent pouvoir être menées à n’importe quel moment puisqu’elles conduisent une dynamique économique et sociale.

"Et là nous sommes optimistes", ajoute-t-il. "On croit vraiment que la Wallonie peut se redresser d’une manière substantielle en quelques années."

La solidarité entre régions

Autre question : celle de la solidarité des autres régions du pays face aux crises vécues en Wallonie.

En effet, la Belgique devait recevoir une enveloppe de 6 milliards d’euros de la part de l’Europe. Mais, parce qu’elle a bien performé en 2021, elle n’en recevra qu’environ quatre et demi. Or, si la Flandre a bien performé l’an dernier, la Wallonie avait "les pieds dans l’eau" avec les inondations.

"Je ne demande pas de l’aide, je demande la justice", répond Elio Di Rupo. "On ne va pas nous imposer une double peine.Alors, le ministre président wallon s’attend-il à un geste du fédéral dans la répartition des différents efforts ? "En tout cas, je travaille pour", conclut le ministre président.

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