Coronavirus : "La saison culturelle n'est pas perdue de toutes façons", assure la ministre Bénédicte Liénard

25 juin 2020 à 07:40 - mise à jour 25 juin 2020 à 07:40Temps de lecture3 min
Par A. Lechien

Le Conseil national de sécurité qui s'est réuni mercredi "a offert des perspectives supplémentaires au secteur de la culture. C'est de l'espoir supplémentaire, on doit pouvoir s'en réjouir", explique la ministre de Culture Bénédicte Linard (Ecolo), interrogée sur La Première. Mais "il y a encore des inquiétudes légitimes du secteur par rapport à des mesures qui doivent venir du fédéral, par rapport au la couverture sociale qu'il pourrait attendre".

"Il est impossible pour tout un chacun de vivre sans culture, on a besoin de faire une vraie place au secteur culturel dans notre société", poursuit-elle. Concernant la tenue d'événements culturels à partir du 1er juillet, il existe des protocoles qui ont été concertés avec les scientifiques et le secteur dès le précédent Conseil national de sécurité, indique la ministre. Mais suite aux mesures annoncées mercredi, une "matrice" sera mise en place afin de guider les organisateurs d'événements et les autorités locales, afin de déterminer si un événement peut se tenir et selon quelles modalités.

"Je pense que le travail de rencontre avec le public est essentiel et on doit continuer à travailler avec le secteur sur : comment faire revenir le public. Et une des façons d'y arriver est de les rassurer et de dire que toutes les conditions sanitaires sont mises en place pour pouvoir retourner dans les activités culturelles".

"La saison culturelle n'est pas perdue de toutes façons", assure Bénédicte Linard : "Tout ce qui concerne les saisons habituelles de théâtre c'est pour la rentrée de septembre. Concernant le cinéma la Fédération Wallonie-Bruxelles a dégagé un fond de garantie qui permet de reprendre les tournages. Tous les techniciens et les artistes peuvent reprendre leurs activités".

Toutefois "tout n'est pas réglé", reconnaît-elle. La question du retour du public continue d'être repensée et "on doit exploiter aujourd'hui les espaces naturels extérieur bien plus qu'avant. Si la normale n'était pas idéale, on peut penser à un retour à une autre normalité".

Politique et culture n'ont jamais été mariées et c'est très bien comme ça

La directrice du Rideau de Bruxelles Cathy Min Jung a affirmé mercredi qu'il n'y avait pas de politique culturelle en Belgique. "Politique et culture n'ont jamais été mariées et c'est très bien comme ça. Il y a à certains moments des jeux de séduction des uns envers les autres. Il y a sans cesse matière à repenser la question des politiques culturelles. Le monde politique et le grand public est parfois méfiant vis-à-vis du monde culturel, un secteur qu'on connaît très peu. Il faut continuer à jeter des ponts et à mieux fait connaître ce secteur, qui sont des travailleurs comme tout un chacun".


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La problématique sur le statut d'artiste est discutée au niveau du parlement fédéral. Actuellement les aides s'arrêtent au 30 juin : "Il y a une indécence totale dans l'absence de décision au niveau de la Chambre. L'idée de permettre d'allonger la période de couverture d'aide spécifique au Covid-19 jusqu'au 31 décembre" a été rejetée. Cette discussion pourrait reprendre le 9 juillet, selon la ministre.

"Trois quart des directions des théâtres sont des hommes" en Fédération Wallonie-Bruxelles, regrette Bénédicte Liénard, qui est également compétente en matière de Droits des femmes. Cathy Min Jung et Léa Drouet, qui ont récemment été nommées, "sont des exceptions. Elles ont été désignées grâce à une procédure trans parente, équitable qui a permis de mettre en place les bonnes personnes. La diversité de genre comme la diversité culturelle sont des enjeux majeurs en culture comme dans les médias. On est en train de travailler à un décret pour la mise en place dans le futur des postes de direction dans les infrastructures théâtrales. Les quotas seront un des outils, de même que le fait d'imposer certaines balises pour imposer plus de parité".